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	<title>updcongo.com &#187; Entrevue et débats</title>
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		<title>Conférence à  Nuremberg: Mama Jeanne-Marie Sindani  face à la Diaspora congolaise de la Franconie</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Oct 2011 23:34:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>updcongo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Activités au sein de la diaspora congolaise]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Infos/Nouvelles]]></category>
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		<category><![CDATA[mama jeanne marie sindani]]></category>

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		<description><![CDATA[Allemagne – La Communauté Congolaise de la Franconie e.V.  (CCF) a  organisé le samedi 01. Octobre 2011 une conférence  a Nuremberg ayant pour thème la guerre oubliée et l’actualité en République dite  Démocratique  Du Congo.
La Diaspora Congolaise de la Franconie a invité Mama Jeanne-Marie Sindani pour animer cette conférence qui a connu une forte  participation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Allemagne – La Communauté Congolaise de la Franconie e.V.  (CCF) a  organis<strong>é</strong> le samedi 01. Octobre 2011 une conférence  a Nuremberg ayant pour thème la guerre oubliée et l’actualité en République dite  Démocratique  Du Congo.<span id="more-2089"></span></strong></p>
<div id="attachment_2090" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Mama-Sindani-sadresse-a-la-Diaspora-congolaise-de-la-Franconie-01.10.2011.jpg"><img class="size-medium wp-image-2090" title="Mama Sindani s'adresse a la Diaspora congolaise de la Franconie 01.10.2011" src="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Mama-Sindani-sadresse-a-la-Diaspora-congolaise-de-la-Franconie-01.10.2011-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Conference de Nuremberg: Mama Sindani s&#39;adresse a la Diaspora congolaise de la Franconie 01.10.2011</p></div>
<p>La Diaspora Congolaise de la Franconie a invité Mama Jeanne-Marie Sindani pour animer cette conférence qui a connu une forte  participation des Congolais(es) et a  regroupe un nombre assez important d’autres ressortissants africains, notamment  les Congolais de Brazzaville, les Béninois, les Camerounais, les Ivoiriens,  les Togolais, etc., ainsi les Allemands. Ce fut la deuxième invitation après celle du mois de mars 2009. Cette fois-ci, Mama Sindani etait en compagnie de Mme Milolo, membre effectif de l&#8217; UPDC. La  date coïncidait avec la commémoration a Bruxelles de l’assassinat  du vaillant Combattant de la Diaspora Congolaise, le Héro Armand Tungulu Mudiandambu a Kinshasa il y a exactement un an. <a href="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Mr.-Muandu-Secr.-gen-de-la-CCF-e.V.-lors-de-la-conference-a-Nurnberg-01.10.2011.jpg"><img class="size-medium wp-image-2091" title="Mr. Muandu   Secr. gen de la CCF e.V. lors de la conference a Nurnberg 01.10.2011" src="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Mr.-Muandu-Secr.-gen-de-la-CCF-e.V.-lors-de-la-conference-a-Nurnberg-01.10.2011-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_2091" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px;">
<dd class="wp-caption-dd">Mr. Muangu Matoko  Secretaire general de la CCF</dd>
</dl>
</div>
<p>Apres le mot de bienvenue et d’ouverture de la conférence,  Madame Jeanne-Marie Sindani fut invitée par le secrétaire général  de la Communauté Congolaise de la Franconie e.V.,  Monsieur Muangu Matoko, pour  commenter  une brève  projection des images  en mémoire de toutes les  victimes congolaises ;  des images dures a voir par le commun des mortels, des images des atrocités qui  caractérisent  le quotidien du peuple congolais surtout à l’est du pays.  Ensuite,  Madame Sindani a salué  le public venu nombreux et  elle a animé cette  conférence  émouvante  en commençant par  un aperçu  général  sur les guerres d’invasion et d’occupation  de la RDC par ses voisins de  l’est, en l’occurrence le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.  Elle a  épinglé les conséquences  directes  et indirectes de  cette guerre  internationale  envers la RDC et sa population, qui déplore plusieurs  millions des victimes congolaises innocentes que les pays agresseurs exterminent  en toute impunité, et en flagrante violation des droits internationaux et de la Charte des Nations Unies en plein XXIème siècle.</p>
<div id="attachment_2093" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Diaspora-Congolaise-de-Nurenberg-01.10.2011.jpg"><img class="size-medium wp-image-2093" title="Diaspora Congolaise de Nurenberg 01.10.2011" src="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Diaspora-Congolaise-de-Nurenberg-01.10.2011-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">La Diaspora Congolaise de Franconie lors de la conference du 01.10.2011</p></div>
<p>Selon Madame Sindani, les conséquences de cette « première guerre mondiale africaine » sont incommensurables au niveau <strong>national  sur  le  plan social</strong> (génocide, crise humanitaire atroce, déplacement force de la population, viols des masses et feminicide  systématiques, famine, pauvreté, épidémies et maladies  endémiques, jeunesse  abandonnée  et sacrifiée,  destruction du tissu sociétal congolais, etc.); <strong>sur le plan politique</strong> (occupation étrangère, infiltration des populations étrangères, destruction de l’état  congolais, absence  et dysfonctionnement de toutes ses institutions  souveraines avec  tout le chaos insécuritaire qui en découle, etc.) ; <strong>sur le plan économique</strong> (destruction de toutes les infrastructures vitales de la nation, instabilité  financière, contrats  léonins, corruption immonde, pillages  systématiques  de toutes les ressources nationales, non-paiement des fonctionnaires  et des forces de sécurités, etc.) ; <strong>sur les  plans culturel  et spirituel</strong> (disparition des valeurs  et  dépravation exagérée des mœurs, soumissions aux  mœurs étrangères parfois très  néfastes  pour les Congolais, bradage et affaiblissement spirituel, déracinement culturel, désorientation sociale due a la souffrance et a la misère,  vulnérabilité face à la domination étrangère et  à  la menace de dépossession territoriale voire  identitaire, etc.)</p>
<div id="attachment_2094" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Communaute-Congolaise-de-Nurenberg-01.10.2011.jpg"><img class="size-medium wp-image-2094" title="Communaute Congolaise de Nurenberg 01.10.2011" src="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Communaute-Congolaise-de-Nurenberg-01.10.2011-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Communaute Congolaise: Conference du 01.10.2011 a Nuremberg</p></div>
<p>Cependant, contrairement aux attentes des envahisseurs de la RDC, il importe de souligner que cette souffrance, voire  cette  détresse nationale a conduit à un éveil des consciences  réel et inébranlable du peuple meurtri.  Madame Sindani a interpellé ses Compatriotes  à se réveiller davantage, à  prendre conscience du drame collectif  auquel  tous les Congolais(es) doivent faire face, car c’est l’union bien organisée qui fait la force.</p>
<div id="attachment_2095" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Communaute-Congolaise-de-la-Franconie-a-la-confernce-01.10.2011.jpg"><img class="size-medium wp-image-2095" title="Communaute Congolaise de la Franconie a la confernce 01.10.2011" src="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Communaute-Congolaise-de-la-Franconie-a-la-confernce-01.10.2011-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Communaute Congolaise de la Franconie a la confernce 01.10.2011</p></div>
<p><strong>Les conséquences  désastreuses sur le plan national sont aussi d’ordre écologique</strong>  avec le déboisement anarchique de la deuxième plus grande forêt  tropicale mondiale et la destruction de l’écosystème unique au monde, ainsi  que celle de la biodiversité dans le bassin du Congo.</p>
<p>Par ailleurs, Madame Jeanne-Marie Sindani a mis en évidence le caractère spécial du Congo sur le plan géostratégique mondial.  Ainsi  au niveau mondial, poursuit Madame Sindani, le danger  découlant de cette guerre monstrueuse   en RDC aura des conséquences  fâcheuses  sur  la sécurité et l’équilibre global en raison de la multitude des prédateurs  économiques internationaux  toute tendance confondue et  du  trafic illicite des matières radioactives, d’une part, et en raison du déséquilibre climatique du a la destruction de  la foret congolaise sous le gouvernement d’occupation, d’autre part.</p>
<div id="attachment_2096" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Diaspora-Congolaise-de-Nurenberg-01.10.2011-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2096" title="Diaspora Congolaise de Nurenberg 01.10.2011 (2)" src="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Diaspora-Congolaise-de-Nurenberg-01.10.2011-2-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">La Diaspora Congolaise de la Franconie</p></div>
<p>Au deuxième point du thème de la conférence de Nuremberg, Madame Sindani  a démontré  le danger,  la mascarade supplémentaire et  la caducité du processus électorale en cours en RDC. Le peuple congolais sous un régime tortionnaire d’occupation et en  absence d’un état ne peut pas  encore une fois aller aux élections sans accomplissements des préalables.  Il faudra au peuple congolais une forte  détermination,  une forte prise de conscience individuelle et collective pour  revendiquer  massivement  et pacifiquement le changement de régime, la  réinstauration de l’état  et le respect de des droits fondamentaux  afin d’obtenir des conditions adéquates  pour exercer  son droit de souverain primaire en toute liberté et en toute sécurité.  Un régime qui cautionne  le massacre des millions de personnes issues  de sa  population  en toute impunité ne peut en aucun cas continuer  a  gérer  cruellement et impunément  la destinée des Survivants d’un si grand holocauste que l’on veut passer sous silence.  La mascarade  électorale en cours régie par le coup d’état constitutionnel du mois de janvier 2011, avec  son caractère irrégulier et opaque,  est une violation du  droit fondamental d’un peuple souverain, c’est un crime. Ce processus électoral  est  taillé sur mesure  dans le but à peine voilé  de maintenir le Congo sous occupation étrangère  meurtrière.  Le peuple congolais doit refuser de tomber dans ce piège et prendre sa  destinée  en main. L’opposition congolaise patriotique regroupee autour de papa E. Tshisekedi qui, malgre tout, veut participer à ce processus électorale biaisé  doit nécessairement  demeurer  intransigeante  face à  ses revendications  de la transparence et du contrôle de ce processus  truqué  d’avance, tel que l’attestent, entre autres, l’APRODEC et le rapport  de Zetes du mois d’Aout 2011.</p>
<div id="attachment_2097" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Conference-a-Nurenberg-01.10.2011.jpg"><img class="size-medium wp-image-2097" title="Conference  a Nurenberg 01.10.2011" src="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Conference-a-Nurenberg-01.10.2011-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Conference de Nuremberg: echanges avec le public</p></div>
<p>Lors des échanges avec  le public, Madame Sindani a répondu à toutes  les questions  de ses Compatriotes, des interventions  qui  étaient d’ailleurs  très pertinentes,  tant  du côté  des mamans congolaises  que  celui des vaillants Combattants  Congolais de la Communauté de Franconie. C’est un  signe  de maturité   et  du  niveau  élevé  de conscientisation  de la Diaspora Congolaise.  Tous  sont debout et  réclament  un  changement  immédiat  de régime et de gouvernement  pour restaurer  un état Congolais  stable et sécurisé, basé  sur le respect  des droits fondamentaux  et la Justice en RDC , et prêt a entamer une nouvelle ère de coopération internationale pacifique dans le respect de l’équilibre  interétatique et des normes internationales.  La Diaspora Congolaise de la Franconie,  comme la vaste majorité des Congolais de la Diaspora,  voit dans ces élections  une mascarade de mauvais gout qui n’a pas lieu d’être  dans le contexte  actuel. Ils évoquent, d’ailleurs,  à  l’unanimité un certain 04 Janvier avant le 30 Juin 1960, et récemment le printemps Arabe.</p>
<div id="attachment_2098" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Conference-de-la-CCF-01.10.2011.jpg"><img class="size-medium wp-image-2098" title="Conference de la CCF 01.10.2011" src="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Conference-de-la-CCF-01.10.2011-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Questions et intervention du public a la conference</p></div>
<p>Les interventions des  autres Africains présents  étaient  aussi  profondes et  très  pertinentes ; telle d’un confrère  béninois  qui a reconnu le caractère continental  du malheur qui frappe le peuple du Congo. Il a rejoint  Madame Sindani dans son appel à  une prise de conscience panafricaine et à  un  sens de responsabilité  sans  faille dans la gestion de la destinée  africaine par des Africains eux-mêmes, afin d’imposer le respect  et l’équilibre dans les relations internationales.  Monsieur Mpambou,  ressortissant du Congo-Brazzaville,  est revenu sur  la culture bantu africaine. Appuyant  les propos de la conférencière,  Mr. Mpambou  a démontré l’importance de maintenir sa culture et ses racines pour mieux se défendre et  pour  mieux  exister  comme  peuple  et  comme  une nation libre et respectée  par d’autres  peuples. Les africains sont devenus la proie facile, selon Mr. Mpambou,  pour avoir négligé cet élément  fondamental. Ils acceptent  l’assimilation a toute les cultures, a toutes  les religions, même les plus étranges et contradictoires, au détriment de  leurs valeurs et de leur identité  propres.</p>
<div id="attachment_2099" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Mama-SINDANI-conference-Nurenberg-01.10.2011.jpg"><img class="size-medium wp-image-2099" title="Mama SINDANI conference Nurenberg 01.10.2011" src="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Mama-SINDANI-conference-Nurenberg-01.10.2011-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Mama Sindani lance un message d&#39;interpellation a la Diaspora Congolaise avant la fin de la conference</p></div>
<p>Avant de clôturer  la conférence, Mama Sindani  a vivement interpellé  ses Compatriotes présents  dans la salle  à se mobiliser  dans la lutte pour  le changement de régime  au pays. Elle a exhorté tous les autres Africains de la Diaspora  à joindre leurs efforts  pour  défendre la cause congolaise, car le Congo est le cœur de l’Afrique, et par conséquent, si le Congo va bien toute l’Afrique ira bien.  Elle  a conclu en disant : «nos origines et nos racines africaines sont des références  très importantes  pour notre avenir. »</p>
<div id="attachment_2100" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Conference-a-Nurenberg-01.10.20111.jpg"><img class="size-medium wp-image-2100" title="Conference a Nurenberg 01.10.2011" src="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Conference-a-Nurenberg-01.10.20111-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Conference a Nuremberg 01.10.2011</p></div>
<p>La Diaspora Congolaise de la Franconie et les autres membres de la Diaspora africaine  souhaitent  de revoir Mama Sindani  très prochainement  pour une  conférence  panafricaine.</p>
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<p><a href="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Membres-de-la-CCF-a-la-conference-01.10.2011.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2101" title="Membres de la CCF a la conference 01.10.2011" src="http://www.updcongo.com/wp-content/uploads/2011/10/Membres-de-la-CCF-a-la-conference-01.10.2011-300x225.jpg" alt="Les Pilliers et membres de la CCF e.V. a la conference " width="300" height="225" /></a> Mr. Matiti Suni et autres Pilliers membres de la Diaspora Congolaise de la Franconie</p>
<p>InfoDiasporaRDC Online</p>
<p>UPDC (Union des Patriotes de la Diaspora Congolaise)</p>
<p>Une Action et une Voix de paix qui comptent en RDC et sur la scène internationale</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Réponse au ministre Lambert MENDE OMALANGA suite à son article sur les cadeaux offerts au couple Albert II et intitulé : « Le gouvernement congolais en colère », La Prospérité, Kinshasa, le 14/07/2010</title>
		<link>http://updcongo.com/2010/07/reponse-au-ministre-lambert-mende-omalanga-suite-a-son-article-sur-les-cadeaux-offerts-au-couple-albert-ii-et-intitule-%c2%ab-le-gouvernement-congolais-en-colere-%c2%bb-la-prosperite-kinshasa-le/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Jul 2010 08:41:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>updcongo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse et réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue et débats]]></category>
		<category><![CDATA[contentieux belgo-congolais]]></category>
		<category><![CDATA[fweley diangitukwa]]></category>
		<category><![CDATA[mende omalanga]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.updcongo.com/?p=1517</guid>
		<description><![CDATA[Par Fweley Diangitukwa, politologue et écrivain
Monsieur le Ministre,
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre mise au point adressée aux journalistes belges. Au-delà de votre volonté de convaincre l’opinion belge, j’ai découvert des contradictions qui m’obligent à vous écrire.
