RDC, Kinshasa, 29 juillet 2010

Un Congo est en train de mourir… un autre Congo est en gestation. Comme pour un enfant, ce Congo nouveau, cet autre Congo, c’est la femme congolaise qui le porte en son sein et qui le mettra au monde. Quel est l’ancien Congo qui est en train de mourir et qui doit mourir pour laisser la place à un nouveau Congo ? Comment sera le nouveau Congo que la femme congolaise doit porter en son sein et engendrer dans les prochains jours ? Telles sont les deux questions que nous allons aborder dans cet exposé.

Appel à la femme congolaise

Femme congolaise, tu es appelée à faire preuve de maturité et de responsabilité ! Fais preuve d’un esprit critique capable d’analyser les problèmes de ton pays et de ta société en décélant les vraies causes tant internes qu’externes ! Fais preuve de créativité et d’inventivité afin de trouver des solutions durables et efficaces qui garantissent ton bonheur et celui de tes enfants !

Femme congolaise, le Congo t’appartient ; il appartient à tes enfants. Ne te laisse pas conduire par le diktat des puissances politico-financières internationales et de leurs alliés congolais et autres africains ! Femme congolaise, engage-toi aussi dans la conquête du pouvoir pour te remettre résolument au service de tes enfants afin de leur garantir une vie plus humaine !

Femme congolaise, engage-toi résolument dans la lutte pour l’autonomie et l’autodétermination de ton pays afin que devenu adulte comme ton enfant puisse établir de vraies relations d’interdépendance avec les autres nations de la terre dans le respect mutuel !

Femme congolaise, unis-toi à d’autres femmes, pour mener à bien ce combat car l’union fait la force !

Femme congolaise, entraîne l’homme congolais, ton partenaire selon le plan de Dieu, dans ce combat pour un Congo nouveau, un Congo de liberté, d’égalité, de participation et de justice.

I. Le Congo d’hier et d’aujourd’hui

Une lecture attentive de l’histoire de notre pays nous montre que le Congo, hier et aujourd’hui, est le pays des autres. En effet, depuis que Léopold II s’est approprié la terre de nos ancêtres et en a fait son domaine privé qu’il légua ensuite à la Belgique, son pays, le Congo ne nous appartient plus. Si hier, il était une colonie belge, aujourd’hui, cinquante ans après l’indépendance, notre pays est devenu plus que jamais une « no man’s land » où toutes les grandes puissances viennent se servir à leur aise. En somme, notre pays est devenu une « colonie internationale ». Il est dirigé par la « communauté internationale » qui n’est autre chose que la maffia politico-financière internationale qui mène le monde d’aujourd’hui.

Nous avons obtenu l’indépendance formelle. Mais, en réalité, nous sommes toujours dépendants de ceux qui nous colonisent actuellement, par nous-mêmes interposés, et cela, sur tous les plans. Dépendance culturelle et idéologique, dépendance politique et dépendance économique.

1.1. Dépendance culturelle et idéologique

Nous vivons avec les idées des autres. Capitalisme, libéralisme, etc. autant d’idées conçues ailleurs et que nous consommons sans les remettre en question. Aujourd’hui, on nous parle de mondialisation et nous entrons tête baissée dans cette nouvelle idéologie pendant qu’ailleurs des hommes et des femmes se posent des questions sur cette mondialisation et parlent même d’une altermondialisation.

Nous réfléchissons et nous nous exprimons très bien dans les langues des autres. Nous donnons de la valeur à ce qui vient de l’Etranger (Europe, Chine, Amérique, etc.) plus qu’à ce qui vient de chez nous.

Notre système de formation est conçu de telle sorte que nous n’apprenions pas à penser par nous-mêmes mais à penser comme les autres veulent que nous pensions, à penser par procuration, à reproduire la pensée des autres.

1.2. Dépendance politique

Notre système politique est celui des autres. Nous calquons nos façons de gouverner et de gérer le pays sur les modèles des autres.

