Texte intégral du communiqué de «La Voix des Sans-Voix » : Pour la localisation du colonel Floribert Bofate Lihamba, Commandant second de la Garde Républicaine (GR) La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) exprime ses vives inquiétudes consécutives à l’enlèvement à Lubumbashi, province du Katanga, au transfert et à la détention au secret à Kinshasa du colonel Floribert BOFATE LIHAMBA, commandant second de la Garde Républicaine (GR). Selon les informations parvenues à la VSV, colonel Floribert BOFATE LIHAMBA aurait, auparavant, été assigné en résidence surveillée à Lubumbashi avant son transfert à Kinshasa, mercredi 14 octobre 2009. Il serait suspecté de « fomenter un coup d’Etat » contre le régime en place, en République Démocratique du Congo. Lundi 12 octobre 2009, vers 11h00, sa résidence, sise n° 15, avenue Pumbu, commune de Gombe, aurait été perquisitionnée de fond en comble par des militaires de la Garde Républicaine et des agents de services de sécurité dont l’Agence Nationale des Renseignements (ANR). A l’issue de la fouille systématique de la maison, un carton contenant vingt-deux (22) appareils de communication de marque Motorola et trois ordinateurs auraient été emportés. Toutes proportions gardées, la VSV craint pour la vie et la sécurité de la victime et des membres de sa famille déjà traumatisés, surtout, entre autres, par le fait que le colonel souffrirait de l’hypertension. Sa détention au secret, privé de toute visite, est susceptible de contribuer à la détérioration de sa santé, en violation de l’article 18, alinéa 5 de la Constitution de la République Démocratique du Congo qui stipule «Tout détenu doit bénéficier d’un traitement qui préserve sa vie, sa santé physique et mentale ainsi que sa dignité». Eu égard à ce qui précède, la VSV exige du chef de l’Etat, Commandant Suprême des FARDC et Magistrat Suprême d’ordonner: – la localisation du colonel Floribert Bofate Lihamba et les visites par les membres de famille, les avocats, les médecins, les défenseurs des droits humains, les humanitaires… – la libération immédiate et sans condition de la victime, sinon sa présentation devant les juridictions compétentes, en cas de griefs sérieux à sa charge, pour l’organisation d’un procès public juste et équitable; – la sécurisation de la victime et des membres de sa famille. Fait à Kinshasa, le 20 octobre 2009. La VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV) —————————————————————————— Garde présidentielle : Le colonel Bofate accusé de « conspiration » Des éléments de la garde prétorienne de Joseph Kabila, rebaptisés « Garde républicaine ». Photo d’archives Commandant en second de la garde présidentielle (Garde républicaine) de Joseph Kabila, le colonel Floribert Bofate Lihamba a été arrêté à Lubumbashi et transféré à Kinshasa où il serait détenu en un lieu secret. Dans un communiqué daté 20 octobre 2009, l’association de défense des droits humains «La Voix des Sans-Voix» donne la nouvelle et dit craindre pour la vie et la sécurité de cet ancien officier parachutiste des ex-Forces armées zaïroises. Le colonel Bofate Lihamba, commandant second de la garde prétorienne de Joseph Kabila, a été «enlevé», autrement dit arrêté sans mandat, le lundi 12 octobre à son domicile à Lubumbashi. L’interpellation a été précédée par une perquisition «de fond en comble» de sa résidence…par des éléments de la garde présidentielle ou garde républicaine assistés par des agents de l’ANR (Agence nationale de renseignements). Vingt-deux appareils de communication de marque «Motorola» et trois ordinateurs auraient été saisis par les enquêteurs. Selon le communiqué de la «VSV», Bofate a été transféré, mercredi 14 octobre, à Kinshasa où il serait détenu en un lieu secret. Que reproche-t-on à cet officier supérieur des FARDC (Forces armées de la RD Congo). «Il serait suspecté de «fomenter un coup d’Etat» contre le régime en place, en République Démocratique du Congo», précise ce communiqué. La VSV dit craindre «pour la vie et la sécurité» du colonel Bofate. L’homme souffrirait de l’hypertension artérielle. Originaire de la province de l’Equateur, Floribert Bofate Lihamba est issu de la 10ème promotion de l’EFO (Ecole de formation des officiers) à Kananga. Il a par la suite rejoint le corps des parachutistes de Ceta (Centre d’entraînement des troupes aéroportées). «C’est un excellent combattant, commente un ancien officier ex-Faz. Il a été «coopté» dans l’armée nationale par le président Laurent-Désiré Kabila.» Selon une source militaire, le «Mzee» portait le colonel Bofate en haute estime pour le travail qu’il avait accompli à Lubumbashi. Et d’ajouter : «Bofate était souvent à couteaux tirés avec son chef hiérarchique le général Banze. Et pourtant, les deux hommes se connaissent bien d’autant plus que Banze est sorti de la 9ème promotion de l’EFO.» Notons que Banze est natif du Katanga. Quel est en définitive le problème? Un officier FARDC joint au téléphone à Kinshasa d’asséner sans langue de bois : «Sous Mobutu, les soldats appartenant à l’ethnie Ngbandi considéraient la Division spéciale présidentielle comme leur chasse-gardée. Aujourd’hui, les «katangais» estiment que les Bangala n’ont pas de place au sein de la garde présidentielle dite garde républicaine.» Une fois n’est pas coutume, en lieu et place des «recommandations» habituelles, cette association de défense des droits de l’Homme « exige » du chef de l’Etat, en sa qualité notamment de commandant suprême de l’armée, de clarifier «la localisation» du colonel Floribert Bofate Lihamba afin que les « membres de sa famille, les avocats, les médecins, les défenseurs des droits humains et les humanitaires » puissent lui rendre visite. Questions : Où est passé le colonel Floribert Bofate Lihamba ? Pourquoi ne le défère-t-on pas devant une juridiction compétente afin qu’il fasse valoir son droit de la défense ? B. Amba Wetshi