S’agissant du cadeau offert à la reine Paola, vous ne le niez pas mais vous vous efforcez de le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Fweley Diangitukwa, politologue et écrivain</p>
<p>Monsieur le Ministre,</p>
<p>J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre mise au point adressée aux journalistes belges. Au-delà de votre volonté de convaincre l’opinion belge, j’ai découvert des contradictions qui m’obligent à vous écrire.<span id="more-1517"></span></p>
<p>S’agissant du cadeau offert à la reine Paola, vous ne le niez pas mais vous vous efforcez de le justifier en recourant aux traditions africaines. En affirmant le fait, vous dites, et je vous cite : « C’est le lieu de faire observer qu’il est de bonne tradition chez nous que la Première Dame hôte offre aux Epouses des Hautes Personnalités en visite un cadeau privé constitué de produits de l’industrie ou de l’artisanat national. Cette mobilisation de la Première Dame comme ambassadrice pour la promotion de nos produits s’inscrit bien dans nos Intérêts Nationaux dont la définition n’appartient à personne d’autre qu’à nous-mêmes ». Qui est contenu dans ce « nous-mêmes » auquel vous faites allusion ? Avez-vous pensé exclusivement au couple présidentiel et l’équipe gouvernementale ? En tout cas, les Congolais, comme moi, ne se reconnaissent pas dans votre définition de « nous-mêmes ».</p>
<p>Pour quelle raison, vous êtes-vous donné la peine d’écrire cette mise au point ? Car vous confirmez les faits relatés dans la presse belge. Si la première dame s’est empressée d’offrir un collier en diamant que les Congolaises ne portent pas et ne porteront jamais car trop cher, en votre qualité de porte-parole du gouvernement, vous ne mentionnez nulle part le cadeau que la reine Paola a apporté aux Congolais après cinquante ans de séparation. Etait-elle venue bredouille ? Ou sommes-nous encore dans la logique des Nègres qui veulent toujours montrer leur générosité débordante et idiote, comme à l’époque coloniale où l’indigène catholique tuait son meilleur coq pour accueillir le missionnaire alors que celui-ci ne lui a rien apporté à part la parole de l’évangile selon Saint Jean qui l’obligera à se soumettre aux ordres du missionnaire ?</p>
<p>Je trouve contradictoire que le Congo qui n’est pas devenu « un paradis que l’on chercherait en vain partout ailleurs sur la planète terre » offre un cadeau si luxueux au point où les milieux belges se sentent choqués. Embarrassés, ils veulent même faire garder ce diamant sans un musée.</p>
<p>Monsieur le Ministre,</p>
<p>Le gouvernement que vous servez se glorifie d’avoir invité quinze Chefs d’Etat. Mais combien d’acteurs congolais, encore vivants et ayant joué un rôle, si mineur soit-il, en 1960, ont reçu les mêmes honneurs et la même considération que vos quinze Chefs d’Etat ? Vous refusez d’affirmer que le Congo est un « mauvais élève » que le Souverain aurait dû admonester en tapant du poing sur la table. Si cela ne relève pas de la responsabilité du roi des belges, ayons l’honnêteté de reconnaître que nous n’avons rien fait d’extraordinaire pendant cinquante ans. Que pensent aujourd’hui les Congolais qui n’ont ni salaire ni revenu minimum après cette importante commémoration qui « a dû coûter énormément » alors que nous sommes un Etat pauvre ? N’aurait-il pas été plus judicieux de construire quelques dispensaires ou quelques écoles primaires avec cet argent qui a été gaspillé pour faire plaisir aux souteneurs du régime ?</p>
<p>Vous dites que « les grands travaux d’infrastructures ont été lancés un peu partout dans le pays » tout en vous hâtant de préciser que c’est plus « particulièrement dans la capitale Kinshasa ». Sans vous rendre compte, votre gouvernement répète les erreurs de développement que les grandes villes occidentales avaient commises au XVIII<sup>e</sup> et au XIX<sup>e</sup> siècles. Le développement des villes européennes a entraîné un exode rural et du chômage auxquels l’Etat n’avait pas de réponse. On ne développe pas un pays en élargissant quelques avenues dans la capitale !</p>
<p>Contrairement à ce que vous semblez ne pas accepter, « les salariés congolais ne sont pas satisfaits du niveau de leurs rémunérations, les justiciables se plaignent de la lenteur des procédures devant les cours et tribunaux soupçonnés de corruption, les femmes et jeunes filles sont violentées dans des zones de conflit à l’Est du pays ». Ces faits ne peuvent être escamotés.</p>
<p>Monsieur le Ministre,</p>
<p>Nous sommes d’accord avec vous et nous apprécions lorsque vous écrivez : « Il est inadmissible, cinquante ans après notre accession à la souveraineté nationale et internationale, que dans l’ancienne puissance coloniale l’on se complaise dans de telles attitudes paternalistes. La Belgique serait-elle devenue une championne de la bonne gouvernance et de la générosité ? Les pauvres Congolais en seraient ravis, eux qui attendent toujours en vain depuis les années ‘40 la contrepartie de l’Uranium de Shinkolobwe (Katanga) qui, vendu par la Belgique aux Etats-Unis, avait permis la victoire des Alliés contre les puissances de l’Axe en 1945 sans que le produit de cette transaction ne leur revienne. Ils apprécieraient aussi que soit soldé de manière juste et équitable le fameux contentieux belgo-congolais qui hypothèque depuis 1960 leur développement économique. Que dire du préjudice imposé à notre peuple du fait de la séparation nette du budget de la colonie de celui de la métropole en 1960 ? Ou des inestimables trésors culturels de notre pays stockés sans espoir de retour à Tervuren ? Que dire du silence des bien-pensants lorsque leur propre pays rechigne à rémunérer les anciens combattants congolais de 1940-1945 qui ont pourtant versé leur sang pour la Belgique ? » Très bien. Excellent. Mais pour quelle raison le gouvernement congolais n’a-t-il pas haussé le ton pour revendiquer publiquement ce que vous dites derrière le dos du roi des Belges ? Le 30 juin 2010 ne devait-il pas justement servir à régler ce genre de différend entre partenaires ? Avez vous été timide, naïf ou plutôt consentent pour ne pas perdre votre poste ? Si « l’enfer est pavé de bonnes intentions » (allusion à Noam Chomsky), comme vous dites, la démagogie est une arme dangereuse. Vous refusez de recevoir des leçons mais vous avez avalé des couleuvres en présence du roi des Belges. Quelle contradiction ! Cela ne frise-t-il pas l’hypocrisie ? Si vous déplorez « la grosse manipulation qui entoure cette nième campagne de dénigrement systématique de la RD Congo (et qui) explose comme une baudruche », votre gouvernement ne se résigne pas à manipuler l’opinion congolaise. Comment un pays qui revendique sa souveraineté haut et fort peut-il accepter de subir « des terribles épreuves que leur ont imposé les seigneurs de guerre et leurs commanditaires dont la plupart se terrent dans des niches européennes, notamment en Belgique » ? Le sachant, qu’a fait votre gouvernement pour mettre fin à la souffrance des Congolais ? Si, d’après vous, « les Congolais ont appris à déceler la supercherie et l’hypocrisie des officines nostalgiques (c’est-à-dire belges) » &#8211; détrompez-vous -, les mêmes Congolais ont également appris à déceler la supercherie et l’hypocrisie des officines gouvernementales (congolaises cette fois-ci). S’il est vrai que « la quasi-totalité des dirigeants qui se sont succédé à la tête de l’Etat congolais depuis l’indépendance ont fait les frais de l’hostilité de nos anciens colonisateurs », il est aussi vrai que les mêmes chefs d’Etat ont cherché eux mêmes et reçu le soutien de la même Belgique que vous critiquez.</p>
<p>Le monde entier sait que les élections de 2006 n’étaient pas démocratiques parce qu’elles étaient entachées de nombreuses irrégularités. Vous êtes le seul à affirmer ce que le monde entier a déploré, en commençant par les Congolais eux-mêmes. Dans quel pays avez-vous vu un candidat qui refuse un débat contradictoire alors que ce débat est prévu dans la loi électorale ? Le vrai drame de notre pays vient du fait que le Congo ne parvient toujours pas à affirmer pas sa souveraineté. En politique, et vous le savez, ce sont les intérêts qui comptent et non « le souci de préserver de bonnes relations entre nos deux pays unis par une longue histoire commune ».</p>
<p>Monsieur le Ministre,</p>
<p>Vous vous en prenez à « l’existence de ces criminels qui, à partir de leurs bases européennes, s’enrichissent en faisant tuer les Congolais ». Mais pourquoi le gouvernement, dont vous êtes le porte-parole, n’apprend-il pas à protéger ces Congolais et à poursuivre ces criminels ? En réalité, c’est l’incapacité de votre gouvernement qui donne des idées à tous ceux qui profitent du Congo. Du reste, vous le reconnaissez sans pudeur en affirmant, je vous cite « Notre pays ayant particulièrement souffert ces dix dernières années de son incapacité à protéger ses richesses… ». Si vous reconnaissez publiquement que le gouvernement que vous servez ne protège pas le Congo et les Congolais depuis ces dix dernières années, pour quelle raison ne démissionnez-vous pas ?</p>
<p>A travers vos invités, les Congolais savent maintenant clairement qui sont les chefs d’Etat qui soutiennent votre régime. Par exemple, après avoir contribué au massacre de plus de six millions de morts et au pillage des ressources naturelles du Congo, qu’est-ce que Paul Kagame a avoir avec l’anniversaire de l’indépendance du Congo ? Aux yeux des Congolais, votre gouvernement a publiquement dévoilé ses réseaux occultes. Ils savent maintenant pour quelle raison le Congo n’a jamais réussi à mettre fin à la guerre.</p>
<p>En tout cas, pour nous, le 30 juin 2010 a été un rendez-vous manqué et nous le disons dans cet autre article que nous vous demandons de lire.</p>
<p>Fweley Diangitukwa,</p>
<p>Politologue et écrivain</p>
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		<title>DERNIÈRE COMMUNICATION POLITIQUE DE LUMUMBA EN PRISON AVEC LA PRESSE INTERNATIONALE PEU AVANT SA MORT IL Y A CINQUANTE ANS (Entre Thysville et Kitona)</title>
		<link>http://updcongo.com/2010/06/derniere-communication-politique-de-lumumba-en-prison-avec-la-presse-internationale-peu-avant-sa-mort-il-y-a-cinquante-ans-entre-thysville-et-kitona/</link>
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		<pubDate>Tue, 29 Jun 2010 14:45:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>updcongo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse et réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Infos/Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[MESSAGE PROPHÉTIQUE DE LUMUMBA AU PEUPLE CONGOLAIS Á L&#8217;OCCASION DU CINQUENTENAIRE DE L&#8217;INDÉPENDANCE DU CONGO: 30 JUIN 1960 &#8211; 30 JUIN 2010


Ce texte qui semble être un discours est en fait le dernier message de Patrice Émery Lumumba enregistré en prison sur la bande magnétique et la période qu&#8217;il couvre se situe entre novembre et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #000080;">MESSAGE PROPHÉTIQUE DE LUMUMBA AU PEUPLE CONGOLAIS Á L&#8217;OCCASION DU CINQUENTENAIRE DE L&#8217;INDÉPENDANCE DU CONGO: 30 JUIN 1960 &#8211; 30 JUIN 2010</span></strong><strong><br />
</strong></p>
<p><a onclick="return hs.expand(this)" href="http://www.congotribune.com/wp-content/uploads/2010/06/193217.jpg"><img title="193217" src="http://www.congotribune.com/wp-content/uploads/2010/06/193217-299x300.jpg" alt="" width="194" height="194" /></a></p>
<p><strong>Ce texte qui semble être un discours est en fait le dernier message de Patrice Émery Lumumba enregistré en prison sur la bande magnétique et la période qu&#8217;il couvre se situe entre novembre et décembre 1960.  Je l&#8217;ai reçu de mon père qui l&#8217;a eu de Jean Van Lierde à Bruxelles quand ce dernier se préparait à le publier de son livre avec ce titre &#8220;La pensée de Patrice Lumumba&#8221;, aux Éditions du CRISP. Comme le cinquantenaire est déjà au Rendez-vous, il me fait l&#8217;honneur de restituer ce discours tel que je l&#8217;avais réçu et s&#8217;il se trouve qu&#8217;il est mis en ligne quelque part, eh bien, c&#8217;est tant mieux. </strong></p>
<p><strong><span style="color: #000080;">MES CHERS COMPATRIOTES, CITOYENS DE LA RÉPUBLIQUE, SALUT.</span></strong></p>
<p>Je ne doute pas de la joie que vous ressentez aujourd&#8217;hui en entendant la voix de celui qui prêté serment de ne jamais trahir son peuple.  Dans le bonheur comme dans le malheur, je resterai toujours à vos côtés.  C&#8217;est avec vous que j&#8217;ai lutté pour libérer ce pays de la domination étrangère.  C&#8217;est avec vous que je lutte pour consolider notre indépendance nationale.  C&#8217;est avec vous que je lutterai pour sauvegarder l&#8217;intégrité et l&#8217;unité nationale de la République.  Nous avons fait un choix, celui de servir notre patrie avec dévouement et loyauté.  Nous ne nous détournerons jamais de cette voie.  La liberté est l&#8217;idéal pour lequel, de tout temps et à travers les siècles, les hommes ont su lutter et mourir.  Le Congo ne pourrait échapper à cette vérité et c&#8217;est grâce à notre lutte héroïque et sublime que nous avons conquis vaillamment notre indépendance et notre dignité d&#8217;homme libre.  <span id="more-1483"></span> Nous sommes nés pour vivre libres et non pour vivre dans la servitude comme l&#8217;avons été depuis 80 ans d&#8217;oppression, d&#8217;humiliation et d&#8217;exploitation.  80 ans durant lesquels les habitants de ce pays ont été arbitrairement privés de la jouissance de leurs droits les plus sacrés.  C&#8217;est pour mettre fin à cette honte du <strong>XXième siècle</strong> qu&#8217;est le colonialisme et pour permettre au peuple congolais de s&#8217;administrer lui-même et de gérer les affaires de son pays que nous avons livré un combat décisif contre les usurpateurs de nos droits.  L&#8217;histoire a démontré que l&#8217;indépendance ne se donne jamais sur un plateau d&#8217;argent.  Elle s&#8217;arrache.  Mais pour arracher notre indépendance, il a fallu nous organiser en mobilisant toutes les forces vives du pays.  Les COngolais ont répondu à notre appel et c&#8217;est grâce à cette force coalisé que nous avons porté un coup mortel au colonialisme décadent.  Comme les forces de libération l&#8217;emportent toujours sur celle de l&#8217;oppression, nous sommes sortis victorieux.  Tous les peuples ont dû lutter pour se libérer.  Ce fut notamment le cas pour les nationalistes qui se sont mis à la tête de la Révolution française, belge, russe, etc &#8230;</p>
<p>Les anciennes colonies d&#8217;Amérique n&#8217;ont pas été libérées autrement.  Je rappelle ici la <strong>&#8220;Déclaration de l&#8217;Indépendance&#8221;</strong> adoptée par le Congrès des États-Unis, en 1776, et qui proclamait la liquidation des Colonies-Unies, la libération du joug britannique, et la transformation des États-Unis d&#8217;Amérique en un État libre et indépendant.  Les nationalistes congolais n&#8217;ont fait que suivre les traces des nationalistes français, belges, américains, russes et autres.  Nous avons choisi pour notre lutte une seule arme : <strong>&#8220;La non violence&#8221;</strong>.  La seule arme qui permet une victoire dans la dignité et dans l&#8217;honneur.  Notre mot d&#8217;ordre durant la campagne de libération a toujours été : <strong>&#8220;L&#8217;indépendance immédiate et totale du Congo&#8221;</strong>.  Nous ne nous sommes jamais livrés à des manifestations de haine ou d&#8217;hostilité à l&#8217;égard des anciens occupants.  Nous combattons le régime et non les personnes.  En outre, nous savons très bien que l&#8217;on ne construit rien de durable dans la haine et la rancune.  Notre seul programme politique a toujours été : <strong>&#8220;Le Congo aux Congolais&#8221;</strong>.  La gestion du Congo par les Congolais, aidés par les techniciens qui sont disposés à servir le pays et ce quelle que soit leur nationalité.</p>
<p>En tant que membre de la grande famille humaine, le Congo indépendant ne doit pas s&#8217;isoler.  Aucun pays au monde ne peut d&#8217;ailleurs vivre sans concours des autres.  Pour nous, racisme et tribalisme doivent être combattus, parce qu&#8217;ils constituent un obstacle à l&#8217;harmonisation des rapports, des relations entre les hommes et entre les peuples.  En accédant à l&#8217;indépendance et en prenant en mains la question de notre pays, nous n&#8217;avons jamais entendu expulser les Européens qui se sont installés chez nous ou nous accaparer de leurs biens.  Bien au contraire, nous avons toujours pensé que ces derniers allaient s&#8217;adapter aux réalités nouvelles et apporter au jeune État le concours de leur expérience dans le domaine des activités commerciales, industrielles, techniques et scientifiques.  Mon gouvernement avait pris solennellement l&#8217;engagement d&#8217;assurer aux étrangers la protection de leur personne et de leurs biens.  Les entreprises qui sont indispensables pour l&#8217;économie de ce pays doivent fonctionner normalement et dans de meilleures conditions de sécurité.  Notre indépendance politique ne sera pas du tout profitable aux habitants de ce pays si elle n&#8217;est pas accompagnée d&#8217;un rapide développement économique et social.  Nous avons rejeté la politique de domination et avons opté pour celle de la coopération et de la collaboration sur un pied d&#8217;égalité, dans le respect mutuel de la souveraineté de chaque État.       Nous avons également opté pour le neuturalisme positif et dans ce neutralisme positif nous entendons entretenir des relations d&#8217;amitié avec toutes les Nations qui respectent notre souveraineté et notre dignité, sans s&#8217;intégrer dans nos affaires de quelque manière que ce soit.</p>