Nos dirigeants politiques sont ceux qui nous sont imposés par les autres et qui sont au service des intérêts des autres. Sur les quatre présidents qui se sont succédés au pouvoir, aucun n’a été réellement choisi par nous les Congolais.

Le comble de l’histoire c’est que ces dirigeants nous sont imposés avec notre propre consentement et complicité au travers des processus électoraux biaisés.

1.3. Dépendance économique

Nos matières premières sont exportées à vils prix fixés par les grandes puissances financières pendant que nous devons acheter les produits finis, manufacturés chez les autres à des prix exorbitants.

Notre économie est extravertie. Tout est fait pour que la production locale ne soit pas encouragée et promue.

Nous dépendons de la dette extérieure. Une dette qui souvent est odieuse et qui ne profite pas à la population.

Les institutions financières internationales nous gèrent à travers toute sorte de programme et de plans. La dernière en date c’est l’initiative PPTE.

En résumé, nous pouvons dire que le Congo d’hier et d’aujourd’hui est un Congo d’esclavage, un Congo colonisé, un Congo sous-tutelle.

Au regard de cette situation, le combat pour lequel toutes les filles et tous les fils de ce pays devraient se mobiliser, c’est le combat de réappropriation de notre destin, de notre histoire et de notre terre, cette terre que Dieu nous a donnée et que nos ancêtres nous ont léguée. Nous devons nous battre pour sortir de la néo-colonisation dans laquelle les grandes puissances financières internationales nous maintiennent.

Nous avons l’obligation de nous engager tous et toutes dans la construction d’un nouveau Congo totalement différent du Congo d’aujourd’hui, en rupture totale avec le Congo dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Il importe, à présent, de donner le profil de cet autre Congo ou de ce nouveau Congo que nous devons bâtir ensemble.

II. Le Congo de demain

Le Congo nouveau, le Congo de demain, l’autre Congo que la femme congolaise devra concevoir et engendrer sera un Congo réellement libre et indépendant, un Congo autonome qui s’autodétermine.

Comme une femme rêve de l’enfant qu’elle veut avoir, elle imagine les traits physiques, psychologiques et moraux de son enfant, nous rêvons d’un Congo qui sera  une terre d’égalité, de participation, de liberté et de justice.

2.1. Une terre d’égalité

Ce Congo nouveau sera une terre d’égalité où nul ne se considérera comme supérieur aux autres se donnant ainsi le droit de dominer ses frères et sœurs. Nul se considérera comme supérieur aux autres se donnant le droit de tout posséder et de ne rien laisser aux autres si ce ne sont que les miettes qui tombent de sa table.

Dans cette terre d’égalité, nul ne se considérera comme inférieur aux autres se plaçant ainsi dans une situation de soumission servile et de mendicité chronique. Nul ne se considérera comme inférieur au point de n’avoir que des devoirs et pas des droits.

Cette égalité de nature n’est nullement à confondre avec l’uniformité, avec un nivellement par le bas ou avec une standardisation où tout le monde sera comme tout le monde. Il s’agit d’une égalité par rapport à notre nature humaine commune, par rapport aux droits qui sont communs à tout le genre humain et par rapport aux devoirs vis-à-vis les uns des autres.

Cette égalité se vit dans la diversité et la complémentarité des rôles, des statuts, des fonctions. Aussi, aucune fonction sociale, aucun statut social, aucun rôle social ne donnent à une personne ou à un groupe de personnes le droit de dominer, d’écraser les autres.

Dans cette terre d’égalité, chaque congolais et chaque congolaise sera respecté non pour son titre ou son statut social ou encore pour son rôle ou sa fonction dans la société, mais parce qu’il est un être humain créé à l’image et à la ressemblance de Dieu.

En d’autres termes, ce Congo Nouveau sera une terre où le respect de tout être humain et de ses droits fondamentaux sera une règle absolue. En effet, dans ce Congo nouveau, le premier droit de l’homme c’est le droit de vivre, d’exister et de mourir dans la dignité d’enfant de Dieu.

