HOMMAGE AUX VICTIMES DE L’HOLOCAUSTE CONGOLAIS: NE JAMAIS OUBLIER!

La République Démocratique du Congo est sous occupation et déplore au moins 8 millions des morts depuis la deuxième guerre d’invasion de la coalition tutsie rwando-ougando-burundaise déclenchée en début août 1998. Cette deuxième invasion meurtrière faisait suite à la première qui fut malicieusement organisée sous le manteau de l’AFDL, composée très largement des militaires et généraux des forces armées de trois pays voisins du Congo précités. Jadis, quelques Congolais, tels que le feu président Laurent Désiré Kabila, le général Ngandu Kisasse furent séduits par Kagame et Museveni d’une manière stratégique et bien calculée pour masquer cette première triple invasion étrangère qui éclata officiellement en septembre 1996.

Holocauste Congolais (1996 – 2018)

Dans ce contexte d’une guerre d’invasion dite de « Libération », il a donc fallu élaborer une stratégie plus efficace, marquée par la désinformation totale et animée par une campagne mensongère inégalée au monde. Il a donc fallu réquisitionner cette guerre en provenance de l’Ouganda, planifiée minutieusement et déclenchée par l’élite militaire Tutsi rwandaise en exil, après avoir ravagé le Rwanda et le Burundi et propulsé les fugitifs, entre autres, au Congo-Zaire, après le double assassinat des présidents Rwandais J. HabyarImana et de son homologue Burundais le président Cyprien Ntaryamira le 6 avril 1994. Ce double assassinat qui attend toujours justice, marque l’histoire tragique du Rwanda-Urundi et de toute l’Afrique centrale est le résultat d’une longue guerre d’invasion déclenchée par les exilés Tutsi rwandais qui avaient quitté leur pays en 1959 et ont formé le Front Patriotique Rwandais (FPR) vers la fin des années 80 pour envahir le Rwanda depuis l’Ouganda en début du mois d’octobre 1990. Cette guerre a déstabilisé une très grande partie de l’Afrique sub-saharienne avec des conséquences incommensurables sur tous les plans ! Les horreurs commises au Congo par les armées régulières de ces trois pays (Rwanda, Ouganda, Burundi) voisins du Congo et leurs milices respectives sont encouragées par une impunité hors du commun et un silence ensorceleur qui ne dit pas son nom.  

Or, depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours, les peuples du Congo, en particulier, et ceux de l’Afrique centrale en général, ne sont imputables d’aucun reproche dans les conflits qui ravagent le Rwanda-Urundi pour le partage du pouvoir et l’égalité entre les groupes ethniques : Hutu majoritaires (84%), Tutsi (14%) et Twa (1%) minoritaires.

Plusieurs historiens et missionnaires témoins incontestables et, dans certains cas, co-acteurs de l’histoire du Rwanda, appuyés par de nombreux récits et témoignages des Rwandais eux-mêmes, tel que Antoine Nyetera dans son rapport présenté au Tribunal Pénal International pour le Rwanda á Arusha (2001-2002) intitulé : «La vérité sur le conflit Hutu-Tutsi », certifient clairement que les causes de la tragédie rwandaise sont à chercher chez les Rwandais eux-mêmes, notamment chez les dirigeants traditionnels Tutsi (les Bamis ou Mwami) bien avant l’indépendance du Rwanda. 

Dans son rapport, Nyetera explique longuement comment les nomades tutsi s’étaient infiltrés au sein du pouvoir aristocratique des Hutu, puis ont forme une dynastie Tutsie qui s’est installée et s’est maintenue jusqu’à la fin des années 50, après avoir renversé et massacré systématiquement les principautés Hutu préexistantes. En effet, concernant l’origine de l’aristocratie tutsie au Rwanda et au Burundi, Mgr Julien Gorju (1938) affirme, après avoir mené des enquêtes minutieuses auprès des princes de la dynastie Chamite, donc tutsie, que : «  Il est des princes dont le faciès est du Bantou pur. Nous nous fatiguerions à citer des noms parmi les anciens et les nouveaux. Bref, pris dans l’ensemble, nos princes sont moins Chamites (Tutsi) que les simples pasteurs et, quand ils le paraissent, cela doit vraisemblablement être attribué à des unions incessamment répétées dans le stock Chamite.»  À ce sujet, Antoine Nyetera déclare que la monarchie tutsie a eu «recours  à toutes sortes de subterfuges, d’alliances et de stratagèmes pour asseoir son autorité et subjuguer le reste des composantes sociales considérées, dès lors, comme des sujets corvéables à merci. Un système d’éducation et de socialisation fut alors instauré : le mythe de l’intelligence supérieure de la composante tutsie et de sa prédestination de régner sur les autres est inculquée à la population. C’est le système que trouvent les Allemands qui sont les premiers á coloniser l’ensemble qui constitue aujourd’hui le Rwanda et le Burundi.»