<p>Nous sommes contre la politique des blocs que nous estimons néfastes pour le maintient de la paix dans le monde et pour la consolidation de l&#8217;amitié entre les Peuples.  Les puissances qui nous combattent ou qui combattent mon Gouvernement, sous prétexte fallacieux de <strong>&#8220;anti-communisme&#8221;</strong>, cachent en réalité leurs véritables intentions.  Ces puissances européennes ne veulent avoir de sympathies que pour des dirigeants africains qui sont à leur remorque et qui trompent leurs peuples.  Certaines de ces puissances ne conçoivent leur présence au Congo ou en Afrique que dans la mesure où elles savent exploiter au maximum leurs richesses par le truchement de quelques dirigeants corrompus.  Cette politique de corruption, qui consiste à qualifier de communiste tout dirigeant incorruptible et de pro-occidental tout dirigeant traitre à sa patrie, doit être combattue.   <strong> </strong></p>
<p><strong>(Patrice Lumumba décrit dans ce discours <span style="color: #ff0000;">ce crime</span></strong><span style="color: #ff0000;"> </span><strong><span style="color: #ff0000;">commis sur le Congolais pendant 80 années durant</span>)</strong></p>
<p><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Comic Sans MS; color: #000000; font-size: medium;"><img id="ecximage5917" src="http://kaganof.com/kagablog/wp-content/uploads/2007/05/146.jpg" alt="146.jpg" width="304" height="402" /></span></span></p>
<p>Nous ne voulons être à la remorque d&#8217;aucun bloc.  Si nous ne faisons pas attention, nous risquons de tomber dans un néo-colonialisme qui serait aussi dangereux que le colonialisme que nous venons d&#8217;enterrer le 30 juin dernier.  <strong>&#8220;La manoeuvre des impérialistes consiste à maintenir le système colonial au Congo et à changer seulement d&#8217;acteurs comme dans une pièce de théâtre, c&#8217;est-à-dire à mettre à la place des colonialistes belges des néo-colonialistes que l&#8217;on peut manoeuvrer à volonté.&#8221;</strong> Voilà ce que veulent les impérialistes si l&#8217;on veut obtenir leur bénédiction et leur soutien.  <strong>&#8220;Comme je l&#8217;ai toujours dit, je suis favorable à l&#8217;implantation des entreprises belges, américaines, françaises, allemandes, suisses, canadiennes, italiennes, etc.  Mais, ce contre quoi je m&#8217;insurgerai toujours c&#8217;est contre les manoeuvres malhonnêtes de corruption et de division.&#8221;</strong></p>
<p>Nous sommes des Africains et nous voulons le rester.  Nous avons notre philosophie, nos moeurs, nos traditions qui sont aussi nobles que celles des autres nations.  Les abandonner purement et simplement pour embrasser celles d&#8217;autres peuples, c&#8217;est nous dépersonnaliser.  Notre objectif, celui de tout patriote congolais qui aime sincèrement son pays, doit être de nous unir et de construire notre Nation par l&#8217;entente et la concorde nationales.</p>
<p>Notre programme immédiat doit être de mettre en valeur les richesses de notre pays par un effort commun et de créer ainsi une économie nationale qui nous permettra d&#8217;améliorer rapidement les conditions de vie de tous les citoyens.  Notre détermination est de contribuer par notre cohésion et notre solidarité à la libération de l&#8217;Afrique, terre de nos ancêtres.  Notre volonté, celle de tous les hommes et de toutes les femmes de ce pays, est de faire régner l&#8217;ordre et la paix dont chacun de nous a besoin pour vivre heureux et profiter réellement du fruit de l&#8217;indépendance.  Si les Congolais se sont unis avant l&#8217;Indépendance pour combattre le colonialisme oppresseur, il est un devoir pour eux de s&#8217;unir aujourd&#8217;hui pour faire face aux ennemis de cette indépendance.  Notre salut réside dans l&#8217;union et le travail.  Personne ne peut suffire à lui seul pour construire ce grand Congo.  Les ennemis du pays nous guettent.  Le monde entier nous observe.  Nous devons sauver, sans aucun retard, l&#8217;honneur et la réputation de notre vaillant peuple.  <strong>&#8220;Nous n&#8217;avons pas réclamé notre indépendance pour nous disputer, nous entretuer mais uniquement pour construire notre Nation dans l&#8217;union, la discipline et le respect de chacun.&#8221; </strong></p>
<p><strong> </strong>( <strong>Kennedy apprend la mort de Lumumba de l&#8217;Ambasseur US à L&#8217;ONU, Mr Adlai Stevenson</strong> )</p>
<p><span style="color: #000000; font-size: medium;"><span style="font-family: Comic Sans MS; color: #000000; font-size: medium;"></p>
<div><span style="font-family: Arial; font-size: x-small;"><img src="http://www.orwelltoday.com/jfkcongophone.jpg" alt="" width="325" height="328" /></span></div>
<p></span></span></p>
<p>C&#8217;est pourquoi, je vous adresse ce message, chers compatriotes, et compagnons de lutte, un appel fraternel pour que cessent les guerres fratricides, les luttes intestines et inter-tribuales, les rivalités entre personnes et entre frères.  Nos enfants nous jugerons sévèrement si, par inconscience, nous ne parvenions pas à déjouer les manoeuvres qui profitente de cette querelle pour saboter notre indépendance nationale et freiner le développement économique et social de notre État.  Beaucoup de nations sont prêtes à nous aider, mais pour que cette aide soit efficace, nous devons mettre d&#8217;abord de l&#8217;ordre dans le pays et créer des conditions favorables pour cette coopération.  Tel est le message d&#8217;un homme qui a lutté avec vous pour que ce pays aille toujours de l&#8217;avant et qu&#8217;il joue effectivement son rôle de porte-drapeau de la libération africaine.</p>
<p>En avant, citoyens, et citoyennes, pour la construction d&#8217;un Congo uni, fier et prospère.  Un avenir radieux pointe à l&#8217;horizon.  Vive la République du Congo. <strong>Source : Patrice Émery Lumumba, en prison peu avant sa mort.</strong></p>
<p><strong>N.B.</strong> On peut trouver ce discours sur disque, si ma mémoire est bonne, dans les Archives de la firme italienne dont le nom est ou fut <strong>&#8220;Italia Canta di Roma&#8221;</strong>.  C&#8217;est sans doute dans les rayons des diffusions de 1964.  Cette interview fut contre-carrée pour qu&#8217;elle ne soit pas vendue en grand tirage.  La <strong>Belgique</strong> et la <strong>CIA</strong> l&#8217;avaient mis à l&#8217;index dans les années &#8217;60 jusqu&#8217;aux années de la rébellion de l&#8217;AFDL sans doute.  C&#8217;est un document qui vaut la peine d&#8217;être lu et gardé.  En tout cas, pour tout dire, ceci est le dernier discours ou entretien plausible connu de <strong>Patrice-Éméry Lumumba</strong> avec les journalistes internationaux à quelques jours de sa mort.</p>
<p><strong>Djamba Yohé,</strong> <strong>Gaston-Marie F. </strong></p>
<p><strong>Djamba Yohé dans Reprojection de la dernière pensée de Patrice Lumumba en prison.</strong></p>
<p><strong>Le Congolais de l&#8217;Atlantique Nord,</strong> <strong>Ottawa, le 27 juin 2010</strong></p>
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		<title>Un rapporteur de l&#039;ONU met en cause le gouvernement pour la mort d&#039;un défenseur des droits de l&#039;homme (Cyberpresse 04/06/2010)</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Jun 2010 22:15:57 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[condamnation]]></category>
		<category><![CDATA[crime]]></category>
		<category><![CDATA[Floribert Chebeya]]></category>
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		<category><![CDATA[ONU]]></category>

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		<description><![CDATA[Nations Unies
GENEVE — Un rapporteur de l&#8217;ONU a estimé vendredi &#8220;vraisemblable&#8221; la &#8220;participation&#8221; du gouvernement de la République démocratique du Congo dans la mort de Floribert Chebeya, un des plus respectés défenseurs des droits de l&#8217;homme en RDC.
Prenant note de la demande d&#8217;ouverture d&#8217;une enquête par le ministre congolais de l&#8217;Intérieur, le rapporteur spécial sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Nations Unies</strong></p>
<p>GENEVE — Un rapporteur de l&#8217;ONU a estimé vendredi &#8220;vraisemblable&#8221; la &#8220;participation&#8221; du gouvernement de la République démocratique du Congo dans la mort de Floribert Chebeya, un des plus respectés défenseurs des droits de l&#8217;homme en RDC.<br />
Prenant note de la demande d&#8217;ouverture d&#8217;une enquête par le ministre congolais de l&#8217;Intérieur, le rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires de l&#8217;ONU, Philip Alston, a estimé &#8220;qu&#8217;il n&#8217;y a pas de raison de penser que ce sera une véritable enquête&#8221;.<span id="more-1455"></span></p>
<p>Et ce, &#8220;particulièrement en raison des circonstances qui laissent penser qu&#8217;il est très vraisemblable qu&#8217;il y a eu une participation du gouvernement&#8221; dans l&#8217;affaire, a-t-il encore dit aux journalistes.</p>
<p>Le président de l&#8217;ONG &#8220;La voix des sans-voix&#8221; (VSV) avait disparu mardi soir, avec son chauffeur, après s&#8217;être rendu à l&#8217;inspection générale de la police nationale congolaise (PNC), où il devait, selon la VSV, rencontrer l&#8217;inspecteur général, le général John Numbi.</p>
<p>Le corps de Floribert Chebeya, 47 ans, a été finalement retrouvé mercredi matin sur la banquette arrière de son véhicule à Mitendi sur la route du Bas-Congo à l&#8217;ouest de Kinshasa.</p>
<p>Le rapporteur de l&#8217;ONU, qui a eu l&#8217;occasion de rencontrer Floribert Chebeya lors de sa dernière mission en RDC en octobre 2009, a qualifié la situation sur le terrain de &#8220;très dangereuse&#8221;.</p>
<p>Il a ainsi déploré que les massacres de civils perpétrés par l?Armée de résistance du Seigneur (LRA) se poursuivent, contrairement à ce que prétendent les autorités.</p>
<p>L&#8217;expert onusien &#8211;qui ces six dernières années a visité de nombreux autres pays où les droits de l&#8217;homme sont violés&#8211; s&#8217;est dit particulièrement &#8220;désespéré&#8221; par l&#8217;attitude du gouvernement de la RDC.</p>
<p>&#8220;Ils ont rejeté mon rapport, disant qu&#8217;il était tendancieux. C&#8217;est toujours un très mauvais signe lorsqu&#8217;un gouvernement est dans un état de déni total&#8221;, a-t-il conclu.</p>
<p>© Copyright Cyberpresse</p>
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		<title>En prévision des élections générales de 2011, Kabila commence à faire le menage.</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Jun 2010 22:12:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>updcongo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entrevue et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Infos/Nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[assassinat]]></category>
		<category><![CDATA[Chebeya]]></category>
		<category><![CDATA[RD Congo]]></category>
		<category><![CDATA[temoignage]]></category>

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		<description><![CDATA[
Floribert Chebeya, Directeur Exécutif de La Voix des Sans Voix, RDC, (Photo: Radio Okapi)
Selon le temoin oculaire de cette scène odieuse, Floribert CHEBEYA a été tué dans les locaux de la police à Kinshasa en présence du sinistre Général John Numbi après avoir été ligoté, serieusement torturé, asphyxié par une ceinture militaire serrée autour de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<div id="attachment_1177" style="width: 310px;"><a onclick="return hs.expand(this)" href="http://www.congotribune.com/wp-content/uploads/2010/06/Floribert-Tchebeya1.jpg"><img title="Floribert-Tchebeya1" src="http://www.congotribune.com/wp-content/uploads/2010/06/Floribert-Tchebeya1-300x166.jpg" alt="" width="300" height="166" /></a>Floribert Chebeya, Directeur Exécutif de La Voix des Sans Voix, RDC, (Photo: Radio Okapi)</div>
<p>Selon le temoin oculaire de cette scène odieuse, Floribert CHEBEYA a été tué dans les locaux de la police à Kinshasa en présence du sinistre Général John Numbi après avoir été ligoté, serieusement torturé, asphyxié par une ceinture militaire serrée autour de son cou et ensuite le corps sans vie a été transporté dans sa propre voiture qui sera conduite et abandonnée sur une route aux environs de Kinshasa.<span id="more-1453"></span>Je me trouve à Miami en Floride aux Etats-Unies et je viens de recevoir un appel de Kinshasa d’un des temoins de la scène de l’assassinat politique de Floribert CHEBEYA BAHIZIRE. Me taire c’est continuer à favoriser le massacre des innocents et des defenseurs de droit de l’homme dans mon pays. Ma main est entrain de trembler en écrivant le recit macabre de l’élimination physique d’un de mes meilleurs amis avec qui nous avons partagé beaucoup d’informations sensibles sur l’avenir de notre pays.</p>
<p>Selon le temoin oculaire de cette scène odieuse, Floribert CHEBEYA a été tué dans les locaux de la police à Kinshasa en présence du sinistre Général John Numbi après avoir été ligoté, serieusement torturé, asphyxié par une ceinture militaire serrée autour de son cou et ensuite le corps sans vie a été transporté dans sa propre voiture qui sera conduite et abandonnée sur une route aux environs de Kinshasa.</p>
<p>Comme il se faisait tard, un policier est venu demander la clé de contact au chauffeur en lui disant que son « Patron » avait un long entretien avec le Général et que ce dernier pouvait partir. Il a ensuite dit au chauffeur de prendre place dans une jeep de la police pour le deposer dans un carrefour où ce dernier devait prendre un moyen de transport pour rentrer chez lui. C’est ainsi que lui aussi sera tué et le corps jété dans la nature dans un secteur suburbain.</p>
<p>Ces crimes odieux ont été commis par la police sur ordre personnel de Joseph Kabila. En effet, tout le monde se rappelle de l’activisme de CHEBEYA lors des éléctions présidentielles de 2006. En tant que défenseur des droits de l’homme, il avait osé défendre un des véritables fils de Mzee Kabila qui était traqué par son pseudo frère-Président et qui vit aujourd’hui en clandestinité entre l’Afrique du Sud, l’Angola et le Congo-Brazzaville. Floribert CHEBEYA avait reussi à l’exfilter du pays en dejouant la filature funeste des « Tontons macoutes » de Joseph Kabila. Les élections se profilant à l’horizon et les promesses électorales de 2006 jamais réalisées; le pouvoir de Kinshasa commence à s’agiter et à développer des stratégies pour terroriser les défenseurs des droits de l’homme et acteurs politiques qui ne cessent de denoncer l’apathie d’un pouvoir insensible à la souffrance innommable de la population qui croupit dans une misère inqualifiable.</p>
<p>Floribert CHEBEYA est entré dans le panthéon de l’histoire et dans l’immortalité à l’instar d’autres heros qui sont tombés dans le champ d’honneur. Ceux qui ont commis ce crime doivent savoir qu’après le pouvoir sans gloire dont ils baignent actuellement; ils ne seront jamais des heros et même s’ils ne seront pas inquietés pour le moment, ils finiront dans les oubliettes de l’histoire. Ceux qui avaient tué Lumumba l’ont rendu immortel. Tel sera le cas du bien aimé Floribert CHEBEYA. Que son âme repose en paix.</p>
<p>Dorcas Lokendo</p>
<p>Miami/USA</p>
<p>Source: Congo Tribune</p></div>
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		<title>Je crois encore qu’un nouveau Congo est possible.</title>
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		<pubDate>Sun, 23 May 2010 13:49:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>updcongo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mes sœurs et frères congolais sont dans la désespérance, ils sont désabusés car  tous ont cru à la fin d’une dictature, ils ont cru à la libération et même à la démocratie qui devaient sortir des urnes, mais  au quotidien les conditions de vie se détériorent !  La pauvreté et la démission de la classe politique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #000000;"><span style="color: #000099;"><span style="font-family: Calibri;"><span style="color: black; font-size: 14pt;" lang="FR"><img src="http://www.rnw.nl/data/files/imagecache/must_carry/images/lead/femme%20africaine.jpg" alt="" width="292" height="131" /></span></span></span></span><strong>Mes sœurs et frères congolais sont dans la désespérance, ils sont désabusés car  tous ont cru à la fin d’une dictature, ils ont cru à la libération et même à la démocratie qui devaient sortir des urnes, mais  au quotidien les conditions de vie se détériorent !  La pauvreté et la démission de la classe politique les ont mis en servitude !  J’ai fait le tour de toutes les provinces de la R.D.Congo et je pensais qu’après avoir visité mon pays je pourrais  parler d’espoir. Mais j’ai rencontré la souffrance , la désillusion, la résignetion et la pauvreté. J’ai rencontré des hommes et des femmes usés par le travail, la faim mais debout.<span id="more-1435"></span></strong></p>