2. Une terre de participation

Ce Congo nouveau sera une terre de participation où tout le monde mettra la main dans la pâte. Tous les fils et toutes les filles de ce nouveau Congo auront l’obligation de participer à la réflexion, à la prise des décisions, à l’exécution de celles-ci et l’évaluation des résultats obtenus. On ne pourra plus signer des contrats qui engagent l’ensemble de la population sans consulter celle-ci et requérir son avis et son implication.

Cette participation prendra des formes diverses. Elle pourra être directe (par des consultations directes du peuple) ou indirecte (à travers les élus du peuple).

Cette participation ne sera pas seulement politique mais aussi culturelle et économique. En effet, dans la terre de participation tout congolais et toute congolaise sera appelé à travailler, à produire pour assurer sa subsistance et celle de la communauté nationale. Le travail de la terre sera valorisé au même titre que le travail intellectuel. Selon la parole de l’apôtre Paul, on appliquera la règle suivante : « que celui qui ne travaille pas ne mange pas non plus ».

Une participation qui fera de chacun et chacune de nous responsable de notre bonheur ou de notre malheur. Il n’y aura plus de place pour la recherche de boucs émissaires sur qui on rejettera la responsabilité de tous nos malheurs. Si rien ne va, ça ne sera plus la faute des occidentaux, des chinois ou des américains, ou des russes, ou des rwandais et des ougandais, ou encore celle des sorciers et démons de tout bord, mais nous en répondrons nous-mêmes devant Dieu et devant les hommes, devant l’histoire. En d’autres termes, ce Congo nouveau sera une terre de responsabilité, une terre d’hommes et de femmes responsables de leur destin, qui savent se prendre en charge et compter sur leurs propres forces.

Tous et toutes, nous serons, certes, responsables collectivement mais cela n’empêchera pas que chacun et chacune, selon sa fonction et son rang dans la société, puisse assumer sa responsabilité individuelle. Et, cette responsabilité individuelle ne sera pas la même pour tout le monde. Ainsi, par exemple, la responsabilité d’un chef de l’Etat ne sera pas comparable à celle d’un huissier ou d’un cantonnier au point de vue de ses conséquences dans la vie de la nation. Et à ce sujet, il faudra veiller à mettre un terme à une sale habitude répandue parmi les humains qui consiste à minimiser sa propre responsabilité et aggraver celle des autres.

2.3. Une terre de liberté

Ce Congo nouveau sera une terre de liberté où il n’y aura plus de place pour un quelconque asservissement. Liberté de penser, liberté d’agir, liberté de s’exprimer, liberté de s’associer, liberté de se mouvoir, liberté de culte, etc.

Toutes ces libertés garanties par la déclaration universelle des droits de l’homme et reprise dans toutes nos constitutions trouveront leur fondement dans une liberté profonde du cœur vis-à-vis de l’avoir, du pouvoir et du valoir qui sont les véritables sources d’asservissement de l’homme et de la femme du Congo.

Cette liberté profonde sera le fruit de la vérité qui seule libère totalement l’homme et la femme.

Vérité sur l’être humain

Tout être humain est image de Dieu. Il est créé pour l’amour et il est la seule valeur sacrée parmi toutes les créatures.

L’homme noir n’est pas un être inférieur à l’homme blanc. Il est doté de mêmes facultés que l’homme blanc et est capable de faire des exploits pour améliorer ses conditions de vie.

La femme n’est pas inférieure à l’homme. Elle n’est pas une chose que l’on vend au marché du mariage ou de la prostitution. Elle est dotée de mêmes potentialités que l’homme et revêtue de la même dignité.

Vérité sur Dieu

Dieu est amour et miséricorde. Il exige la pratique de la justice avant toute autre chose. Il n’est pas intéressé par un culte extérieur qui lui répugne lorsque celui-ci n’est pas accompagné par une vie où justice et paix s’embrassent.

Dieu n’est pas celui qui va faire tout à notre place et n’est pas le bouche-trou de nos ignorances. Il a confié la pleine responsabilité à l’homme pour poursuivre l’œuvre de création qu’il a commencée. Il ne peut rien faire sans la collaboration de l’homme.

