Dans la première partie de cet article, nous nous sommes rendu compte que l’Action Kivu Yetu et Pasteur Shabani ne partagent pas une même lecture des élections de 2006 avec nos Pères les évêques de l’Assemblée Episcopale Provinciale de Bukavu (ASSEPB). La colère de cette Association  a été provoquée par cette affirmation de nos évêques : « Depuis 2006, Le peuple congolais a fait l’expérience d’élections libres, démocratiques et transparentes qui ont donné lieu à des institutions légitimes. Leurs animateurs Ont reçu mandat de rétablir l’autorité de l’Etat sur tout Le territoire, et de la renforcer par Des mécanismes de bonne gouvernance. »  Pour l’Action Kivu Yetu et le Pasteur Shabani, avions-nous écrit, « l’Histoire retiendra qu’en 2006, il s’est déroule des élections dans un Pays  pour une première fois sous surveillance des chars de combat. La crainte était totale, La Communauté Internationale a mis des moyens consistant à distribuer aux compatriotes d’esprit faible avec promesse des postes ministériels ou inscription sur la liste des députes ou sénateurs. Des contingents militaires, des armes de toutes sortes, bref un arsenal impressionnant avec recommandation de voter pour le candidat étranger. Pour cette seule opération, la Communauté International avait débloque une bagatelle somme de + 456.000.000 d’euros. Ce montant a été plusieurs fois confirmé par des médias internationaux et régionaux.   3 ans après, nous nous rendons tous compte que c’était une grosse erreur qu’un pays puisse confier la destinée de tout un peuple entre les mains d’un irresponsable, un étranger, sans aucune expérience et par dessus tout sans maitrise de la chose publique. » Il y a, à travers ces deux prises de positions et lectures, deux approches des élections demandant d’être étudiées et approfondies. L’Action Kivu Yetu et la pratique télécratique de « la démocratie » L’Action Kivu Yetu s’en prend à la pratique télécratique de « la démocratie » au Congo. Les vendeurs de la démocratie électorale-représentative et partisans du capitalisme sauvage s’arrangent pour avoir accès aux matières premières stratégiques de notre pays. Ils parrainent des hommes et femmes liges congolais et étrangers. Ensemble, ils constituent un réseau de voleurs et de receleurs. Pour donner une coloration démocratique à ce vol programmé, les élections au suffrage universel sont organisées « sous surveillance des chars de combat ». La démocratie vendue et achetée devient « une aspiratrice des richesses »  à travers ce réseau supervisé par le FMI et la Banque mondiale abusivement dénommés chez nous « partenaires extérieurs ». (Pour approfondir cette question, nous recommandons la lecture de Michel Collon, Les 7 péchés d’Hugo Chavez, Bruxelles, Investig’Action, 2009. Surtout le chapitre cinq intitulé L’aspirateur des richesses.) La démocratie téléguidée est, dans ce contexte, l’un des mécanismes concoctés par ledit réseau pour aspirer les richesses du Congo. La corruption des élites, l’enlèvement et l’assassinat des éveilleurs des consciences (Kataliko et Munzirhiwa par exemple), l’appauvrissement des populations, les génocides, etc. sont les moyens que le capitalisme sauvage utilise depuis plus de cinq siècles pour accumuler l’argent et faire du profit pour le profit. Pour rappel, le fonctionnement de mécanismes est  souvent rendu efficace par les médiamensonges et l’idéologie. Chez nous, la démocratie achetée  a été accompagnée d’une guerre psychologique et idéologique permanente résumée par la réduction des Congolais aux « BMW » et à un peuple manquant 15 personnes « non-corrompues ». Ceci n’est pas nouveau. Pour « ouvrir les veines de l’Amérique Latine », voici ce que disait le sous-secrétaire US à la guerre en 1912 : « La population du Cuba est composée de Blancs, des Noirs, d’Asiatiques, et métis de ces races. Les habitants sont généralement indolents et apathiques. N’ayant qu’une vague notion de ce qui est bien et de ce qui est mal, ce peuple tend à chercher le plaisir non à travers le travail, mais à travers la violence. Il est évident qu’une annexion immédiate dans notre fédération de ces éléments perturbateurs serait pure folie car nous devons nettoyer ce pays. Nous devons tout détruire avec nos batteries de canons. Nous devons imposer un blocus sévère en sorte que la faim, et sa compagne habituelle, la maladie, sape la population pacifique et décime l’armée. » (J.C. Breckenridge cité par M. COLLON, op. cit. , p.73 L’auteur souligne.) Aujourd’hui, ce qui ne peuvent faire par eux-mêmes, les U.SA. et leurs alliés le réalisent à travers le parrainage des « élites » politiques et militaires africaines (et latinos), au nom de la démocratie. Cette approche des élections et de la démocratie téléguidée permet de comprendre le diagnostic que dressent nos Pères évêques à tous les plans. Quand ils écrivent : « S’agissant de la protection sociale de la population, nous déplorons : l’occupation ou la destruction de terres appartenant aux populations locales par des envahisseurs étrangers et des usurpateurs locaux (…), le mauvais traitement, en matière salariale, dont sont victimes les subalternes parmi les militaires, les policiers, le personnel médical, les enseignants et autres fonctionnaires de l’Etat ; l’arrêt des travaux de réhabilitation de certaines voies de communication pourtant essentielle à la vie des populations », ne devraient-ils pas remettre en doute le caractère démocratique, libre et transparent des élections de 2006 ? A quel niveau situent-ils ce triple caractère ? Au moment de déposer le carton dans l’urne ? Peut-être ? Mais est-ce à ce moment-là que se joue l’essentiel des élections financées par autrui et surveillée par des chars de combat (ne fût-ce qu’à Kinshasa) ? Au sujet de la transparence et de la liberté des élections de 2006 Quand nos Pères évêques soutiennent le caractère transparent, libre et démocratique des élections de 2006 et déplorent « l’insuffisance manifeste du sens pratique de l’Etat » et l’ inefficacité des institutions issues de ces élections, ils nous suggèrent de réfléchir sur les différentes étapes que les élections doivent suivre pour être  « valables ». Aujourd’hui, avec un peu de recul, la majorité de Congolais et les autres citoyens du monde de bonne foi s’accordent à soutenir que le nerf de la guerre au Congo est l’exploitation sauvage des matières premières de ce pays. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, leurs alliés européens et plusieurs multinationales du Nord sont les initiateurs de ce projet du capitalisme de désastre. Comment ces pays pouvaient-ils financer des élections qui handicaperaient la réalisation de ce projet ? C’est-à-dire des élections qui feraient du peuple Congolais le gestionnaire de ses richesses à travers une coopération suivie avec ses représentants ? Du point de vue du bon sens, faire ce choix aurait été contreproductif pour eux. Dans ce contexte, il est aisé de comprendre que les objectifs assignés à la longue transition congolaise n’aient pas été réalisés. La formation d’une armée républicaine n’a pas eu lieu. Jusqu’à ce jour. La Commission (Justice) Vérité et Réconciliation n’a pas fonctionnée. Les Congolais(es) scrutant le nerf de la guerre seraient arrivés à se réaliser que l’exploitation sauvage de leurs matières premières n’est pas un conflit congolo-congolais. Réconciliés et unis, ils seraient devenus forts pour faire face à leur ennemi commun : le capitalisme sauvage dont « les petites mains » sont restées constamment sur le devant de la scène politique congolaise.(Entretenir la division par la débauchage politique et la corruption remet aux calendes grecques ce noble objectif.) L’autorité de l’Etat n’a pas été restaurée sur toute l’étendu du territoire nationale. Jusqu’à ce jour. Passant à côté du nerf de la guerre d’agression faite à nos populations, les différents accords signés depuis la guerre des « tueurs tutsi » de 1996 et tout au long de la longue transition congolaise ne se sont limités qu’aux épiphénomènes. Ainsi pouvons-nous comprendre que « les faiseurs des rois » aient joué leur carte en demandant à « leurs filleuls » de placer la barre de la participation aux élections présidentielles très haut matériellement (50.000 dollars US, sapant ainsi la règle de l’égalité des chances) et très bas éthiquement et intellectuellement : les seigneurs de guerre, les abrutis, les criminels économiques et les autres shégué  pouvaient prétendre à l’un des plus hauts postes de commandement de notre pays. La présentation des programmes et des projets des sociétés, le débat politique entre les candidats, etc. ont été ou interdits ou négligés tout au long de la campagne électorale. Où voit-on la démocratie, la liberté et la transparence dans toute cette chimie ? Si ce triple caractère peut être collé au moment-même des votes surveillés par « les observateurs internationaux » (que personne ne contrôle chez eux) et les milices du RCD, il y aurait encore matière à débat. Le MLC de Jean-Pierre Bemba a porté à l’endroit de son concurrent au deuxième tour de la présidentielle des accusations des fraudes étayées par des chiffres  et des noms. Aussi réfléchir, penser ce qui s’est passé chez nous avant, pendant et après les élections de 2006, est-il plus important que de se limiter à compter les bulletins de vote ayant cautionné les candidats des « maîtres du monde » à la tête de notre pays. De ce point de vue, le bilan est largement négatif, ne fût-ce que pour la partie Est de notre pays. « En effet, écrivent nos Pères les évêques, le contexte social, sécuritaire et politique qui prévaut actuellement à l’Est de la R.D. Congo, le mutisme et la dérobade qu’affiche le pouvoir autour de cette situation, nous interpellent. Bien d’animateurs des institutions de la République, au lieu de travailler sérieusement pour sécuriser la nation, font souvent montre d’attitudes de nature à distraire la population et à mettre en danger l’avenir de notre pays. »  Voilà qui est bien dit. Distraire la population, mettre en danger l’avenir de notre pays et servir les intérêts de leur réseau de voleurs et de receleurs, telle est la mission qu’ils ont reçue « des faiseurs des rois ». C’est cela que le suffrage universel a acté. Que faire ? Pas deux solutions : les mettre hors d’état d’agir. Comment ? Ici, les avis divergent. A côté de la manière  forte, il y a chez nous des compatriotes qui estiment que les élections peuvent constituer une voie de sortie raisonnable. Ces élections sauront-elles se passer de l’opération Justice, Vérité et Réconciliation,  aujourd’hui où  certains partis politiques autrefois soudés souffrent de sérieuses fissures internes ? Peut-être qu’un Hugo Chavez Congolais viendra mettre tout à plat et refonder autrement la chose politique chez nous. J.-P. Mbelu

NEW DELHI, 9 mars (Xinhua) — L’Inde a annulé sa nouvelle  mission de maintien de la paix en RDCongo sous la bannière des  Nations Unies suite à un scandale de violences sexuelles commises  par des soldats indiens dans ce pays africain, a rapporté dimanche le journal local The Asian Age.

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NEW DELHI, 9 mars (Xinhua) — L’Inde a annulé sa nouvelle  mission de maintien de la paix en RDCongo sous la bannière des  Nations Unies suite à un scandale de violences sexuelles commises  par des soldats indiens dans ce pays africain, a rapporté dimanche le journal local The Asian Age.

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