<p><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #000000;"><span style="color: #000099;"><strong><span style="font-family: Calibri;"><span style="color: #ff0000;"><span style="font-size: xx-large;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: black; font-size: 14pt;" lang="FR"><span style="font-size: large;">Nabintu ou la</span> <span style="font-size: large;">fatalité en R.D.Congo</span></span></span></span></span></span></strong></span></span></p>
<p><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; color: #000000;"><span style="color: #000099;"><strong><span style="font-family: Calibri;"><span style="color: #ff0000;"><span style="font-size: xx-large;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: black; font-size: 14pt;" lang="FR"></span></span></span></span></span></strong></span></span>J’ai rencontré Nabintu jeune femme de 22ans à l’hôpital de Panzi et au delà de son histoire pleine de violence, de douleur ,de terreur ,j’ai rencontré  la souffrance et la résignation de toutes les femmes et des hommes  de mon peuple.</p>
<p>Nabintu a été enlevée par des rwandais le premier janvier 2004 alors qu’elle se préparait à la fête du nouvel an avec sa famille. Les combattants rwandais ont semé la terreur et la mort dans le village de M&#8230;&#8230; Le père de Nabintu qui a refusé de couché avec sa fille à eu les oreilles coupées, les yeux crevés avant d’être abattu ainsi que son fils qui avait voulu s’interposer.  Oui ils ont violé les femmes jeunes, vieilles et même les petites filles, ont tué ceux qui ont résisté et ont pillé le peu de bien qu’ils ont trouvé. Ils ont enlevé les jeunes filles dont Nabintu. Pour sécuriser leur butin ils lui ont attaché huit chèvres autour de la taille qu’elle a du tirer jusqu’à l’épuisement durant des heures à travers la forêt jusqu&#8217;à leur camp construit avec des bâches.</p>
<p>Deux femmes ont essayer de s’enfuir elles ont été rattrapées suspendues par les pieds à des arbres et coupées en deux publiquement pour l’exemple et leur chair fut mélangé à la nourriture ! En février 2010 il y a eu des combats violents entre les  interawhes qui les retenaient captives et les soldats de l’armée nationale congolaises. Beaucoup de femmes sont mortes mais Nabintu a pu s’enfuir et après des jours de marche retrouvé son village où tout le monde la croyait morte depuis longtemps !</p>
<p>Pendant 6 ans cette jeune femme a été violée, battue, asservie, humiliée et a donné naissance à une petite fille qui a aujourd’hui 5 ans pendant que nous avons cru la paix et la démocratie retrouvées sur tout le territoire.</p>
<p>Nabintu n’est qu’un exemple parmi les milliers d’hommes et de femmes qui chaque jour continuent à subir des violences ou être tuées par des hommes en armes.</p>
<p><strong>Où est la paix et la réconciliation nationale dont nous parle les journaux quand les droits élémentaires du peuple congolais sont sans cesse  violées?</strong></p>
<p><strong>Où sont les résultats des opérations Amani et  Kimia si nous continuons a être violées ou abattuds en toute impunité ?</strong></p>
<p><strong> Où vont  les millions de dollars investis pour la paix et la reconstruction si nous vivons sans eau courante et sans électricité ?</strong></p>
<p><strong> Où va le fruit de la manne financière que nous apporte les sociétés minières et les investisseurs étrangers et nationaux si nous ne pouvons pas payer les fonctionnaires et les militaires ?</strong></p>
<p><strong> Où est la démocratie pour laquelle nous avons fait tant de sacrifice si la justice sociale ne nous permet ni de mettre nos enfants à l’école ni d’avoir accès à des soins santé décents ?</strong></p>
<p>J’ai été à Kindu,  Mbandaka, Kisangani, Kananga, Mbuji Mayi, Kikwit, Matadi, Goma, Bukavu  à Kinshasa et même à Lubumbashi, j’ai vu beaucoup de misère et de chômage.  J’ai été dans toutes ces villes où l’électricité, l’eau courante  et la sécurité sont de lointains souvenirs.</p>
<p><strong>Comment dans de telles conditions impulser le développement au 21 siècles ?</strong></p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Mes sœurs et frères congolais sont dans la désespérance, ils sont désabusés car  tous ont cru à la fin d’une dictature, ils ont cru à la libération et même à la démocratie qui devaient sortir des urnes, mais  au quotidien les conditions de vie se détériorent !  La pauvreté et la démission de la classe politique les ont mis en servitude !</span></strong></p>
<p><span style="color: #000080;"><strong>Je crois encore qu’un nouveau Congo est possible.</strong></span></p>
<p><span style="color: #000080;"><strong>Arrêtons de nous laisser distraire par ce qui nous divisent (tribalisme, politique, etc.)  qui ne nous mènent nulle part !</strong></span></p>
<p><span style="color: #000080;"><strong>Unissons nous autour des vrais problèmes et trouvons ensembles les vrais solutions qui seront profitables à tous.</strong></span></p>
<p><span style="color: #000080;"><strong>Je crois et je sais que cela est encore possible, levons nous, faisons les bons choix et agissons !</strong></span></p>
<p><strong>Léonnie KANDOLO<br />
Protection Enfants Sida(P.E.S)</p>
<p>REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO </strong><strong></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Rwanda: Sortons du cinéma sur la misère humaine</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Feb 2010 16:20:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>updcongo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse et réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine/Revue de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[crimes]]></category>
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		<category><![CDATA[tutsi extremistes]]></category>

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		<description><![CDATA[ Bernard Desgagné
Chronique de Bernard Desgagné
samedi 13 février 2010   320 visites

La présente chronique m’est inspirée par un article de mon ami François Munyabagisha intitulé « Guerre des catastrophes » et par un commentaire sur cet article de la part d’une lectrice de Vigile, Isabelle Poulin. C’est à elle que je m’adresse, mais c’est aussi à tous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="padding-top: 30px; margin-bottom: 30px;"><a href="http://www.vigile.net/_Desgagne-Bernard_"><img style="float: left; padding-right: 10px;" src="http://www.vigile.net/local/cache-vignettes/L63xH75/auton678-5c9fd.jpg" alt="" width="111" height="102" align="left" /></a> <a href="http://www.vigile.net/_Desgagne-Bernard_">Bernard <span style="text-transform: uppercase;">Desgagné</span></a><br />
Chronique de Bernard Desgagné<br />
samedi 13 février 2010  <span style="color: #929292; font-size: 10px;"> 320 visites<br />
</span></div>
<p><span style="color: #000080;"><strong><em>La présente chronique m’est inspirée par un article de mon ami François Munyabagisha intitulé <a href="http://www.vigile.net/Guerre-des-catastrophes">« Guerre des catastrophes »</a> et par un commentaire sur cet article de la part d’une lectrice de Vigile, Isabelle Poulin. C’est à elle que je m’adresse, mais c’est aussi à tous les autres Québécois dont la compréhension du drame rwandais s’appuie sur des romans et des films, et non sur les faits.</em></strong></span></p>
<div>
<p>Madame,</p>
<p>Je vois que vous avez de bonnes intentions en voulant réconforter mon ami François Munyabagisha, mais permettez-moi de vous éclairer un peu sur la question rwandaise, que vous semblez connaitre principalement à travers la lunette du cinéma de type hollywoodien qui tient lieu de réflexion profonde en Amérique du Nord.<span id="more-1321"></span></p>
<p>Ce que vous devez comprendre, c’est que le preux général Dallaire est lui-même un instrument du diable. Le diable s’appelle en fait Paul Kagame, et le génocide rwandais est son fonds de commerce. Paul Kagame et son Front patriotique rwandais (FPR) se servent de l’histoire convenue du génocide rwandais, qui n’est qu’un tissu de mensonges, pour se maintenir au pouvoir et pour continuer leurs massacres. Celui qui est derrière les viols et les exactions en République démocratique du Congo, par Kabarebe, Nkunda ou Ntaganda interposés, s’appelle Paul Kagame. Il s’est fait passer pour le sauveur des Tutsis, mais il est plutôt l’un des plus grands assassins de l’histoire de l’humanité.</p>
<p>L’ancien régime rwandais, du président Juvénal Habyarimana, un Hutu, n’était pas un régime génocidaire, comme ont voulu nous le faire croire le général Dallaire et d’autres propagandistes au service de Paul Kagame, notamment Gil Courtemanche, qui n’a jamais avoué publiquement que ses amis Hélène Pinski et Landoald Ndasingwa avaient en réalité été tués par le FPR, en 1994, et non par des génocidaires au service du colonel Bagosara. Le cinéma a beaucoup enrichi le général et le prétendu journaliste, mais cela s’est fait en propageant des mensonges.</p>
<p>Le colonel Bagosora a été acquitté en décembre 2008, par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), de l’accusation d’entente pour commettre un génocide. Le saviez-vous ? Probablement pas parce qu’on ne peut l’apprendre ni au cinéma, ni à Radio-Canada. Les apôtres de l’histoire convenue continuent de répéter inlassablement que Bagosora était le cerveau du génocide, ce qui est manifestement faux. J’ajoute que, selon moi, cet homme n’a commis aucun crime. Il est parfaitement innocent. Les vrais coupables courent en liberté et sont morts de rire. C’est aussi <a href="http://tinyurl.com/98wpcq" target="_blank">ce que pense l’avocat de Bagosora, le Martiniquais Raphaël Constant</a>. Mais Radio-Canada ne lui a jamais tendu le micro.</p>
<p>Le vrai cerveau du génocide s’appelle Paul Kagame, et il massacre presque sans interruption depuis 1990, avec la complicité des dirigeants politiques et des médias occidentaux. Heureusement, il y a des journalistes qui commencent à se réveiller… seize ans après le génocide, notamment François Brousseau, qui présentait <a href="http://files.me.com/bernarddesgagne/30pgmg.mov" target="_blank">une analyse lucide de la situation au Rwanda sur les ondes de Radio-Canada, le 10 février 2010</a> (fichier Quicktime de 2,5 Mo).</p>
<p>Ces jours-ci, Paul Kagame, le FPR et les médias sous leur emprise, comme le journal <em>New Times</em>, sont en guerre contre leur nouvelle opposante, Victoire Ingabire Umuhoza, une aspirante candidate à l’élection présidentielle d’aout 2010 que j’ai eu le bonheur de rencontrer lors de son passage au Québec, à l’automne 2009. Mme Umuhoza est constamment harcelée depuis son retour au Rwanda, le 16 janvier 2010, et a même été physiquement agressée, avec la complicité des pouvoirs publics. Le régime de Paul Kagame fait des <a href="http://www.musabyimana.be/lire/article/sosla-presse-pro-kagame-appelle-au-meurtre-de-v-ingabire/index.html" target="_blank">appels voilés au meurtre de Mme Umuhoza</a>. Human Rights Watch vient de publier un <a href="http://www.hrw.org/fr/news/2010/02/10/rwanda-end-attacks-opposition-parties-0" target="_blank">rapport éloquent sur la répression dont elle et ses collaborateurs sont victimes</a>. On l’accuse constamment d’être une négationniste, une révisionniste ou une « divisionniste ». On dit qu’elle propage l’idéologie « génocidaire ». Évidemment, tout cela n’est que mensonges. Ce sont des mensonges au même titre que les mensonges qui avaient cours en 1990, au moment où le FPR, qui était composé de régiments entiers de l’armée ougandaise, a envahi le Rwanda, y semant la terreur et la désolation, sous le regard impassible de la communauté internationale manipulée par la désinformation des parrains du FPR, c’est-à-dire les États-Unis et la Grande-Bretagne principalement, mais aussi le Canada.</p>
<p>Ce sont les mêmes mensonges qu’en 1994, où l’on a voulu nous faire croire que cette armée d’assassins qu’est le FPR était venue délivrer les pauvres Rwandais des griffes de méchants génocidaires ou extrémistes hutus. En fait, c’est Kagame et le FPR qui ont été les grands chefs d’orchestre et les principaux exécutants de ces massacres. Aujourd’hui encore, ils répriment toute contestation de leur pouvoir absolu, souvent dans le sang. Ils publient des rapports mensongers, comme le rapport Mucyo, accusant la France de complicité de génocide, ou le récent rapport Mutsinzi, où le FPR se blanchit lui-même de toute responsabilité dans l’attentat du 6 avril 1994 alors qu’il en est l’auteur. Le <a href="http://www.musabyimana.be/lire/article/analyse-du-rapport-mutsinzi-par-un-collectif-sous-la-direction-du-colonel-luc-marchal/index.html" target="_blank">colonel Luc Marchal</a> et le <a href="http://www.musabyimana.be/lire/article/analyse-du-rapport-mutsinzi-par-le-pr-filip-reyntjens-1/index.html" target="_blank">professeur Filip Reyntjens</a> ont taillé en pièces ce rapport. Or, figurez-vous que, fidèle à son habitude de partenaire du FPR dans le mensonge, Radio-Canada a diffusé un <a href="http://files.me.com/bernarddesgagne/7a7t3e.mov" target="_blank">reportage à la radio présentant le comité Mutsinzi comme un comité indépendant</a> (fichier Quicktime de 1 Mo), alors que celui-ci était complètement à la merci du FPR. Plus tard, lorsque les analyses de Marchal et Reyntjens sont sorties, Radio-Canada n’en a pas du tout parlé. C’est d’une malhonnêteté et d’une cruauté innommables.</p>
<p>François Munyabagisha se bat pour la vérité, la justice et la paix. Il ne sait plus comment faire pour expliquer aux gens ce qui s’est passé et ce qui se passe au Rwanda. À sa place, je serais découragé. Sa soeur est en prison. Elle a été incarcérée par les sbires de Kagame. Les Hutus sont collectivement accusés d’être des génocidaires « congénitaux » par les gacacas, sorte de tribunaux populaires où la justice est rendue de façon expéditive, ce qui est très pratique pour éliminer les gens ou s’emparer de leurs biens. Dans les campagnes rwandaises, on crève de faim à cause des politiques agricoles dévastatrices du FPR. Les Rwandais sont terrorisés, y compris dans la diaspora. Vous imaginez ce que c’est pour François de savoir qu’on peut le faire taire à tout moment en infligeant des mauvais traitements à sa soeur ? C’est peut-être ce qui explique que François s’exprime beaucoup en paraboles, lui qui a l’âme d’un poète.</p>
<p>J’ai déniché dernièrement, à l’Université d’Ottawa, une chargée de cours qui prépare sa thèse de doctorat et qui a gouté à la médecine de Kagame. Il s’agit d’une Canadienne de race blanche, avocate et originaire de la Nouvelle-Écosse. Elle se nomme Susan Thomson. Elle était au Rwanda en 1994 et y est retournée à plusieurs reprises depuis. L’un de ses enfants y est né. Aujourd’hui, elle est interdite de séjour au Rwanda. Elle a écrit un texte à paraitre prochainement dans un livre signé par un collectif d’auteurs. Ce texte porte sur son expérience personnelle dans un camp de rééducation ingando pour les « génocidaires » repentis. Elle a été forcée de se soumettre à cette rééducation.</p>
<p>Mme Thomson m’a autorisé à traduire son texte en français et à le publier. Je vais le mettre en ligne sous peu. C’est un témoignage exclusif qui fait la lumière sur les manières actuelles et passées des soi-disants sauveurs des Tutsis, eux que l’on a dépeints si favorablement à Hollywood. Mme Thomson a aussi un blogue, dont le <a href="http://democracywatch-rwanda2010.blogspot.com/2010/02/rwandas-ethnic-card-who-is-manipulating.html" target="_blank">dernier article</a> (en anglais) est absolument dévastateur pour Paul Kagame.</p>
<p>Le pire, dans tout cela, c’est qu’Ottawa et sa GRC sont entièrement complices de Kagame. Le procès récent de Désiré Munyaneza est un <a href="http://www.ledevoir.com/international/afrique/274475/condamnation-de-desire-munyaneza-la-justice-spectacle-au-service-de-l-impunite" target="_blank">bon exemple de cette complicité</a>. Tout cela est profondément dégoutant. Si je n’étais pas un indépendantiste québécois, j’aurais honte d’être canadien. Mais, même à titre de Québécois, j’ai honte lorsque je vois mes compatriotes se prosterner devant saint Dallaire, qui n’est qu’un menteur et un arriviste récompensé et muselé par un joli poste de sénateur. Qu’on l’ait invité à porter le drapeau olympique comme s’il était un héros, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Vancouver, a dû blesser profondément de nombreux Rwandais. Cet homme est loin d’être un héros.</p>