Dieu n’est pas le tout-puissant qui vient justifier tous les pouvoirs autocratiques et dictatoriaux qui se réclament de lui.

Vérité sur les biens matériels

Les biens matériels symbolisés par l’argent sont des moyens au service du bonheur de l’homme et non des fins en soi. D’où, l’homme ne peut en aucun devenir esclave des biens matériels mais il doit les dominer et les utiliser de manière à satisfaire ses besoins et ceux de tous les siens.

Les biens matériels sont destinés à tout le genre humain et doivent servir au bonheur de tous et pas seulement d’une poignée de gens. D’où, il faut veiller, dans ce nouveau Congo, à une répartition équitable de tous les biens, de toutes les ressources matérielles, naturelles.

Vérité sur le pouvoir

Le pouvoir est un service pour la croissance et l’épanouissement de tout l’homme et de tous les hommes. Il ne peut être considéré comme venant de Dieu que dans la mesure où celui qui l’exerce le fait dans un esprit de service. D’où les modes d’exercice de pouvoir qui sont  tyranniques, autocratiques et dictatoriaux dans la mesure où ils oppriment l’homme ne viennent pas de Dieu.

Ceux et celles qui exerceront le pouvoir dans le nouveau Congo doivent se considérer eux-mêmes et doivent être considérés par les autres citoyens comme des serviteurs et non comme des chefs qui ont droit à tout ne laissant que des devoirs aux autres.

Vérité sur la gloire

La vraie gloire ne peut provenir que du bien que nous faisons aux autres. La gloire n’est donc pas dans la possession égoïste des biens ni dans l’exercice tyrannique du pouvoir encore moins dans le culte entretenu de la personnalité.

Cette terre de liberté sera une terre en permanent processus de libération. Car la liberté est le fruit d’un combat, le combat de toute une vie, de tout un peuple. Elle n’est pas un acquis statique mais une réalité dynamique qui se conquiert tout au long de l’existence d’un être humain, d’une société.

Cette terre sera donc une terre en train de devenir toujours plus libre.

2.4. Une terre de justice

Ce Congo de demain, Congo nouveau sera une terre de justice.

Justice distributive par laquelle toutes les ressources du pays seront réparties de manière équitable de sorte qu’aucun congolais et aucune congolaise ne manque du minimum vital, d’un minimum de confort. Justice dans la répartition des salaires en veillant à ce que les écarts entre les salaires ne soient pas trop criants et que le plus bas salaire puisse permettre à celui qui le touche de vivre décemment.

Cette justice distributive ne sera pas à confondre avec la charité ou la générosité des nantis vis-à-vis des pauvres mais sera fondée sur l’application des droits économiques. Les employeurs n’auront pas à faire des cadeaux aux employés mais ils seront tenus à leur assurer un traitement juste et viable.

Justice rétributive dans le règlement des conflits et des litiges où le droit sera prononcé de manière vraie. Il ne sera plus question de donner raison seulement à celui qui est puissant, qui a le pouvoir et qui a l’argent.

Les sanctions sont faites pour tous ceux qui enfreignent la loi. Il ne sera donc plus question d’impunité ou d’une justice à deux vitesses.

Enfin, justice-miséricorde où l’on donnera toujours à chaque homme et femme, quel que soit le degré de sa faute, la chance de se convertir. Les pénitenciers seront transformés en maison de rééducation et la peine de mort sera abolie. Le modèle parfait de cette justice est celui qui nous est donné par Dieu et qui est appliqué par Jésus-Christ, son Fils. En effet, lorsqu’on lui amène la femme adultère condamnée à mort par la justice des hommes, Jésus renvoie chacun à sa conscience d’homme pécheur et ne condamne pas la femme. Bien au contraire, il lui donne la chance de se repentir et de vivre autrement. La justice-miséricorde est donc celle qui pardonne et partant, donne et sauve la vie.