Les administrateurs et les missionnaires Allemands ont donc renforcé ce système de domination et d’asservissement des Hutu par les Tutsi, un système  de ségrégation raciale et d’exploitation basée sur la hiérarchie des castes et un pouvoir mono – ethnique radical dirigé exclusivement par les Tutsi.

Au sujet de l’infiltration des Tutsi dans le pouvoir aristocratique des Hutu, Mgr Gorju (1938) constate après avoir observé la nouvelle dynastie tutsie implantée au Rwanda, il déclare au sujet de nouveaux princes Chamites (Tutsi) que: « Leurs coutumes viennent à l’appui de leurs dires. Leurs hommes de confiance sont toujours parmi les manants (Hutu). Un prince, lorsqu’il épouse une fille Mututsi (donc Tutsi), accomplit des cérémonies dans une hutte d’un Muhutu (donc Hutu), constituée expressément pour cela par des Bahutu, dans un kraal de Bahutu. Lorsqu’un prince sent la mort venir, il se fait porter dans la hutte d’un de ses Bahutu pour y mourir.» Ainsi, pour dévoiler les mensonges véhiculés par la nouvelle oligarchie tutsi, Mgr Gorju citait le grand chef Nduwumwe qui avait affirmé clairement haut et fort : «Ne te méprends pas sur notre origine ; nous autres princes, notre premier aïeul était Muhutu, nous ne sommes que des Bahutu.» Une telle affirmation dans un pays où l’on rend un culte au mensonge et à une époque où n’était « noble » que ce qui était tutsi a requis du chef Nduwumwe un attachement certain à la vérité. (Gorju, Julien Mgr, 1938 : « Face au royaume hamite du Rwanda, le royaume frère de l’Urundi », Bibliothèque du Congo, N.S. Nr.3, Bruxelles, 1938).

 Après la seconde guerre mondiale (1940-1945), les belges reçoivent mandat de la communauté internationale pour diriger le Rwanda-Urundi. Les Belges continuent le système instauré par les Allemands. Les Tutsi sont massivement soutenus dans leurs pratiques d’asservissement des Hutus. Depuis au moins 1922, une véritable ségrégation raciale fonctionnait au Rwanda-Urundi dés le niveau primaire. Plus tard, les instructions de Mgr Léon Classe aux différentes missions du Rwanda sont particulièrement claires : « L’école des Batutsi doit avoir le pas sur celle des Bahutu (….) Elle prépare l’avenir en nous gagnant les futurs chefs, en gagnant les parents et le gouvernement (…) Il faut tendre que l’école de Mututsi n’est dans son locale que des Batutsi. » (Classe, Léon Mgr ,1922: «  Le Rwanda et ses habitants.») Entre temps, les Hutu, considérés comme la masse des cerfs et d’esclaves, croupissaient sous la domination de l’aristocratie tutsie appuyée par les colons belges.

Cependant, en 1957, les Hutu préparent un mémorandum sur les revendications appelé «Manifeste des Bahutu», qu’ils adressent notamment au Ministre belge des colonies et au Conseil de tutelle de l’ONU. Ce manifeste exige. « le partage des terres ; la suppression des latifundia (ibikingi) qui étaient devenus au cours des années propriétés et pâturages des seuls Tutsi; la participation des Hutu à l’administration territoriale, etc…Bref, le « Manifeste des Bahutu » présentait le problème Hutu-Tutsi en ces termes : « La question Htu-Tutsi constitue le problème no. 1 au Rwanda, parce qu’il met en cause la coexistence même du groupe numériquement supérieur, d’une part, et du groupe économiquement et politiquement supérieur, d’autre part. C’est la vie même du peuple rwandais qui est en jeu ici (Hutu : 84% ; Tutsi : 15% ; Twa : 1%). » Ce Manifeste réclamait donc une égalité de fait de tous les citoyens du pays par l’instauration d’un régime démocratique de nature à garantir au maximum à tous les citoyens une égalité de fait devant les droits, les obligations, les honneurs ou les charges ; une structure politique et administrative où les privilèges de caste soient bannis, de façon à assurer à tous les citoyens, indistinctement, l’égalité de chances devant l’accession à tous les emplois publics et notamment aux postes de direction.