<p>J’ai honte aussi lorsque je vois mes compatriotes faire l’éloge de Louise Arbour, qui a agi en vulgaire criminelle alors qu’elle était procureure du TPIR. En tant qu’exécutrice des basses œuvres de l’empire étasunien, elle a ordonné à l’enquêteur australien Michael Hourigan de détruire les preuves de la responsabilité du FPR dans l’attentat du 6 avril 1994, qui a été le point de départ de l’un des plus grands massacres de l’histoire de l’humanité, entièrement orchestré par celui qui est encore confortablement assis sur son trône à Kigali, Paul Kagame. Deux présidents ont trouvé la mort dans cet attentat, Juvénal Habyarimana, du Rwanda, et Cyprien Ntaryamira, du Burundi. Pourtant, aucune enquête internationale n’a jamais eu lieu parce que l’empire étasunien protège son homme fort à Kigali.</p>
<p>Selon moi, l’acte criminel perpétré par Mme Arbour explique qu’elle soit le seul juge de la Cour suprême à avoir démissionné de son poste depuis la création de ce tribunal. Même pour un État hypocrite comme l’État fédéral canadien, il ne convient pas qu’un juge de la Cour suprême ait commis un acte criminel. Mme Arbour préfère travailler à l’étranger pour éviter les questions embarrassantes. C’est meilleur pour son image. Du reste, aucun journaliste ne l’a jamais interrogée à ce sujet. Et les journalistes québécois ne peuvent pas plaider l’ignorance parce qu’ils sont nombreux à avoir été informés de ce fait indiscutable, dont M. Hourigan a témoigné à plusieurs reprises et qui a été confirmé par Carla Del Ponte. Celle-ci a occupé, elle aussi, le poste de procureure du TPIR, mais, contrairement à Mme Arbour, elle n’a pas accepté d’obéir aux ordres de Washington. C’est pourquoi elle a été démise de ses fonctions. Tous ces faits extrêmement importants pour comprendre le drame du Rwanda et de la République démocratique du Congo sont systématiquement occultés par les médias conventionnés du Québec.</p>
<p>Si je mens, qu’on me poursuive pour diffamation ! Mais je doute qu’on le fasse, puisque Robin Philpot a écrit la même chose longtemps avant moi, en 2003, au sujet de Louise Arbour, dans son livre <em>Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali</em>. Il n’a jamais été ennuyé par une poursuite. Il a plutôt été ennuyé par la diffamation de <em>La Presse</em> et de Radio-Canada à son endroit, diffamation qui a valu un <a href="http://www.conseildepresse.qc.ca/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=349&amp;Itemid=142&amp;POSTBACK=b3B0aW9uPWNvbV9jb250ZW50JnRhc2s9Y2F0ZWdvcnkmc2VjdGlvbmlkPTQmaWQ9MTMmSXRlbWlkPTE0MiZsYW5nPSZmaWx0ZXI9" target="_blank">blâme du Conseil du presse du Québec à <em>La Presse</em> et à son journaliste André Noël</a>. Cela n’a pas empêché <em>La Presse</em> de ne jamais s’excuser et de n’en subir aucune conséquence, bien entendu.</p>
<p>François a raison de dire que les médias ne sont pas capables de nous donner une vue d’ensemble juste des souffrances de l’humanité, pour qu’on n’oublie pas les uns pendant qu’on s’occupe des autres. Il ne s’agit pas de manquer de compassion pour Haïti, mais est-il normal qu’un mur d’occultation soit érigé autour des malheurs des Rwandais et des Congolais depuis près de vingt ans ? Six-millions de morts, c’est quand même toute une hécatombe, vous en conviendrez.</p>
<p>François n’approuve peut-être pas mon ton cinglant. Du moins, il ne l’emploierait pas lui-même. Pratiquement tous les Québécois d’origine rwandaise que je connais sont des gens affables, profondément imprégnés du sens de la charité et de l’amour du prochain que leur a inculqué leur pratique religieuse. Cette pratique a été encouragée entre autres par quelques généreux missionnaires québécois, comme les pères Claude Simard et Guy Pinard, eux aussi assassinés par le FPR. Je le dis sans arrière-pensée, car je suis athée.</p>
<p>Mais, même si je sais que François n’approuve pas totalement le ton, je persiste à l’employer. À l’heure actuelle, il faut que les chiens aboient parce que tout le monde dort pendant que les Rwandais et les Congolais crèvent. Et ce ne sont ni la fatalité, ni la nature qui sont la cause de ce drame.</p></div>
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		<title>Lumumba et les nègres de service</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 16:46:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>updcongo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entrevue et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Congo]]></category>
		<category><![CDATA[independance totale]]></category>
		<category><![CDATA[Lumumba]]></category>

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		<description><![CDATA[Premier Ministre Patrice Emery Lumumba

Lundi  soir (01.02.2010), sur l’initiative des étudiants Congolais de Louvain-la-Neuve, une centaine de compatriotes et quelques amis Belges ont pris d’assaut le studio 11 de cette institution universitaire pour revisiter ensemble un documentaire sur la mort de Patrice Emery Lumumba. Les temps forts de cette revisitation ont été la visualisation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000080;">Premier Ministre Patrice Emery Lumumba</span></p>
<p><img src="http://www.africatime.com/data/nouvelles/178768.jpg" border="1" alt="" align="LEFT" /></p>
<p>Lundi  soir (01.02.2010), sur l’initiative des étudiants Congolais de Louvain-la-Neuve, une centaine de compatriotes et quelques amis Belges ont pris d’assaut le studio 11 de cette institution universitaire pour revisiter ensemble un documentaire sur la mort de Patrice Emery Lumumba. Les temps forts de cette revisitation ont été la visualisation dudit documentaire, la lecture des discours tenus par le roi Baudouin, le Président Kasavubu et Patrice Emery Lumumba le 30 juin 1960, les commentaires de Ludo De Witte (auteur de L’Assassinat de Lumumba et de Tony Busselen (journaliste indépendant) ; un échange entre les Congolais et ces deux commentateurs a permis d’approfondir la question de la mort de notre héros national.<span id="more-1297"></span></p>
<p>Je reviens sur cette soirée pour une raison toute simple : l’une de nos filles présentes dans la salle et n’ayant pas vécu les événements des années 60-61 a trouvé une convergence terrible entre ce qui s’est passé à cette période de notre histoire et ce qui se passe chez nous depuis la guerre dite « de libération ». Après son constat, elle s’est exclamée : « Nous n’avons pas de chance ! » La réaction de Tony Busselen à cette exclamation a été intéressante.</p>
<p><strong><em>De la convergence</em></strong></p>
<p>Le Congo des années 60 était entre les mains des impérialistes et des esclavagistes. Il était la chasse-gardée de quelques familles bourgeoises occidentales ; il était leur poule aux œufs d’or. Ces familles auraient voulu que le pays de Patrice Emery Lumumba  ne puisse pas changer de statut et surtout pas avoir à sa tête un nationaliste, chantre de la liberté et de l’égalité et serviteur décomplexé des intérêts de ses compatriotes. Quand les colons acceptent à contre cœur  que les élections soient organisées quelques temps après la proclamation de l’indépendance officielle, ils s’arrangent pour qu’une campagne soit menée contre Patrice Emery Lumumba et sa formation politique (fragile). Ils n’avaient aucune idée du niveau de la politisation des masses populaires congolaises de l’époque. Lumumba et son parti gagneront brillamment ces élections et formeront le premier gouvernement issu des élections démocratiques. Hélas ! Ce gouvernement sera infiltré par quatre nègres de service, membres désignés de la sûreté belge. L’infiltration des agents des impérialistes dans la gestion de la chose publique chez nous n’est pas un nouveau phénomène. Après plus de trois décennie de la dictature de Mobutu soutenue par les impérialistes, l’AFDL (PPRD) et le RCD et le CNDP, agents des anglo-saxons par Kagame interposé, sont aujourd’hui dans les institutions congolaises de la Troisième république. Ils ont tué Lumumba et ses amis en 1961 ; de 1997 à 2009, ils ont tué plus de 6000.000 de Congolais par leurs nègres de service interposés.</p>
<p>Ils pillaient nos ressources du sous-sol depuis la traite négrière pour l’enrichissement de quelques familles bourgeoises, aujourd’hui, ils pillent nos matières premières stratégiques pour l’enrichissement illicite de 200 sociétés multi et transnationales ou gérées par les descendants de ces mêmes familles (avec certains hommes politiques à la retraite dans les conseils d’administration).</p>
<p>En 60, Lumumba, cet homme debout et digne était traité de communiste pour justifier la nécessité de son élimination physique ; aujourd’hui, tous les hommes et femmes qui résistent au pillage des richesses de notre pays (et les autres innocents) sont qualifiés d’aigris, de haineux, de méchants loups et sont régulièrement tués ou empoisonnés par les nègres de service, les impérialistes ayant peur d’opérer au grand jour pour éviter que leur opinion publique ne leur exige des comptes au moment opportun.</p>
<p>Le récit de la mort de Lumumba a été édulcoré pendant au moins dix ans et les médias dominants ont colporté tous les mensonges cousus de toute pièce par les impérialistes. Pendant longtemps, chez nous, la guerre d’agression des Anglo-saxons par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi interposés a d’abord été qualifiée de guerre ethnique avant que la Suède, la Norvège et la Hollande avouent officiellement que le Rwanda soutenait les rébellions au Congo pour des motifs de pillage des ressources naturelles.</p>
<p>Lumumba mort a été coupé en morceaux et sa chair aspergée d’acide sulfurique. Les résistants Congolais dans la guerre d’agression  et d’autres victimes innocentes sont coupés en morceaux, enterrés vivants ou jetés dans l’eau.</p>
<p>Au vu de toutes ces  convergences entre la période de la colonisation, des premiers jours de notre indépendance et la situation actuelle de notre pays, l’une de nos filles présentes au Studio 11 à Louvain-la-Neuve s’est écrié : « Nous n’avons pas de chance ». Cela d’autant plus que la course vers les matières premières et la compétitivité qu’elle crée risque de faire oublier (et davantage) un traitement efficace des questions liées au respect de la dignité humaine.</p>
<p><strong><em>« Nous n’avons pas de chance ?! »</em></strong></p>
<p>La réponse de Tony Busselen à cette exclamation interpelle. Pour lui, le Congo d’aujourd’hui diffère de cette d’hier parce qu’il y a des Congolais debout, décidés à lutter pour renverser la vapeur. J’ajouterai que Lumumba devenu « une idée » s’est incarné dans plusieurs de nos compatriotes. Ce sont eux qui vont provoquer la chance. La chance peut être donnée. Rarement.</p>
<p>Souvent, elle est provoquée. Elle est créée dans un environnement propice aux actions convergentes. Le fait que les étudiants Congolais de Louvain-la-Neuve ait mis la main sur des critiques occidentaux de l’impérialisme, usant à bon escient de la liberté d’expression, est un signal très fort. Il y a là comme une invitation à faire la distinction entre « le petit reste » d’Occidentaux attachés aux valeurs, les masses sous-informées par les médias dominants et les familles bourgeoises prêtes à tous les coups pour créer la richesse et faire le profit à moindre coût.</p>
<p>C’est avec ce « petit reste » qu’il faut procéder au métissage des intelligences..  Pour provoquer la chance, nous devons poursuivre le travail de politisation de nos populations en décriant les nègres de service et les médias à leur solde. D’où, nous ne le dirons jamais assez, la nécessité des médias alternatifs. Ce travail est indispensable. Il doit être abattu à temps et à contretemps par les « <strong><em>Bantu ba tshitelu</em></strong> », « les ascètes du provisoire ». Il est pénible et il peut induire le sacrifice suprême. Sans souhaiter ce dernier, nous devrions savoir que remettre en question les privilèges des impérialistes peut coûter la mort. Et « <strong><em>les Bantu ba tshitelu</em></strong> » en sont avertis.</p>
<p>Travailler en synergie en métissant les intelligences et les pratiques, en nous quittant petit à petit l’axe occidental de la mort programmée des résistants pour nous inscrire prioritairement dans le Sud-Sud  serait rentable. A terme. Tout grand changement est d’abord imperceptible, moléculaire.</p>
<p>Pour avoir eu la chance de côtoyer régulièrement mes compatriotes de la diaspora et du pays, une grande conviction a grandi en moi : le Congo sera grand, riche et prospère. Il nous reste de trop petites choses à régler : avoir, à plusieurs, le Congo à libérer des nègres de service comme dénominateur commun, politiser davantage nos masses et mettre une sourdine sur nos petites divisions pendant au moins quelques dix ans. Pourquoi ? « <strong><em>Samba udi wibaka padi tshitata, mwena mupongo udi wibaka padi diyoyi</em></strong> ». Le pouvoir ensorceleur de la bourgeoisie capitaliste mange les cœurs et les esprits là où les partisans du diable (c’est-à-dire le plus grand commun diviseur) opèrent.</p>
<p>Mais comment expliquer qu’un pays à 80% chrétien soit sous le joug de la division, du diable ? Que les prêtres et les pasteurs s’interrogent et se convertissent. Que nos masses populaires se demandent si la religion n’est pas devenue <em>l’opium du peuple</em> et qu’elles se laissent politiser tout en se convertissant aux valeurs de la vie défendues par nos ancêtres et que l’on retrouve dans l’évangile. Qu’elles deviennent capables de discerner le bon grain de l’ivraie, le discours patriotique du discours électoraliste des nègres de service, escadrons de la mort de l’impérialisme renaissant. Le reste suivra…</p>
<p>J.-P. Mbelu<strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
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		<title>Mwinyi Hamza Badjoko : « Il n’est pas acceptable que le CNDP entre au gouvernement de la République»</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 19:27:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>updcongo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse et réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue et débats]]></category>
		<category><![CDATA[cndp]]></category>
		<category><![CDATA[Congo]]></category>
		<category><![CDATA[génocide]]></category>
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		<category><![CDATA[kanambe]]></category>
		<category><![CDATA[Nkundabatware]]></category>
		<category><![CDATA[ntaganda]]></category>
		<category><![CDATA[tutsi extremists]]></category>

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		<description><![CDATA[ Le Potentiel s’est, une fois de plus, entretenu avec Mwinyi Hamza Badjoko, homme politique congolais, membre de l’opposition non institutionnelle. Il s’inscrit en faux contre l’entrée des membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) dans le gouvernement central. Il donne, ci-dessous, les raisons de sa position. Pour lui, intégrer le CNDP [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong></strong><a href="http://www.rfi.fr/contenu/20100114-report-proces-laurent-nkunda" target="Centre"> <img src="http://www.africatime.com/data/nouvelles/t_178774.JPG" border="0" alt="" align="left" /></a>Le Potentiel s’est, une fois de plus, entretenu avec Mwinyi Hamza Badjoko, homme politique congolais, membre de l’opposition non institutionnelle. Il s’inscrit en faux contre l’entrée des membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) dans le gouvernement central. Il donne, ci-dessous, les raisons de sa position. Pour lui, intégrer le CNDP dans l’équipe gouvernementale, c’est cracher sur la Constitution. En outre, il fustige notamment le rôle que joue la communauté internationale sur la scène politique congolaise. <span id="more-1258"></span><span style="color: #ff0000;"><strong>Les négociations sur l’entrée du CNDP au gouvernement ont repris. C’est l’aspect politique. Il est également question de revoir les grades et d’amnistier certains rebelles. Que vous inspirent ces négociations ?</strong></span></p>
<p>Je pense que la difficulté qu’il y a dans cette approche est que nous sommes dans un processus ordinaire. La période ordinaire signifie que nous sommes régis par une Constitution qui règle les institutions et les modalités d’accession au pouvoir en tant que député national, provincial, sénateur et président de la République… ainsi que la période de leur mandat. La Constitution ne prévoit à aucun moment qu’il y aura un groupe de gens qui prendra les armes et puis, serait entré dans un gouvernement. C’est déjà anti-constitutionnel. Cette démarche peut fonctionner dans une période de transition, une période de compromis politique entre la classe politique au détriment du peuple. C’est cela le principe de la transition : une période de compromis entre les forces politiques en présence pour sortir de cette période où le peuple, détenteur du pouvoir, est relégué au silence. Je crois que vous avez vu ce qui s’est passé en 2006. C’était la période où il y a eu des élections auxquelles nous n’avons pas pris part, mais sans pour autant que nous n’ayons pris les armes. Durant cette période, le peuple a désigné ses mandataires. Aujourd’hui, ces mandataires ne peuvent à aucun moment faire accepter des gens qui ont remis en cause cette Constitution par la prise des armes pour accéder au pouvoir. Ce qui fait qu’il y a violation de la Constitution pour la énième fois. Il n’est pas acceptable que le CNDP entre au gouvernement de la République.</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Il n’y a pas seulement au gouvernement mais aussi dans l’armée…Peut-on dire, aujourd’hui, que les bandits peuvent prendre les armes comme à Dongo et qu’on peut ensuite les intégrer facilement au gouvernement ? Cette intégration est-elle imposée par la communauté internationale? </span><br />