Cette justice donnera comme fruit la paix profonde et durable. En effet, la paix dont notre pays a besoin n’est pas seulement la fin de la guerre ou l’absence de la guerre mais une paix profonde du cœur lorsque chaque congolais et congolaise vivra en harmonie avec lui-même et avec les autres ; une paix sociale lorsque les rapports sociaux ne seront plus ceux de domination mais d’égalité et de respect mutuel.

Cette paix profonde et durable se traduira par un comportement non-violent, emprunt de douceur et d’humilité.

Cette paix profonde et durable sera l’aboutissement d’une guerre contre soi-même tel que l’exprime le Patriarche Athénagoras dans ce texte très significatif :

Une guerre qui mène à la paix

Il faut mener la guerre la plus dure qui est la guerre contre soi-même.

Il faut arriver à se désarmer.

J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible.

Mais je suis désarmé.

Je n’ai plus peur de rien, car l’Amour chasse la peur.

Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes jalousement crispé sur mes richesses.

J’accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons, j’accepte sans regrets. J’ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel est toujours pour moi le meilleur.

C’est pourquoi je n’ai plus peur. Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur.

Si l’on désarme, si l’on se dépossède, si l’on s’ouvre au Dieu Homme qui fait toutes choses nouvelles, alors, lui efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible.

Athënagoras Patriarche de Constantinople

III. Conditions pour bâtir le nouveau Congo

Pour bâtir ce nouveau Congo, cet autre Congo, il nous faut travailler à deux niveaux : le niveau personnel (le cœur de l’homme) et le niveau collectif (les institutions et les structures sociales.

3.1. Changement de mentalité

Au niveau personnel, il faudrait commencer par changer la mentalité du congolais et de la congolaise, changer le cœur du congolais et de la congolaise en lui inculquant ses valeurs qui devraient guider sa vie personnelle. C’est ici qu’intervient le travail d’éducation, de conscientisation et de formation qui doit être fait d’abord en famille, ensuite par l’école, par les églises et enfin par les mouvements associatifs divers. Il s’agira donc de forger un congolais nouveau. Pour cela, il y aura lieu d’utiliser tous les moyens à notre disposition en particulier les moyens de mass-médias. Cette éducation du congolais concerne tout le monde sans distinction d’âge, de sexe, de rang social. Tous, nous devons nous soumettre à cette éducation, à ce réarmement moral.

3.2. Nouvelles façons de fonctionner sur le plan institutionnel et structurel

Toute société repose sur les trois structures suivantes : le politique, l’économique et le culturel ou l’idéologique qui fonctionnent en interaction comme un système.

Sur le plan politique, dans le Congo nouveau, le pouvoir politique sera un pouvoir démocratique, un pouvoir partagé, décentralisé à la manière de ce que Jethro, le beau-père de Moïse, recommande à son beau-fils : « Ecoute le conseil que je vais te donner, afin que Dieu t’assiste. Emploie-toi personnellement pour le peuple devant Dieu, et porte-lui leurs litiges. Instruis-les des lois et des décisions ; fais-leur connaître la voie à suivre et la conduite à tenir. Mais choisis-toi, parmi tout le peuple, des hommes capables, craignant Dieu, des hommes sûrs, incorruptibles, et fais-en des chefs de centaines, chefs de cinquantaines et chefs de dizaines. Ils seront en tout temps à la disposition du peuple pour rendre la justice. Ils te déféreront toutes les causes difficiles et arbitreront eux-mêmes les cas de moindre importance. Allège ainsi ta charge, qu’ils porteront avec toi. Si tu agis ainsi – et que Dieu te l’enjoigne – tu pourras suffire à la tâche et tous ces gens-là, de leur côté, regagneront en paix leurs demeures. Moïse suivit le conseil de son beau-père et fit tout ce qu’il avait dit » (Ex 18, 19-24).

Il n’y aura donc pas de place pour un pouvoir dictatorial, autocratique et tyrannique. Le pouvoir sera un service pour le bien-être de tous et de toutes. Dans le Congo de demain, le dirigeant politique sera là pour servir les intérêts du peuple et de toute la nation.