 L’ONU avait reçu les pétitions des Hutu et s’était inquiétée de la situation inégalitaire du Rwanda-Urundi. C’est ainsi que le rapport de la Mission aborde de front, pour la première fois, le problème Hutu-Tutsi, jusqu’alors systématiquement nié par les dirigeants tutsi et minimisé par l’administration coloniale belge. Ce rapport de l’ONU critique les fondements mêmes de la politique belge dans le territoire du Rwanda-Urundi. Au paragraphe 45 de son rapport, l’ONU insiste sur l’urgence d’une évolution dans le sens de rendre possible et de hâter l’émancipation des Hutu. L’ONU déclara entre autres: « …Ceci marquera dans une large mesure la fin du danger de l’exploitation des Cultivateurs Bantous par les pasteurs Hamites, mais posera d’autres problèmes tout aussi angoissants… » Et comme l’on pouvait s’y attendre, les notables de la cour du mwami (le roi du tutsi du Rwanda) furent les premiers á protester contre les revendications des Hutu. Ils déclarèrent sans détours qu’ils n’avaient pas á partager le pouvoir avec les Hutu, que ces derniers n’étaient pas leurs frères, mais plutôt leurs esclaves !  

Selon Antoine Nyetera, le mwami Tutsi et ses notables « rappelèrent d’abord qu’ils étaient des descendants du ciel (ibimanuka) ou anunaki de la race des géants, des Anaks et « qu’ils n’avaient donc pas de fraternité avec les Terrestres. » Ces déclarations des notables et du mwami Tutsi rappellent ce qui est écrit dans les anciens livres de l’Humanité avant le déluge. Le livre d’Enoch et les manuscrits Sumériens repris dans l’ancien Testament parlent clairement de la race des géants qui ont semé la violence sur la terre ; les nephilim issus des unions contre nature entre les femmes des humains et les anges déchus. Il est fort possible que les notables Tutsi appuyaient leurs déclarations sur leur haute taille très remarquable, leur soif du pouvoir dévorant, la malice, le culte du mensonge et leur caractère guerrier très violent et perverti. Pour marquer leurs convictions et leur détermination, l’opinion de ces notables du roi Tutsi fut signée par onze d’entre eux (abagaragu cumi na babili b’Ibwami). Nyetera affirme encore que : « Ils (les notables) recommandèrent au mwami (roi) de ne pas permettre le partage de leurs latifundia avec les Hutu, et proposèrent que les Hutu aillent plutôt habiter à Gishari et Mokoto au Kivu, au Congo au cas où ils auraient besoin de terres. » L’intolérance et l’intransigeance de l’oligarchie tutsie a donné le ton à la suite des événements qui secouent les Rwanda-Urundi depuis des nombreuses années : Les Pétitionnaires Hutu furent ainsi condamnés et accusés de « séparatisme » et traités de « divisionnistes », d’ «Inyangarwanda », c’est-à-dire, « d’ennemis du Rwanda ». C’est ainsi que le Conseil supérieur du pays du 9 au 12 Juin 1958 qui s’était saisi de la question sociale Hutu-Tutsi, se termina par un rejet méprisant des revendications des Hutu. Et avant de se rendre à Bruxelles où il était invité á l’exposition internationale de 1958, le mwami Mutara III Rudahigwa proféra des menaces à l’endroit des Hutu : « …Les promoteurs de pareils méfaits ne sauraient se cacher, et si la chose se répète, l’arbre qui produit ces fruits, je l’extirperai… »

Malgré les intimidations de mwami Mutara III, l’ONU veilla á ce que le Rwanda-Urundi se dote des institutions démocratiques, d’un pouvoir issu d’élections libres et de partis politiques. Les Hutu créèrent l’Association pour la Promotion Sociale de la Masse (APROSOMA) et le Parti du Mouvement de l’Émancipation des Hutu (PARMEHUTU), tandis que les Tutsi créèrent l’Union Nationale Rwandaise (UNaR). En novembre 1959, lors d’un vote populaire qui donna naissance à la « Révolution Sociale », la hiérarchie des castes et l’aristocratie des tutsie furent abolies. Le roi Tutsi fut déchu. Dans ce contexte, à l’instigation de l’UNaR qui entend conserver le pouvoir, des troubles agitent le Rwanda. Les Tutsi s’en prennent aux Belges à qui ils reprochent de n’avoir pas empêché les Hutu de revendiquer leurs droits. L’UNaR envoya une lettre circulaire á tous les chefs et sous-chef Tutsi visant á mettre fin aux activités des partis Hutu. Des Hutu sont traqués et molestés sur les places publics et les marchés. L’UNaR diffusa des tracts incitant au meurtre des Hutu. Dans l’un des tracts on pouvait lire : « Banyarwanda, unissons-nous, cherchons coûte que coûte ces ennemis du Rwanda et leur progéniture et exterminons au Rwanda tous ces mauvais grains. En avant Banyarwanda, faites attention, exterminons ces serpents, ennemis du Rwanda. » Ces violentes attaques à l’endroit des leaders des partis politiques Hutu par des Unaristes Tutsi provoqua une riposte violente des Hutu.