</strong><br />
Non. Vous venez de soulever une exception intéressante. Celle de Dongo à l’Equateur. Est-ce qu’on a demandé aux gens qui ont pris les armes à Dongo d’entrer au gouvernement ? Non. A ma connaissance, on a arrêté un certain Firmin Yangambi avec Eric Kikunda à Kisangani. Ils ont été transférés devant la Haute Cour militaire. Ils sont à Makala parce qu’on a trouvé sur eux, semble-t-il, des armes de guerre et qu’ils seraient en préparation d’une rébellion tandis que le CNDP fait l’objet d’une négociation. Cela n’est pas compréhensible. C’est là, la difficulté de ces deux poids, deux mesures. Quelle est cette partie de la communauté internationale qui n’aime pas le Congo et impose cette démarche. Cela fait 20 ans que je fais la politique, et nous essayons de nous battre dans ce pays pour mettre en place un Etat de droit. C’est la même communauté internationale qui avait assassiné Patrice Emery Lumumba, en même temps assassiné la démocratie en 1960 et mis en place Mobutu. Et c’est la même communauté internationale qui s’est organisée pour faire partir Mobutu en armant des rébellions. La même communauté internationale a fait aussi la guerre au successeur de Mobutu, L.D Kabila. Et toujours, c’est la même communauté internationale qui demande de faire la paix, et est en train d’exiger aujourd’hui des négociations entre la rébellion et le gouvernement. C’est fini, les Congolais doivent prendre leurs responsabilités.</p>
<p>Par ailleurs, dans cette équipe du CNDP, vous aviez Nkundabatware qui était dans le même groupe. Celui-là s’est réfugié au Rwanda et ce pays ne veut même pas le transférer en RDC. il semblerait qu’il a dû retrouver sa nationalité rwandaise. Donc, nous n’avons pas une double nationalité, on a qu’une seule nationalité. Ce qui signifie que cela pose déjà des problèmes. Au sein du CNDP, parmi eux, il y a des gens qui sont recherchés par cette même communauté internationale pour qu’ils se présente devant la CPI. Comment donc cette même communauté internationale va-t-elle demander au gouvernement congolais d’intégrer des gens qui font l’objet des poursuites judiciaires. Le gouvernement congolais doit prendre ses responsabilités vis-à-vis de cette situation.</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Hier, c’était le RCD. On avait dit que, pour mettre fin à la guerre, il faut intégrer le RCD dans le gouvernement. Le RCD est entré mais il y a eu encore une rébellion avec le CNDP. Est-ce que ce n’est pas une façon pour le Rwanda de pousser ses pions au sein du gouvernement congolais pour mieux contrôler ce qui se passe en RDC ? </span><br />
</strong><br />
C’est ce que je suis en train de dire, le gouvernement congolais doit employer son pouvoir régalien. Quand il y a eu des manifestations de résistance dans le Bas-Congo avec Bundu dia Kongo, qu’est-ce qu’il y a eu ? Ils ont réprimé et il y a eu des morts.</p>
<p>Et puis, on n’a plus parlé de rébellion et c’était terminé. Et comme on l’a indiqué ci-haut, concernant Dongo à l’Equateur, le gouvernement a envoyé ses troupes pour mettre fin à cette insurrection sans pour autant intégrer ces gens là dans le gouvernement. Mais pourquoi quand il s’agit du RCD, du CNDP, ou toute autre rébellion venant de l’Est et soutenue par le Rwanda, le gouvernement de la République doit négocier avec ?</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Peut-on dire qu’on prend les Congolais pour des idiots ? </span><br />
</strong><br />
Non, cela veut dire que le pouvoir en place n’arrive pas à faire face à ce qui vient du Rwanda. Il y a un problème sérieux entre le pouvoir de Kinshasa et la République rwandaise.</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Ce n’est pas le pouvoir en place, c’est la communauté internationale qui nous impose cela&#8230;</span><br />
</strong><br />
Comment la communauté internationale va-t-elle continuer toujours à imposer à un gouvernement élu du peuple ? C’est cela le vrai problème. Ou alors, il faut s’assumer par rapport aux élections. Le jeu électoral n’est pas simple. C’est la légitimité. C’est pour cette raison que la communauté internationale veut toujours manipulée des élections pour que les dirigeants issus de ces élections n’aient pas la légitimité du peuple. Afin de rendre des comptes à ces puissances qui les ont soutenues. Les Congolais ne vont plus accepter cela. Il n’est acceptable que le CNDP entre dans un gouvernement. Pour être membre du gouvernement congolais, il faut être issu des élections. Nous n’avons pas participé aux élections et nous ne pouvons demander d’intégrer le gouvernement. Cela ne veut dire que nous sommes incapables de faire une rébellion. C’est parce que nous avons toujours dit dans ce pays, il faut accéder au pouvoir par des voies électorales. Il ne faut plus considérer cela comme de la faiblesse. N’oubliez surtout pas que, dans ce pays, nos aïeux se sont battus pour mettre en place ce pays depuis des siècles. Et si nous nous mettons effectivement à réclamer cette légitimité par la voie des urnes parce que nous voulons l’équilibre, la stabilité et l’organisation de ce pays. Par contre, cette communauté internationale doit comprendre que l’histoire du Congo est très têtue. Depuis des années, lorsque les Congolais en ont marre, on ne s’en rend même pas compte. Et quand cela prend des allures où l’on s’attend le moins, c’est à ce moment là que les Congolais expriment leur mécontentement.</p>
<p>C’est pour dire qu’il ne faut pas que le gouvernement accepte le diktat de la communauté internationale selon lequel les bandits du CNDP, qui ont tué 4 ou 5 millions de personnes, accèdent au pouvoir&#8230;</p>
<p>Le gouvernement ne doit non seulement accepter ce diktat mais il doit transférer ces bandits devant les cours et tribunaux afin de les juger. Comme il l’a fait avec Firmin Yangambi et consorts, il doit faire de même avec les gens du CNDP qui doivent être jugés.</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Mais le CNDP a le soutien de la communauté internationale et les Anglo-saxons sont derrière…</span><br />
</strong><br />
Il y a des tribunaux au Congo. Si le gouvernement décide aujourd’hui de les juger, les Anglo-saxons ne viendront pas au Congo pour empêcher ce jugement.</p>
<p>Une fois jugés, vous entendrez des gens comme des Nkunda et Mutebusi reprendre les armes…</p>
<p>C’est encore plus grave. Cela veut dire que Nkunda, Mutebusi, Ntanganda et consorts sont au service des pays tiers contre leur propre pays qui est le Congo. Ainsi, nous saurons exactement qui se cache derrière cette guerre imposée au peuple congolais. C’est tellement grave car les valeurs défendues par cette communauté internationale dans leurs propres pays sont piétinées ailleurs. Est-ce que cette communauté internationale prône les valeurs libérales et démocratiques peuvent-elles être prises comme modèles par nos pays ? Et enseignées dans nos écoles ? Car aux Etats-Unis, eu Royaume-uni, en France, en Allemagne…, un citoyen ou un groupe des citoyens qui prendraient des armes contre les institutions établies de leurs est considéré comme un terroriste et est transférable devant les cours et tribunaux.</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">C’est-à-dire que nous nous trahissons nous-mêmes ? </span><br />
</strong><br />
Regardes ce qui se passe à Guantanamo, ils ne sont mêmes pas des américains mais parce qu’ils ont participé dans les attentats du 11 septembre 2001, ils sont jugés parce qu’ils porté atteinte à la sécurité des Etats-Unis. Cette fois-ci les gens du CNDP, ils ont porté atteinte à la souveraineté du Congo, ils ont massacré des congolaises et des Congolais et d’autant plus que le gouvernement américain a reconnu qu’il y avait génocide et crimes de guerre au Congo, de 5.400.000 morts, et a apporté son soutien à la mise en place d’un tribunal spécial pour le Congo pour juger tous les crimes de génocide, et de crimes de guerres, violations des femmes et des enfants soldats. ces gens là, c’est-à-dire le CNDP, leur place n’est pas dans un gouvernement de la République mais devant les cours et tribunaux de la RDC et de la communauté internationale. Et maintenant, nous attendons du gouvernement congolais, l’ouverture de ce procès, nous saurons qui sont derrière toutes ces rébellions. Nous demandons au gouvernement congolais de prendre ses responsabilités devant le peuple congolais. On ne peut plus continuer comme ça et vous avez vu les images d’atrocités, d’horreur montrées dans plusieurs chaînes de télévisions internationales ?</p>
<p>Par exemple, les massacres de Kiwandja…</p>
<p>Et, ce sont ces hommes là qui veulent nous gouverner ?</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Mais l’on vous demande d’oublier…</span><br />
</strong><br />
On ne peut pas oublier. Pourquoi les juifs n’ont jamais oublié leur extermination par les Allemands ? De même avec le génocide tutsi, on le commémore. Pourquoi le Rwanda n’oublie pas ses 800 mille morts Tutsi ? Donc, les Congolais n’ont pas de mémoire? C’est-à-dire tous ceux qui ne se rappellent pas de leur histoire, sont appelés à disparaître. Savez-vous la différence entre l’être humain et l’animal ? L’ animal reproduit tous les exercices et mouvements que fait l’être humain. Et la seule chose que l’animal n’arrive pas encore à faire, c’est d’avoir une histoire. Alors, tout homme qui n’a pas d’histoire et qui n’écrit pas son histoire est un animal. Alors, si on nous demande d’oublier, c’est que ces puissances étrangères nous assimilent aux animaux. Ce qui n’est pas acceptable. Le CNDP doit être jugé. Et il est déjà dit qu’un tribunal spécial doit être créé pour le Congo au sujet des crimes contre l’humanité et crimes de guerres commis dans ce pays. Si le gouvernement actuel n’est pas à mesure de le faire, nos enfants et petits-enfants le feront un jour. C’est pour vous dire qu’on ne joue pas comme cela avec l’histoire de l’humanité parce qu’un peuple a une mémoire collective.</p>
<p>Ne trouvez-vous pas une contradiction ou un certain lien entre les 12 mille soi-disant réfugiés congolais rentrés par force sans l’accord de l’Etat congolais et le HCR. Aujourd’hui, le CNDP se présente …</p>
<p>Le gouvernement congolais avait dit, par la bouche de son porte-parole, qu’il allait les recenser, les désarmer. Et nous attendons jusqu’à présent. Vous vous rappelez que c’est pour cette raison qu’on demandait le recensement, l’identification, les cartes d’identités des Congolais. Mais on traîne les pieds parce ce qu’il y a un groupe de néo-colonialistes-néo-libéraux qui continuent à penser que nous sommes le centre des ressources naturelles, des matières premières, que nous sommes considérés comme une réserve de l’Humanité et que c’est au Congo qu’on doit venir tout retirer. Pour cela, on n’a pas droit à l’histoire, à la vie. Nos enfants et petits enfants n’ont pas droit à l’existence. Cela doit s’arrêter. Nous sommes tous entrés dans la mondialisation. Aussi nous-devons intégrer toutes les valeurs de cette globalisation par rapport aux enjeux de l’Humanité.</p>
<p>Par ailleurs, pour ces réfugiés, il semble qu’ils sont entrés armés. Ce n’est pas acceptable. On a arrêté Yangambi Firmin et compagnie pour détention illégale d’armes. Mais pourquoi le gouvernement ne réagit-il pas par rapport à ces 12 mille réfugiés armés ?</p>
<p>Certains acteurs politiques relèvent que, depuis l’entrée du RCD au gouvernement, l’armement de cet ex-mouvement rebelle n’a jamais été remis à l’armée nationale. Est-ce que toutes les armes du CNDP ont-elles été récupérées ? Mais pourquoi ces rebellions ne veulent pas remettre leurs armes à l’Etat congolais ?</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Où se trouvent ces armes ? </span><br />
</strong><br />
Elles se trouvent toujours à l’Est.</p>
<p>Où exactement ? Mais l’Etat congolais qui a la responsabilité de la gestion de la République doit nous dire où se trouvent entreposées ces armes. Le RCD et le CNDP doivent le déclarer. Je pense qu’il y a un parlement dans ce pays qui a d’ailleurs deux chambres. L’assemblée nationale et le sénat doivent interpeller le gouvernement par rapport à cette question.</p>
<p>On doit savoir où se trouvent ces armes et les récupérer. Nous ne devons plus être l’objet d’expérimentation de modification de l’Afrique pour des intérêts inavoués des puissances obscures. Non. Nous ne devons plus accepter vivre sous la botte des gens qui sont dans les salons climatisés et dont les enfants étudient dans de bonnes écoles, grandissent normalement en comparaison aux nôtres qui sont dans des situations pitoyables, lamentables et dramatiques.</p>
<p>Regardez ce qui se passe dans le domaine des transports, aujourd’hui à Kinshasa, c’est la calamité et la morosité totales. Tandis qu’à Paris, Londres et Washington ou ailleurs, c’est l’euphorie totale, surtout pendant les fêtes de fin d’année. C’est pour dire que les Congolais ont aussi le droit de vivre normalement comme tout le monde. Et c’est au gouvernement congolais de prendre ses responsabilités et sinon au peuple congolais de prendre acte que le gouvernement n’est pas capable d’assurer son bonheur.</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Connaissez-vous Mutebusi ? </span><br />
</strong><br />
J’en avais entendu parler.</p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Où est-il ? </span><br />
</strong><br />
Je crois qu’il est au Rwanda.<br />
<span style="color: #ff0000;"><br />
</span> <strong><span style="color: #ff0000;">N’êtes-vous pas sûr ? Pourquoi Mutebusi et Nkundabatware ne sont pas poursuivis, eux qui ont fait un assaut sur Bukavu et Goma ? </span><br />
</strong><br />
C’est tout simplement à cause de la fragilité du gouvernement congolais. Est-ce possible qu’à chaque fois qu’on attaque le Congo à l’Est par une rébellion soutenue, armée et financée par le Rwanda, le gouvernement congolais ne réagit pas de la même façon qu’il l’a fait au Bas-congo concernant Bundu dia Kongo, et à l’Equateur, récemment, pour les insurgés de Dongo ! C’est une responsabilité qui incombe au gouvernement de la République. Je crois plus à la capacité de l’armée congolaise car je connais bien l’histoire de cette armée depuis sa création. Mise dans des conditions optimales, cette armée est capable de hauts faits d’armes.</p>
<p>Ne trouvez-vous pas contradictoire le fait que la communauté internationale veuille que le Rwanda ait une armée forte et qu’au même moment elle ne veut pas que le Congo se dote d’une armée forte ? On nous demande le mixage, le brassage pour nous infiltrer. Faut-il encore faire confiance à tout ce qui vient de l’extérieur ?</p>
<p>L’histoire de notre pays nous démontre que quand les Congolais veulent vraiment résoudre leurs problèmes, ils arrivent à le faire. Si la communauté internationale apprend qu’au Congo les choses se règlent d’une façon spontanée, elle intervient toujours pour créer un nouveau conflit. La communauté internationale s’inscrit dans une démarche fausse depuis l’indépendance du Congo car cette démarche a été toujours rejetée par le peuple congolais. La communauté internationale à tout faux.</p>
<p>Un exemple : Mobutu était très fort. Mais quand la population s’est décidée en 1990 de se mettre debout contre lui, il s’est retrouvé à Gbadolité. Il a fui Kinshasa. C‘est ça qui a ouvert la voie de la victoire de la rébellion d’octobre 1996. Mais le peuple congolais ne pensait pas que, derrière cette rébellion, il y avait des agendas cachés pour la fragilisation de l’armée, la balkanisation du pays et la dissolution de l’Etat congolais. Le peuple congolais croit à la démocratie, à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale, à la souveraineté nationale, héritage légué par les pères de l’indépendance. Jouer avec ces valeurs, c’est la haute trahison envers la République et les pionniers de l’indépendance.</p>
<p>Par <strong><span style="color: #000080;">Freddy mulumba kabuayi</span></strong><br />
(<strong>Le Potentiel</strong> 15/01/2010)</p>
<p>© Copyright Le Potentiel</p>