Sur le plan économique, le Congo de demain, le Congo nouveau sera un pays où tout le monde aura du travail pour survenir à ses besoins. Le système économique du nouveau Congo sera l’économie du partage et de la solidarité, l’économie de la communion à l’instar de ce qui se pratiquait dans la première communauté chrétienne : « Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun. Aussi parmi eux nul n’était dans le besoin ; car tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente et le déposaient aux pieds des apôtres. On distribuait alors à chacun suivant ses besoins » (Ac 4, 32-35).

Dans ce nouveau Congo, l’économie sera au service de l’homme et non l’homme au service de l’économie. L’argent sera au service de l’homme et non l’homme au service de l’argent.

Sur le plan culturel et idéologique, le Congo de demain sera bâti sur la valeur fondamentale de l’amour. La culture de l’amour et du pardon, la culture de la justice et de la paix, la culture de la liberté et de la vérité, telle sera la culture du Congo de demain.

Le respect absolu des droits de l’homme sera l’exigence culturelle fondamentale. Les rapports entre les congolais de demain ne seront plus de rapports de domination mais plutôt de collaboration, de coopération dans le bien.

Dans ce Congo nouveau, il n’y aura plus de place pour toutes ces idéologies trompeuses qui n’apportent qu’un bonheur illusoire.

Ce Congo nouveau commencera à prendre forme dans nos différents milieux de vie sociale : famille, école, églises, mouvements associatifs (ONG et autres associations).

Il faudrait qu’en voyant tous nos milieux de vie, on puisse réaliser que le nouveau Congo est en train de naître. Nos associations, particulièrement les associations féminines, dans leur mode de fonctionnement, doivent déjà incarner l’image de ce nouveau Congo et présenter ainsi une alternative à l’ancien que, tous, nous décrions tant.

Fait à Kinshasa, le 29 juillet 2010

José MPUNDU

Prêtre de l’archidiocèse de Kinshasa

Tél. : 09.970.30.932 ou 081.813.37.65

E-mail : josempundu@ic.cd ou jose_mpundu2001@yahoo.fr

…………………………………………………………………………………………………………………………..

2011 : L’ANNEE DE LA FEMME AU POUVOIR

par MABANZA Tryphon

La constitution de la Rdc exige la tenue des élections présidentielles chaque 5 ans. Le respect de cette norme traduirait l’une des images positives de la démocratie dans notre pays.

Nous avons choisi l’année 2011 parce qu’elle marque la fin du régime Kabila. Il s’agit d’un régime qui orchestre la mort du peuple Congolais et de son élite, pille les rcihesses et trouble les frontières du congo.

Tous ces actes ne sont pas nouveaux en rdc depuis que les hommes la dirigent. Ils affichent en plus l’echec de KABILA et de sa classe politique dans la conduite de l’appareil de l’Etat.

De ce qui précède, une question majeure se pose : Qui voter comme président en 2011?

Répondre à cette question ne signifie pas être propagandiste et/ou faire des éloges sur une personnalité politique. Nous voulons cependant interpeller la conscience du peuple et politicien  Congolais de choisir et soutenir une seule et unique femme aux élections de 2011.

Au sens large, notre interpellation se présente de la manière suivante :

1. AUX CONGOLAISES ET CONGOLAIS

De la colonisation au temps du moment notre pays est toujours dans sa hiérarchie représenté et dirigé par les hommes. Les ministères clefs y compris l’armée sont dans leurs mains. Ils exercent le pouvoir pour dominer les Congolais et le congo afin d’en tirer profit.

La concentration du pouvoir dans les mains des hommes a mener des dérives extrêmements graves parmi lesquelles nous citons la grève des agents de l’Etat, la protestation du peuple dans la rue, les rebellions,le viol des femmes et des filles mineurs, les coups d’Etat, le terrorisme sous ses multiples aspects…

Pour construire ensemble un Congo où il fait bon vivre pour tous et pour corriger l’homme politique Congolais dans sa mauvaise gestion de la patrie, en 2011 nous devons tous soutenir une femme à la présidence.