 Les para-commandos belges sont intervenus pour mettre un terme aux troubles et les coupables furent arrêtés. Certains chefs et sous-chefs Tutsi qui avaient mené des attaques massives sont aussi arrêtés, et d’autres prirent le chemin de l’exil vers l’Ouganda, le Congo, la Tanzanie et le Burundi. L’autonomie interne fut acquise en 1960 ; mais l’indépendance du Rwanda-Urundi fut seulement proclamée en 1962. Le 26 octobre 1962, Grégoire Kayibanda fut élu premier président Hutu du Rwanda comme état souverain. Toutefois, les élections démocratiques n’apportèrent point de paix au Rwanda. Tous les efforts faits en direction des Tutsi ne servirent á rien. Ils refusèrent d’être dirigés par un président Hutu : députés, ministres et cadres- assistants médicaux, vétérinaires, agronomes et certains enseignants démissionnèrent. Ils prirent alors le chemin de l’exil, en même temps, ceux des Unaristes qui étaient restés se livrèrent á des actes de sabotage et á la chasse des Hutu du PARMEHUTU et de l’APROSOMA. Des Unaristes exilés dans les pays voisins faisaient des incursions au Rwanda pour assassiner des bourgmestres, des policiers communaux, des députés, des comptables, voire des simples citoyens. Ces rebelles Tutsi se baptisèrent eux-mêmes « Inyenzi» abréviation d’ « Ingangurarugo Ziyemeje kuba Inyenzi ». Ingangurarugo rappelait la milice du roi Kigeri IV ; Ziyemeje veut dire déterminés ; kuba signifie être ; Inyenzi désigne un cafard, un insecte nuisible qui grouille, qui se produit très vite, attaque la nuit et couve vite et se cache habilement. Nyetera confirme que ce ne sont pas les Hutu qui leur ont donné ce nom d’inyenzi (cafard), c’est eux-mêmes. Le Front patriotique Rwandais a pris le nom d’ «Inkotani » qui veut dire «Lutteurs acharnés» qui ont enclenché la guerre de 1990 pour marquer un retour brutal au Rwanda-Urundi. Causant un double génocide des rwandais Hutu, Tutsi et Twa.  

La guerre d’invasion rwandaise au Congo est une guerre qui échappe á la conception d’un conflit armé ordinaire. Elle est surtout une guerre des puissances diamétralement opposées, voire des esprits qui s’affrontent au travers des milices animées par une idéologie fasciste et hégémoniste qui sacrifient d’énormes vies humaines, pillent les ressources du Congo et détruisent la nature et l’écosystème dans le bassin du Congo peu après la chute du mur de Berlin.

(De g.à.d) Les criminels du Rwanda Paul Kagame, de l’Ouganda Yoweri Museveni et l’imposteur criminel Kanambe « Kabila » à Kampala, mercredi 21 novembre, ont exigé a leurs milices du M23 de se retirer de Goma/RDCongo. Ph. Droits tiers

Cette idéologie fasciste sauvage, véhiculée par une force destructive sans mesure en provenance du Rwanda, ravage le Congo au travers des guerres d’invasions des Tutsi rwandais. Cette idéologie est fondée sur une propagande mensongère répugnante, bénéficiant de l’appui aveugle des puissances étrangères et qui entraîne de facto la falsification de l’histoire, une réalité qui s’est implantée au Rwanda-Urundi, et qui s’étend progressivement à une vitesse vertigineuse au Congo, en passant d’un prétexte á l’autre pour maintenir l’insécurité et s’emparer du pouvoir par la violence armée, les assassinats permanents de l’élite Congolaise, les viols systématiques des femmes de tous âges ; les infiltrations malicieuses des rwandais aux postes stratégiques de commandement à tous les niveaux ; la terreur ; les mensonges, la désinformation infernale, les bradages des toutes les ressources nationales congolaises ; l’imposture, l’impunité et la corruption sauvages instaurés par les rwandais qui sont imposés au pouvoir au Congo depuis janvier 2001. Les invasions rwandaises au Congo ont enclenché un chaos total en Afrique centrale et un usage de la violence hors du commun qui menace l’existence d’un tout un peuple. La population congolaise est directement menacée d’extermination. Les Congolais doivent prendre conscience de ce danger et ils doivent par conséquent se mobiliser pour exiger et obtenir la démission du pouvoir d’occupation implanté à Kinshasa dans les plus brefs délais, et mettre un terme à l’idéologie rwandaise sur le sol congolais. Il n’y aura pas de paix réelle sans juste. 

 Les guerres d’invasions rwando-ugando-burundaises au Congo doivent être sanctionnées suivant la charte des Nations Unies et le droit international. L’élite Tutsi est responsable primordiale de la tragédie dans la région.

Car la lutte des castes du Rwanda est entrée en crue, débordant les frontières qui la confinaient depuis 1959.

 Jeanne-Marie SINDANI