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		<title>Roland Lumumba : le Congo, les assassins de mon père et moi</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jan 2010 19:15:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>updcongo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entrevue et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Congo]]></category>
		<category><![CDATA[Patrice Lumumba]]></category>
		<category><![CDATA[Roland Lumumba]]></category>

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		<description><![CDATA[François Lumumba et Laurent Lumumba, fils de notre Héros National Patrice Lumumba, fustigent le manque d&#8217;un vrai leadership en RDC (C&#8217;est comme s&#8217;ils disaient que Karel de Gucht a parfois raison mais c&#8217;est sa méthode de dire les choses qui n&#8217;est pas appropriée). &#8220;Les dirigeants Congolais ne sont là que pour s&#8217;enrichir, ils ne sont pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>François Lumumba et Laurent Lumumba, fils de notre Héros National Patrice Lumumba, fustigent le manque d&#8217;un vrai leadership en RDC (C&#8217;est comme s&#8217;ils disaient que Karel de Gucht a parfois raison mais c&#8217;est sa méthode de dire les choses qui n&#8217;est pas appropriée). &#8220;Les dirigeants Congolais ne sont là que pour s&#8217;enrichir, ils ne sont pas la pour le peuple Congolais, c&#8217;est l&#8217;argent qui les fait courir, comme François Lumumba, leader du MNC-L vient de le déclarer dans une interview accordée à Christian Science Monitor le 12 janvier 2010: <span id="more-1254"></span></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong>Roland Lumumba: &#8220;Cela s’appellerait haute trahison. La terre que Kabila cède [aux Tutsi] appartient au pays, à des populations, pas aux dirigeants.&#8221;</strong></span></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Que vient faire Roland Lumumba au Cameroun ?</p>
<p>Je viens pour une raison simple, une raison familiale. Ma femme depuis l’année dernière travaille au Cameroun. Je viens lui rendre visite et aux enfants et en profiter pour connaitre le Cameroun où je n’étais jamais venu malgré mes multiples voyages à l’étranger. Les échanges entre nous Africains ne sont pas toujours faciles surtout en Afrique centrale. Quand je suis en Afrique de l’Ouest, tout le monde va chez tout le monde. Pour aller au Nigeria, en Côte d’Ivoire, tu sautes dans ta voiture et tu y es. Mais dans notre zone, c’est un peu difficile. Il faut que les populations, la société civile, les hommes d’affaires se mobilisent pour faciliter cet échange entre nous.</p>
<p><strong>Qu’avez-vous éprouvé en rentrant au Congo trente et un ans après l’assassinat de votre père ?</strong></p>
<p>D’abord je vous remercie pour cet accueil. A travers vous, je peux féliciter tous les Camerounais qui sont les premiers à passer au cinquantenaire des indépendances. Mes félicitations vont également aux Lions Indomptables qui vont participer dans quelques jours à la Coupe d’Afrique des nations en Angola. Je leur dis bon vent. Pour revenir à votre question, durant les trente un ans passés en exil, on a été d’abord accueillis par le président Gamal Abdel Nasser (ensuite Sadate et Moubarak) en Egypte où j’ai vécu pendant dix huit ans. Mes frères et sœurs y ont vécu quant à eux entre  une dizaine d’années et 34 ans. Après, je suis allé à Paris pour poursuivre mes études d’architecture. Après les études, entre le travail et les tentatives de rapprochement du régime de l’exilé politique que j’étais. Après si longtemps, on essayait de sensibiliser les uns et les autres à l’étranger que la vision est différente. Il y avait de l’amertume et de la tristesse. On voyage beaucoup lorsqu’on est exilé. Nous avons été bien accueillis par beaucoup de présidents comme Sékou Touré (Guinée-Conakry) Nasser, Sadate et Moubarak etc. Beaucoup de chefs d’Etat ont essayé de nous soutenir pendant ce long exil et après on est entré en contact avec le colonel Kadhafi qui a des idées qui concordent avec celles défendues par mon père, Kwamè N’krumah, Modibo Keita, Nasser, etc.</p>
<p>C’est la joie à l’arrivée au bercail de retrouver une famille que je ne connaissais qu’à travers les lettres, il n’y avait pas d’Internet avant. J’ai retrouvé des personnes tout à fait différentes à part les quelques unes que j’ai  pu  croiser en Europe. J’étais un peu privilégié. Souvent, il m’arrive de penser qu’à quelque chose malheur est bon. Rien ne se fait au hasard. Je considère qu’on avait une part de responsabilité à construire ou à reconstruire notre pays. Cette déconfiture qu’on a trouvée au pays, c’était pour dire que ce que tu n’as pas pu faire ailleurs puisque tu n’étais pas chez toi, voila l’occasion qui t’est offerte.</p>
<p><strong>Quels sentiments vous avez nourri à l’endroit des gens comme Kasavubu, Tshombé et Mobutu, présentés comme la main ayant servi à éliminer votre père ?</strong></p>
<p>Avec du recul, au niveau spirituel, je pense que Lumumba était un homme qui avait une mission. Il l’a accomplie, il se définissait lui-même en tant qu’idée, en disant <em>« Je n’ai pas de père, je n’ai pas de mère. Je n’ai pas de tribu, je n’ai pas de religion. Je suis une idée, le Congo m’a façonné et je chercherai à mon tour à le façonner »</em>. Il est passé. Mais ça n’empêche pas qu’il reste biologiquement mon père même si je peux parler de lui avec détachement. La seule des personnes dont vous parlez que j’ai trouvée vivante à cette époque, c’était Mobutu, les deux autres étaient déjà mortes. On ne s’en prend pas aux morts au risque de continuer de vivre dans l’amertume.</p>
<p>Par rapport à Mobutu, c’est quelqu’un contre qui j’ai un jugement sévère car j’estime qu’il y a certains dictateurs qui ont pu faire quelque chose pour leur pays. J’essaie de lui trouver des excuses : il essayait sans doute d’accéder au pouvoir mais qu’en a-t-il fait pour ce pays qui lui a tout donné ? Rien. Ce que je trouve encore plus désolant, ce sont ces gens qui se revendiquent aujourd’hui de lui. Lui au moins défendait son existence. Qu’est-ce qu’ils défendent eux ? J’attends la réponse depuis.</p>
<p><strong>Parlant justement de l’héritage de votre père, on n’entend pas trop parler de vous dans le paysage politique congolais ? Avez-vous abandonné le combat sinon comment faites-vous pour perpétuer sa mémoire ?</strong></p>
<p>Je ne crois pas qu’on a abandonné quoi que ce soit. Nous sommes quatre frères et sœur : François Lumumba, l’ainé dirige l’ancien parti de notre père le Mouvement nationaliste congolais Lumumba (MNCL); le deuxième, Patrice fait carrière dans l’administration ; La fille, Juliana, a été pendant quatre ans ministre de Kabila père et de Kabila fils et est aujourd’hui secrétaire générale de la Chambre de commerce de l’Union africaine au Caire en Egypte; quant à moi, j’ai été député pendant une dizaine d’années. Par ailleurs, on a créé la Fondation Patrice Emery Lumumba démocratie et développement. Dans sa dernière lettre adressée à notre mère, lettre considérée comme son testament politique, Lumumba lui-même disait : <em>« A mes enfants que je ne reverrai peut-être plus, j’aimerai qu’on leur dise que l’avenir du Congo est beau et j’attends d’eux, comme j’attends de chaque Congolais, l’accomplissement de leur devoir sacré »</em>. Ça voulait tout dire : si tu es charpentier, tu peux servir ton pays en restant charpentier et en exerçant ton métier au mieux. C’est vrai que dans les pays du tiers monde, la politique est considérée parmi les secteurs qui amènent le changement plus rapidement, mais ce n’est pas la seule voie. Trois de nous l’ont faite. Mais nous refusons de faire la politique spectacle. Non, nous n’avons pas abandonné le combat ! Certes, nous faisons face à l’adversité, mais nos détracteurs ne peuvent agir à visage découvert car Lumumba est devenu une icône, une légende pour le continent. Il figure parmi la liste des cent personnes qui ont marqué l’Afrique pendant le XXè siècle. A l’intérieur du pays quand quelqu’un est contre Lumumba, il n’ose pas le dire à haute voix, il ne peut qu’user de son pouvoir s’il en a un.</p>
<p><strong>Quels sont aujourd’hui vos rapports avec la Belgique, la puissance colonisatrice au moment de ce triste événement ?</strong></p>
<p>La Belgique a joué un très mauvais rôle dans ce triste épisode de l’histoire de mon pays. Une enquête parlementaire a été ouverte dans ce pays pour montrer l’implication de l’Etat belge dans l’assassinat de Lumumba et le résultat de cette enquête a parfaitement établi sa responsabilité. Et le pays a présenté des excuses officielles à la famille Lumumba et s’est engagé à aider au financement de la Fondation Lumumba à hauteur d’un  certain montant. Encore une fois, les dirigeants de la Belgique n’ont pas honoré leurs engagements depuis 2002. Je profite de cette tribune pour dire que nous n’avons rien obtenu. Dans un proche avenir, nous allons  chercher des voies et moyens pour que justice soit faite. Quand les Européens sont affectés, ils font tout pour que le préjudice soit réparé. L’Allemagne paie toujours la facture de la guerre mondiale. Il y a même l’exemple de la Libye avec l’attentat de Lockerbie. On mène un combat contre un pays et ce n’est pas normal que nous les Africains soyons réduits au simple statut de spectateurs. Je ne le dis pas parce que je suis un fils Lumumba mais à travers le monde, il y a des millions de fils spirituels de Lumumba car ce combat n’est pas seulement celui des fils biologiques de Lumumba. S’il y a des Camerounais et des Africains qui veulent s’engager, allons-y ensemble. Ensemble, nous vaincrons.</p>
<p><strong>Parlons maintenant du Congo, votre pays. De l’extérieur on a l’impression qu’il n’y a pas un seul quartier au Congo qui ne soit en guerre. Quelle est la situation réelle et selon vous qu’est-ce-qui justifie cela ? Est-ce une guerre menée par des étrangers qui convoitent les richesses du Congo ? La</strong><em><strong> </strong></em><strong>cohabitation entre les différentes ethnies est-elle possible ?</strong></p>
<p>Je crois que dans chaque groupe humain, il y a toujours des problèmes. Entre les Bamilékés et les Bassa, c’est un exemple que je prends au Cameroun, il se peut qu’il y ait des tiraillements. Dans un pays comme le Congo qui est quatre fois et demi plus grand que la France, il ne saurait en être autrement parce que c’est comme ça la vie mais est-ce qu’entre nous les problèmes se résument à se tuer comme à l’Est du pays où se concentre l’essentiel des conflits ?</p>
<p>Le Congo est un pays très riche. C’est notre grand malheur. Quel est le minerai qui n’existe pas au Congo ? L’or, le diamant, le coton, le pétrole, le cobalt, l’uranium (qui sert à faire des bombes), tout y est. L’agriculture prospère avec un vaste territoire ; nous avons de l’eau partout et en abondance (c’est le premier potentiel hydroélectrique d’Afrique), comme vous le savez, le combat de demain sera celui de l’eau.</p>
<p>Or, certains pensent que le Congo ne devrait pas avoir toutes ces richesses pour lui seul. Si on ne se laissait pas manipuler… Car là est le nœud de tous ces conflits. Dès qu’on arrête un général rebelle, un autre nait immédiatement. Ça veut dire que les belligérants se fabriquent. Quand Kagame s’est mis d’accord avec Kabila, quarante huit heures après, même pas une semaine, Laurent Nkunda était mis en résidence surveillée. Qu’est-ce que ça veut dire ? Essayez de réfléchir. Si on tombe en désaccord, on va trouver un autre Nkunda en Equateur, au Kasai où que sais-je encore.<em><strong> </strong></em></p>
<p><em><strong> </strong></em><strong>Vous ne pensez pas nécessairement aux puissances étrangères lorsque vous dites qu’il y a des gens qui lorgnent vos richesses…</strong></p>
<p>Les pays voisins sont souvent appuyés par qui ? Le Rwanda effectivement a des problèmes de terre. La plus grande concentration au kilomètre carré, c’est au Rwanda : plus de trois cent personnes au kilomètre carré. Ils sont essentiellement éleveurs et agriculteurs, deux métiers qui demandent de la terre. S’ils sont aidés par des grandes puissances pour résoudre leurs problèmes, ils aident ces grands là à résoudre beaucoup d’autres problèmes. C’est logique. « It’s businness » sur le dos du Congo.</p>
<p><strong>Vous ne pensez pas qu’en négociant entre voisins pour une meilleure répartition des terres, le Congo pourrait éviter ce genre d’ingérence de l’extérieur qui consiste à dresser un pays voisin contre un autre ? Imaginons que les gouvernements de Kagamé et Kabila se mettent sur une table pour que le Congo cède des terres aux Rwandais… </strong></p>
<p>Cela s’appellerait haute trahison. La terre que Kabila cède appartient au pays, à des populations, pas aux dirigeants. Le Congo c’est comme le Cameroun. Essayons de faciliter aux lecteurs la compréhension de la proposition que vous venez de faire. Un territoire à côté du Tchad est cédé aux populations tchadiennes pour contenter les dirigeants des deux pays. Cela n’a pas de sens puisque ces terres appartiennent à des populations précises, Arabes choas, Peuls ou Bororos, etc. Non, il n’appartient pas aux dirigeants de disposer à leur guise des terres des communautés. Après les indépendances, il y a eu un découpage, peut-être arbitraire, malheureusement, c’est devenu notre référence. Je suis d’accord qu’il faut trouver une solution mais pas celle que vous suggérez car personne ne peut accepter même si cela est fait pour l’intérêt supérieur de la nation car les ressortissants des régions ainsi cédées ne l’accepterons pas aussi facilement et on risquerait de se retrouver dans une spirale. Il faut trouver des solutions et il faut que celles-ci soient africaines. Des solutions qu’on trouve à Paris ou à Washington n’ont souvent aucune emprise sur les réalités locales. Pour eux, nous ne sommes que des  pions sur un échiquier. Ils diront que ces Noirs là, pourquoi veulent-ils s’entretuer ? Il suffit de couper un peu ici et donner là-bas. Facile, trop facile.</p>
<p><strong>Est-ce que les frontières qui coupent un même peuple en deux ou trois parties, donc artificielles, ne peuvent être ignorées…</strong></p>
<p><strong> </strong>Je crois que vous faites des propositions auxquelles j’adhère, pas seulement par héritage. On cite aujourd’hui les Nasser, N’krumah, etc., en exemple. C’est qu’il n’y a plus de place pour les petits ensembles. Les Français qu’on regardait comme des dieux il n’y a pas très longtemps ont été obligés de s’unir à l’Allemagne, l’ennemi d’hier et à d’autres pays européens pour faire face à l’invasion asiatique et aux Américains. Et nous autres Africains alors ? Quelle place aurons-nous face à ceux qui étaient encore nos maîtres il y a cinquante ans ? On fête aujourd’hui cinquante ans qui ne représentent rien dans la vie d’un peuple. Beaucoup parmi nous ont vécu cela. Nos maîtres d’hier, nos Dieux pour les uns, c’est la France, pour les autres le Portugal, l’Angleterre, etc. Ils n’arrivent pas à s’en sortir seuls. Le Congo, le Cameroun, le Rwanda, et les autres veulent se compliquer la tâche pour avoir un petit visa comme si on allait au paradis. Pour vendre sa marchandise à un pays voisin, il faut d’abord qu’elle pourrisse au port ou à l’aéroport. Il faut dépasser ces barrières inutiles. Que font les voisins? Cette mondialisation, on dit qu’elle a été faite contre nous à cause des accords qu’on a signés. La primauté des produits français dans les échanges. Qu’est-ce que l’Afrique échange ? Rien. Parmi les pays qui essaient de faire des efforts, il y a déjà le Cameroun qui refuse d’exporter le bois brut, mais est-ce suffisant sur l’échiquier mondial ? Non.</p>
<p><strong> Quelle est dans ce cas, la symbolique que revêt pour vous la célébration du cinquantenaire des indépendances en Afrique ?</strong></p>
<p>Il faut aller vers l’essentiel. La célébration, c’est quoi ? Qu’est-ce qu’on fera cette année et que fera-t-on l’année prochaine ? Il faut penser les choses en profondeur. Quels échanges pouvons-nous avoir avec l’Union européenne, ne parlons plus de la France ? Les Européens parlent Europe et les Africains continuent à parler de pays, de villages, de tribus, d’ethnies, etc. Arrêtons ça, vous voyez comme on est petits et vulnérables ? On continue de parler de France. C’est un déphasage complet qui honore la France seule pendant qu’elle-même s’est effacée en faveur de la Grande Europe. Réveillons-nous, le train a démarré ! Halte au problème de leadership en Afrique. <em>« Ce Kadhafi-là même vaut quoi, entend-on ci et là ? Son pays n’a que cinq millions d’habitants, il ne peut pas nous diriger tous. »</em> Pourtant, le fait est là, il s’est investi pour penser, il a mis la main à la poche. Ne critiquez pas si vous n’avez rien à proposer. Formez un autre groupe si vous voulez mais allez toujours dans le sens positif. Seul celui qui ne fait rien ne se trompe pas. Si on ne pense pas union, on ne pense pas ensemble, tant que je serai emmerdé dans l’obtention d’un visa pour arriver chez vous et que je vous rende la pareille quand vous viendrez à Kinshasa ou Malabo, on ne va pas avancer. Un homme d’affaires européen n’a qu’à se rendre à l’aéroport, il voit l’avion prêt à partir et se déplace à sa guise. Mais si ce sont nos milliardaires d’ici, ils vont se faire  emmerder à l’aéroport, chez eux en Afrique !</p>