50 ans après l’indépendance, l’image de la femme Congolaise doit totalement évoluée. Si l’homme politique l’a réduit au simple niveau  de la beauté, du plaisir, du viol, de la danse et de mère de famille, le peuple Congolais à son tour doit l’élever au niveau de la maitresse de la République.

Notre Rdc regorge à son sein des femmes aptes et capables de faire d’elle une société juste où règne la paix et la lutte pour l’intérêt commun.

AUX HOMMES POLITIQUES ET OPPOSANTS DU REGIME DE KINSHASA

En 2006 vous avez fait preuve de manque de collégialité en voulant à tout prix combattre KABILA chacun dans son parti politique.

Vous avez bien témoigné de votre soif exagérée du pouvoir en présentant plus de 30 partis aux échéances électorales de 2006. La raison souligne que dans un pays envahi par l’étranger le combat politique n’est pas l’apanage d’un seul individu ni d’un seul parti politique. La lutte implique tous au sein d’une seule et même plate forme. Agir de la sorte, c’est constituer l’unité dans l’adversité.

L’absence de cette unité avait conduit certaines figures politiques de renoncer aux élections de 2006 et d’autres de refuser leur adhésion à la plate forme »Union pour la nation ». Les autres encore avaient choisi le camp adverse. Ils méritent ceux-là les noms de Ladres et traitres, car pour des raisons pécuniaires ils ont vendu le pays et l’avenir voire la vie de leurs compatriotes.

Pour s’en rendre compte, il suffit de sillonner dans toutes les provinces que compte la Rdc. nous y trouvons une litanie de traitements atroces infligés à la population : intimidation, arrestations arbitraires, tortures, viols, pillage, meurtres…

Si les uns son tués par par incinérations, armes blanches et à feu, les autres par viol et produits mortels. Leurs corps sont exposés à même le sol et parfois dans les chaises arrières de leurs propres voitures.

Les Congolais sont mécontents de votre désunion et votre manière d’agir. En plus, le Congo n’est pas votre bien privé.  Vous avez tous sans le savoir vandu le pays de Patrice LUMUMBA.

Si nous analysons en profondeur les causes de votre manque d’unité les intérêts égoïstes et éthniques sont au premier plan. Vous méritez quand à vous le nom des »orgueilleux politiques » .

Pour palier à vos erreurs et remmettre le control du pays aux mains des autochtones, quelle stratégie préconisez-vous en 2011?

Nous avons trouvé important de vous proposer 2 grandes stratégies qui d’après notre entendement revettent un caractère obligatoire :

1. Mettez vous ensemble. Constituer dès le premier tour des élections une plate forme politique à la manière de l’union sacrée de l’opposition radicale car le Congo(mon pays) n’est pas un bien personnel ni familial.

2. Présenter et soutenir pour l’intérêt commun de la Nation une et unique femme comme candidate à la présidence. Le but des élections de 2011 est celui darracher à tout prix le pouvoir et le pays aux mains des inconnus(likambo ya mabele). C’est en 2016 que les hommes peuvent  prendre part et la lutte sera entre les filles et fils(bana mboka) du pays.

Totefois, plusieurs bouches souhaitent voir pendant 5 décénnies la gestion du Congo par les femmes.

Nous pensons que présenter et soutenir une femme en 2011 reste l’unique moyen d’être plus efficace que le slogan »cent pour cent congolais, aza mwana mboka », car la femme attirera non seulement l’attention du peuple Congolais mais de toute la communauté internationale.

Présenter et soutenir une femme, c’est l’unique méthode de révaloriser l’image de la femme Congolaise bafouée par le viol et la danse; car elle montrera l’efficacité et la ténacité de la Congolaise dans la gestion des affaires d’Etat.

Présenter et soutenir une femme en 2011 c’est aussi une manière de marquer la différence avec le camp adverse.

N.B. : En  2011, si vous négligez cette petite réflexion vous échouerez encore et enfoncerez le congo dans le chaos incommésurable

MABANZA Tryphon