Pour une petite étude sur la raison, le raisonnement et la logique sous ses multiples formes que nous avons presque tous reçues sur le banc de l’école, il y a au moins un principe selon lequel, dans un même système on ne peut pas affirmer à la fois une chose et son contraire. Les mathématiciens qui sont réputés par la rigueur logique pourront nous éclaircir davantage. Même pour être « politiquement correct », on ne peut pas s’en écarter si facilement de l’usage de la logique formelle. Si non on déconne. Sur des listes des personnes à être élevé au rang des héros congolais, listes qui sillonnent le net ces derniers temps, que ne constatons-nous pas? Des raisonnements des intellectuels qui gratifient ou essayent de gratifier des personnes aux antipodes d’utilité commune pour les congolais! Comment vénérer à la fois la distinction et la nullité absolue? Comment immortaliser des personnes qui défendent l’intégrité territoriale en même temps que ceux qui divisent le pays en morceaux? Non seulement ça dépasse l’entendement de plus d’une personne mais surtout ça déçoit et dégoute. N’y aurait-il pas à se mordre les doigts si l’on essaye de passer Jésus le Messie et Juda Iscariote sur le même hôtel de gloire? Considérant en fait les idéologies des personnes à promouvoir comme héros nationaux en RDC, on peut constater qu’elles sont diamétralement opposées.  Ainsi quel validité donnons-nous à ce mot « héros » lorsque de bonne foi: 1. Celui ou ceux qui tuent physiquement P.E. Lumumba soient portés au même rang que celui-ci? 2. Que ceux qui s’acharnent à liquider sa philosophie soient eux aussi reconnus héros nationaux comme lui? Nous pensons que « logiquement » c’est l’un sans l’autre. C’est à appliquer le principe de non-contradiction dans un même système de raisonnement logique. En clair si Lumumba est reconnu tel un héros, ses tueurs physiques et idéologiques ne peuvent en aucun cas les être, et vice versa. Choisissez donc le vrai de l’ivraie. Sur ces listes des personnes « canonisables » héros nationaux figurent Joseph Kasavubu, Joseph Malula, Pierre Mulele, Joseph Désiré Mobutu, Moise Tshiombe, Laurent Désiré Kabila, Antoine Gizenga, Etienne Tshisekedi, etc. Certains on les veut ainsi à titre provincial ou communal, d’autres à titre national. Les raisons « justificatives » sont tantôt par ce qu’ils ont été ceci tantôt pour avoir fait cela. En notre connaissance, le tout premier à être illustré héros national est le premier Premier Ministre de la République issu des élections incontestables et incontestées à l’ascension du pays à sa souveraineté, non à cause du fait qu’il soit le tout premier Premier ministre mais sur base de consistance dans sa lutte pour la libération du pays à la colonisation. Face à toutes les épreuves endurées, il n’a pas capitulé, n’a pas fait de compromission et bref il ne s’est pas ébranlé, jusqu’au sacrifice suprême pour la protection de la nation entière contre le néo-colonialisme. Une figure non le moindres qui n’est cependant sujet d’aucun doute et mériterait qu’on en parle avec assurance et fierté est la personne de Mfumu Kimbangu. Ici aussi, à mon sens, ni ce titre de héros ni un monument ne correspondrait à sa grandeur. Ainsi dit, nous ne pensons pas le limiter aux monuments ni aux titres, il vaut mieux ! Hors mis les sentiments que nous pouvons émettre sur les personnalités qui nous ont dirigé, ils appartiennent tous à notre histoire, dans ses moments pénibles comme il en a toujours été; nous avons l’obligation de les inscrire dans notre histoire par leurs apports en bien comme en mal.  Cependant, est-il vraiment nécessaire que pour les reconnaitre il leur faut ce titre de héros? A ceux qui le méritent tant mieux. Mais nous nous refuserons de prévaloir nos émotions déclarer juste pour un « sans objet » ces personnalités des héros nationaux par ce que seulement ils ont été soit le tout premier président, soit premier cardinal, premier révolutionnaire, premier dictateur, premier sécessionniste, premier traite, premier usurpateur ou premier opposant.  A cette allure nous risquons d’honorer tous ces premiers qui brillamment ou froidement déméritent ce titre. La bonne justice qu’on les ferait c’est de les laisser reposer comme ils sont. Et, pour celui qui vit encore, lui a-t-on demandé comment il se sentait dans la peau d’un héros? Qui a cru que le « civilisé et civilisateur » Léopold II érigé en bétons armés sur la place Kalina (Ngaliema) à Kinshasa serait démoli sans grue [i]? Serions-nous prêt(e) à barrer le courant de la tempête lorsque ca va souffler un jour? Le peuple congolais, frustré aujourd’hui n’a pas dit son dernier mot.  Son histoire qu’il écrit maintenant sera lu pour corriger et sanctionner toute lecture officielle falsifiée, et elle sera, en ce temps une histoire glorieuse faite sur le sacrifice de ses martyrs et héros véritables. Que ceux qui ont concédé aux décisions du conclave de Lovanium, sachant qu’il était fait sous la pression du diktat impérialiste, revendiquent l’héroïsme; ou que ceux qui passent en coalition contre nature faite en âme et conscience pour trahir la nation; ceux là méritent mieux une malédiction éternelle qu’une reconnaissance de l’héroïsme national. Dans le même type de raisonnement sentimentaliste, d’autres héros se préparent ou se profilent en se démarquant simplement du bon sens. Ils veulent se distinguer en mettant les chariots devant les bœufs. Pour une commémoration du cinquantenaire de notre indépendance, les acteurs politiques qui viennent d’adopter le langage de la résistance selon lequel le pays doit être libéré (alors qu’ils sont aux reines du pouvoir il ya une dizaine d’années), ne pensent qu’à la fête en dépit de la misère chronique de la population. L’heure est-il vraiment à la fête, à discerner les titres fantaisistes d’héros avant même la libération dont le gouvernement et ses hauts cadres sont passés aux aveux ou à travailler pour cette libération? Mais aussi, quel qualificatif convenable attribuer à ceux qui se veulent inviter à cette fête ou qui acceptent l’invitation dans les conditions déclarées par ces dirigeants congolais d’une logique peu recommandable. Autant l’indignation leur sera partagée entre les organisateurs et leurs invités, autant l’indignation recouvrera l’ensemble des pays dont ils représenteront. Au rang de ces invités sont des rois, présidents, ministres respectables qui attendront surement par bon sens, je le suppose, que la RDC soit d’abord libérée comme le veut tout le monde (la résistance congolaise et le pouvoir y compris) pour honorer leurs présences de gloire. Autrement ca serait pour eux aussi mettre les chariots devant les bœufs, indignes des personnalités de grande carrure. Des héros aussi? Oui bien entendu, nous en compterons beaucoup dans le mauvais sens. Alain Matiki. [i] http://isamk.ahlamontada.com/montada-f28/topic-t786.htm et aussi http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.resistances.be/images/statue.jpg&imgrefurl=http://www.resistances.be/palais02.html&usg=__8zlWUcZBI7KabNXz9IbHxIKLQKQ=&h=217&w=325&sz=10&hl=fr&start=9&um=1&itbs=1&tbnid=4JXxl3BQ6jWKZM:&tbnh=79&tbnw=118&prev=/images%3Fq%3Dstatut%2Bde%2Bleopold%2BII%2Bau%2Bcongo%26hl%3Dfr%26rlz%3D1T4ACAW_enGB344GB350%26sa%3DN%26um%3D1