<p><strong>Revenons aux conflits qu’il y a en RDC. Il y a un ancien ministre Congolais qui de passage au Cameroun avait dit que les rebelles sont des vermines qu’il faut broyer. </strong></p>
<p>Je ne peux pas suivre ses écarts de langage. Je suis parfaitement au courant qu’il a tenu ces propos et des propos plus durs que ça que je me réserve le droit de prononcer. C’est une tactique, quand tu es en guerre, il faut tenir des propos populistes pour rassembler les gens. Je n’y adhère pas mais j’explique seulement car je ne suis pas son avocat. Je suis pour qu’on ne s’entretue pas. Parce que la violence engendre la violence. Aujourd’hui, il y a à l’Est de la RDC cinq millions de compatriotes morts. Cinq fois la population du Gabon, c’est la population de la Libye. C’est énorme. Au lieu de prendre les armes, il faut discuter. Il y a des lois dures chez nous. La loi du sol n’existe pas au Congo, pour acquérir la nationalité, il faut en faire la demande. Aujourd’hui, il faut peut-être se pencher sur le cas des gens qui ont déjà fait quarante ans sur le sol congolais. Quel statut pour eux ? Mais tout ça ressemble à de la manipulation. Beaucoup de ces gens ont été dans le premier parlement, dans le gouvernement de mon père. Il y a des réalités dont on sert pour faire de l’amalgame. Mais il s’agit d’un problème réel qui doit être résolu politiquement et sociologiquement mas il ne faut pas s’en prendre aux personnes vulnérables qu’on pousse dans les bras de l’autre ou bien que l’autre essaie de le manipuler.</p>
<p><em><strong> </strong></em><strong>Si on comprend bien, le Congo a aujourd’hui un problème de statut civique des populations, un problème de nationalité ?</strong></p>
<p>Il y a un problème de nationalité, oui. Même parmi les hommes politiques en vue<strong>. </strong>Notamment ceux qui ont acquis des nationalités étrangères à cause de l’exil.<strong> </strong>Dans la loi congolaise, cela<strong> </strong>est incompatible avec la nationalité congolaise. Imaginez un ministre de la Défense ou un député qui n’a pas la nationalité congolaise ! Ces derniers mois, il y a eu un ultimatum sur un certain nombre de députés qui avaient pris la nationalité française ou belge.</p>
<p><strong>Est-ce le gouvernement de Kabila a conscience de ce fait  qui risque de faire imploser un pays comme on l’a vu en Côte-d’Ivoire…</strong></p>
<p>Je ne suis pas membre du gouvernement pour savoir si les dirigeants s’intéressent à ce dossier. Selon mon observation, on ne voit pas comment il gère ce contentieux. Il me semble qu’il essaie de caresser la diaspora dans le sens du poil parce qu’elle était et est encore hostile au régime en place à cause d’un déficit, dit-on de communication. Je pense que le gouvernement actuel n’attaque pas le problème au fond. Par ailleurs, il faut savoir qu’il y a aussi un problème ethnique qui se pose. Car beaucoup disent que parmi nos 400 ethnies, on ne connaît pas les Banyamulenge. Les tenants de cette hypothèse soutiennent que parmi les ethnies recensées par les Belges, les Banyamulenge n’y figuraient pas. Mais aujourd’hui, c’est devenu une réalité qu’il faut gérer. Comment la gérer ? Je n’ai pas une réponse définitive. Jusqu’à présent le gouvernement ne fait rien pour cela.</p>
<p><strong>Sur le plan économique le gouvernement Kabila a conclu des accords économiques tantôt avec la Chine tantôt avec les Etats-Unis, tantôt avec d’autres pays européens. Sans oublier le Brésil et l’Inde. Ces démarches peuvent-elles prospérer et ensuite peuvent-elles être efficientes pour le développement économique du pays ? N’ya-t-il pas plutôt un risque que cette multitude de conventions n’exaspère les problèmes de cohabitation dans la mesure où elle met face à face ceux qui considérent le Congo comme leur chasse gardée ?</strong></p>
<p>Cette question essaie d’éclairer un peu ce qui se passe en RDC. On en parle jusqu’à la Banque mondiale qui vient de demander la révision du contrat entre la Chine et la RDC, pour vous montrer à quel point le Congo intéresse un groupe de gens. La plus grande mission militaire des Nations unies y est installée. Pourtant cela n’a pas empêché la rébellion de prospérer. Comment est-ce possible ? Les forces de l’ONU se cachent et laissent les rebelles s’amuser comme ils veulent. Il y a un problème. Comment les forces de l’ONU n’y arrivent pas à arrêter ces petits gangs qu’un groupe de maffieux les exterminerait en moins d’une semaine. A plus forte raison, lorsque ces groupes attaquent les populations, violent (les femmes) et tuent, des horreurs qui finalement deviennent une arme, et qui se perpétuent malgré la présence des Nations unies sur place. Pour revenir à la question économique, ça nous étonne mais ça montre également que le pays intéresse beaucoup de puissances. Il y a même certaines langues qui disent que l’uranium que l’Iran cherche à enrichir provient de la RDC. Ça ne m’étonnerait pas car tant qu’il y aura de l’uranium, il y aura des acheteurs. Et aujourd’hui, le contrat chinois est un des derniers qui illustre l’OPA que des gens font sur mon pays. Il y a des Sud-Africains, des Canadiens, des Australiens, même des Pakistanais qui viennent chercher leur part en RDC. Ne parlons pas des Français, Belges et Américains. Ils y sont depuis et se considèrent comme en terrain conquis. Mais lorsque des hommes d’affaires veulent venir y investir, on les décourage en leur disant que le Congo est dangereux. En tant que consultant international, pas seulement en architecture mais également dans d’autres projets plus à l’étranger que dans mon pays, souvent quand je discute avec des Arabes ou des gens qui ne connaissent pas bien l’Afrique, c’est toujours la même chanson : <em>« chez vous il y a la guerre »</em>. Essayons une réflexion ensemble : Vous êtes au courant de la faillite de Sabéna. Cette compagnie belge avait cinq rotations hebdomadaires au Congo alors qu’Air France n’y était pas encore. Après la faillite de Sabéna, la compagnie française a juste traversé le fleuve pour deux rotations par semaines qu’elle a augmenté à trois. Devenue entre temps Sn Brussels, Sabéna est revenu avec deux rotations par semaine pour monter à trois. On se dit qu’il ne peut pas atteindre son niveau d’antan car il faut rationaliser. Mais Sn Brussels monte à cinq vols hebdomadaires et négocie une licence avec une compagnie congolaise et compte aujourd’hui sept vols par semaine dans un pays <em>très très dangereux</em>. On y ajoute les trois vols d’Air France, on obtient deux compagnies de l’espace Schengen qui y ont dix rotations. On ajoute ceux qui ne nous ont pas abandonnés, Kenya et Ethiopian. Chacun a au moins deux à trois vols hebdomadaires. Dans le même temps, la procédure pour l’obtention du visa est resté intact. Ça veut dire qu’il faut montrer patte blanche pour avoir un visa. C’est toujours les mêmes Congolais qui voyagent, entre ceux qui viennent passer les vacances et les autres. Mais qui remplit donc ces avions là ? On se pose la question. Et pour aller où ? Dans un pays aussi dangereux ? La vérité est qu’on cherche à nous cloisonner, à faire de nous comme les réserves des Indiens, construire un mur autour de nous. C’est eux qui encaissent les billets et décident qui vient et qui ne vient pas. Tu ne prends pas des photos sinon tu payes plus. Pas de caméscope. A tel endroit tu ne vas pas.</p>
<p>Pour en revenir au contrat chinois, le nouveau gouvernement y a mis un point d’honneur. Pendant la transition d’un président avec quatre vice présidents, les dirigeants ont spolié, vendu d’une façon honteuse la carte minière de la Rdc. Je ne sais pas combien de contrats ont été révisés mais le contrat chinois, Strauss-Kahn (Directeur général du Fmi, ndlr) en venant a dit qu’on lui fasse une copie pour qu’il fasse des propositions.</p>
<p><strong>D’après vous cette diversification de partenaires est-elle une bonne chose ? </strong></p>
<p>Bien sûr, ce n’est pas parce qu’il s’agit des Chinois. Pourquoi faut-il revoir le seul contrat chinois et pas celui des Américains, des Belges et des Taïwanais, etc. ? Si on doit revoir celui des Chinois, qu’on le fasse pour tout le monde. La Chine a l’avantage de n’avoir pas de culture à exporter. Chez eux, c’est l’économie, le cash. Le danger chez eux, c’est qu’ils sont très nombreux.</p>
<p><strong>Avant les indépendances, on parlait de l’Afrique Equatoriale française et on se sentait comme dans un seul pays. Le leader de l’Afrique centrale s’appelait Barthélemy Boganda. Il avait un projet de créer la grande république centrafricaine. Ce qu’on appelle RCA aujourd’hui s’appelait Oubangui-Chari. C’est lui qui a imaginé le nom de la république centrafricaine qu’il voulait appliquer à toute la sous région. Mais il est mort dans un accident mystérieux. On peut donc penser que c’est à cause de la France qu’il y a des barrières entre nous. Votre point de vue, cinquante ans après l’indépendance ?</strong></p>
<p>C’est très facile à comprendre. Ces dirigeants sont sortis de quelles écoles et continuent de sortir de quelles écoles occidentales ? Toujours des mêmes écoles. On a l’espoir peut-être avec la génération Internet. Mais il faut que nous les parents, on leur facilite le raisonnement, que ce n’est pas une trahison d’aller vers une Afrique, une RCA qui regroupe cinq à six pays. Au contraire, c’est un mieux être. Aujourd’hui, on est dans l’exclusion. Si un responsable parle de céder un territoire à un tiers, sa tête serait mise à prix.</p>
<p><strong>Jacques Chirac adit que la démocratie est un luxe pour les Africains et il y a deux ans Nicolas  Sarkozy disait à Dakar que l’Afrique n’est pas entrée dans l’histoire. Quand vous observez la manière dont les pouvoirs se font et se défont, est-ce que vous avez l’impression que la démocratie est une chose africaine? Y a-t-il quelque chose qui manque ou faut-il la faire autrement ?</strong></p>
<p>Ce genre de phrases ne m’intéresse pas car ce ne sont pas Messieurs Chirac et Sarkozy qui ont fabriqué les peuples d’Afrique, ce sont de personnes qui donnent leurs opinions sur ces peuples et elles peuvent être erronées. Le problème, c’est de savoir quelle démocratie pour nous Africains et c’est toute la problématique. Je pense pour ma part qu’il faut la faire autrement. Le principe d’une personne, une voix à l’européenne, adaptons la à nos cultures.</p>
<p><strong>On constate depuis un certain temps que le passage de témoins se passe entre fils. Eyadéma au Togo, Kabila en RDC et Bongo au Gabon. Quelle lecture en faites vous?</strong></p>
<p><strong> </strong>Je devrais être mécontent que mon père ne m’ait pas transmis le pouvoir (rires). J’ai toutes des raisons d’être virulent à ce sujet. C’est le résultat de l’inadaptation du système à la mode (démocratie, ndlr) à nos réalités. Vous voulez la démocratie, on va vous la faire. C’est quoi la démocratie, c’est un homme, une voix. Cinquante plus un, il passe, ok on va vous faire ça. Quand je ne peux plus passer pour des raisons X ou Y, je place les miens et quand les miens ne sont pas encore au niveau idéologique approprié, je fais comme en Russie. Poutine a fait ses deux mandats et comme il n’a pas un fils pour diriger, il fabrique un fils à qui il a donné le pouvoir. Il continue à gouverner officiellement car il est Premier ministre. Il ne s’est même pas mis à l’écart. Il est encore au front et va revenir. Voilà le système avec lequel on est entrain de nous tromper. Il faut s’attaquer à la racine du problème. Si ça peut changer l’orientation.</p>
<p><strong>L’ancien chef de l’Etat Congolais a été enterré loin de son pays. Le rapatriement de sa dépouille selon vous constitue-t-il un problème d’Etat ou celui de sa famille tel que le disent les autorités du Cameroun à propos des restes du premier président du Cameroun Ahmadou Ahidjo ?</strong></p>
<p>Même si je ne l’apprécie pas car Mobutu a tué l’Etat congolais naissant, mais de là à priver sa famille de sa dépouille, c’est tout un autre problème. Je dis que sa dépouille doit revenir au Congo en tant qu’Africain, en tant que Bantou.</p>
<p><em><strong> </strong></em><strong>Une question sur la vie sportive. Nous savons que le Zaïre était un grand pôle sportif en Afrique. On a encore en mémoire la grande rencontre de boxe qui y a été organisée en 1976. Tout comme les différentes mutations de dénomination, de Simbas à Panthère et même la dénomination du pays a changé. Ces dénominations obéissent-elles à une volonté politique ? Est-ce une volonté de Kabila de tout raser sur son passage toute trace de Mobutu ? Quel espoir de réveil du Congo sportif ?</strong></p>
<p>Le gouvernement Kabila veut effacer ce passage noir  de Mobutu. C’est clair. Ç’est Mobutu qui a changé le club Engelbert en Tout Puissant Mazembé. Après, on a enlevé ce nom de Zaïre qui ne signifiait rien pour notre pays, il faut dire les choses comme elles sont. Si ça avait un fondement idéologique et historique, il y allait avoir des défenseurs mais tout se résume dans la volonté d’un homme d’effacer une époque en changeant tout. La période de 1974 que vous citez au niveau du football a été prospère pour le Zaïre qui a tout gagné en football. Coupe des nations, champion d’Afrique des clubs et bien d’autres. Ça veut dire que rien ne nous a échappés. Mais à côté de cela, un Zaïre valait deux dollars. Economiquement on était au top avec une grande démographie. Comme le peuple aimait le football, le sport, des moyens ont été mis par rapport à ça. Pour le passage de Simbas à Léopard, on avait changé l’emblème du léopard, on a mis le lion. Mais dans notre signification de base, ça a été toujours le léopard depuis la première république. Ça veut dire que Mobutu n’a rien inventé. Dans certaines photos de Lumumba, il portait la toque de léopard. Mais il ne mettait pas trop d’accent là-dessus. Comme Mobutu a y mis trop d’accent, c’est devenu une image identifiable à lui. Quand il y a un fond historique, les choses reviennent à leur état initial. C’est Kabila père et ses compagnons qui ont imposé l’emblème du lion. Ce n’est rien d’autre qu’un retour aux sources.</p>
<p><strong>Est-ce que le gouvernement actuel accorde la même importance au football et au sport et y met les moyens pour que ça marche ?</strong></p>
<p>Malheureusement non. Dès qu’on met un peu de moyens, tout avance. On a vu le Tp Mazembé devenir champion d’Afrique. Vous savez pourquoi ? Parce qu’il a un gouverneur qui s’intéresse au football. Il était millionnaire avant d’atterrir dans la politique. Quand il a mis la main à la poche, l’équipe le lui a bien rendu. C’est la reconnaissance mutuelle. Maintenant nous sommes leaders en musique. L’Etat ne cherche même pas à profiter. Le sport est un investissement, il faut d’abord dépenser pour gagner. Dans la musique, il suffit seulement d’organiser et de ramasser les bénéfices. Ce qu’il ne fait pas. Hélas !</p>
<p><strong>Un mot sur Obama… et la Guinée-Conakry pour clore cet entretien…</strong></p>
<p>Je suis comme beaucoup d’Africains fier qu’un Noir soit président des Etats-Unis et de l’autre côté, j’ai souhaité qu’Obama devienne président  pour qu’on soit désillusionné une fois pour toutes. Un Américain rouge, jaune ou bleu reste un Américain. Donc si on attend quelque chose de lui, vaut mieux rentrer dans la profondeur de soi-même pour puiser dans nos forces pour le changement. Mes prières ont été exaucées, j’attends de voir si j’avais raison ou pas. Jusqu’à présent, tout semble me donner raison.</p>
<p>Quant à la Guinée, nous avons une histoire assez particulière avec elle. Je vous ai dit qu’à un moment donné, puisqu’il y avait des amis de Lumumba, notamment le président Sékou Touré, j’y allais souvent. Je profite pour solliciter que la Fondation Patrice E. Lumumba que je dirige soit partie prenante dans la recherche de la solution en Guinée. La solution, qu’on le veuille ou non, réside dans la négociation. Il y a d’un côté ceux qui tiennent les armes et de l’autre, la population. L’un ne peut rien faire sans l’autre. Il faut que les deux parties s’entendent. Le peuple de la Guinée ne mérite pas ces tiraillements inutiles. Il faut qu’on commence par résoudre le problème par nous-mêmes. Il ne faut pas attendre les Carter et autres pour qu’ils viennent nous dire ce qu’il faut faire, comment les différentes ethnies doivent cohabiter. Tout dirigeant cherche le bonheur de ses populations. Personne ne trouvera notre bonheur malgré nous. Il faut donc que nous soyons impliqués.</p>
<p><a href="http://www.csmonitor.com/Commentary/Opinion/2010/0112/From-war-to-wealth-in-Africa-Congo-must-help-itself" target="_blank">http://www.csmonitor.com/Commentary/Opinion/2010/0112/From-war-to-wealth-in-Africa-Congo-must-help-itself</a></p>
<p>06.01.10 Le Messager (Cameoun) -</p>
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