2016: UNE ANNÉE DÉCISIVE POUR L’AVENIR DES FEMMES CONGOLAISES ET DE LA RD CONGO

L’Union des Patriotes de la Diaspora Congolaise (UPDC e.V.) se joint, cette année encore, aux nombreuses organisations qui célèbrent annuellement, en ce mois de Mars, la Journée internationale des femmes pour réfléchir et contribuer aux échanges sur les grands enjeux en matière de sécurité et de dignité humaine, en général, et celles de la femme congolaise, en particulier en ce 21 ème siècle.

Chères Mamans Congolaises,

Les Congolaises fuyant les zones de combat au Kivu

Les Congolaises fuyant les zones de combat au Kivu

Hommage a Floribert Chebeya, Hero national

Hommage aux femmes congolaises, Héroïnnes nationales

Avant toute chose, je vous prie d’observer une minute de silence en mémoire des filles et des femmes du monde entier et, plus spécialement, celles de notre pays, la République démocratique du Congo, qui sont victimes et cibles de toute forme de violence féminicide ignoble; de massacres et d’extermination systématiques; de déplacement forcé; de traumatismes et parfois enterrées vivantes… Disons-leur au fond de nos cœurs, que nous ne les oublierons jamais et leur accordons une pensée très particulière en leur rendant un hommage digne et mérité. Nous émettons les vœux de paix, de dignité et de sécurité pour toutes les femmes à travers le monde entier, notamment dans notre pays, la RD Congo. Et que cette Paix profonde se reflète dans chacun de nous et inonde notre pays, la RDCongo qui en a tant besoin pour un avenir meilleur.

En raison principalement des guerres des minerais du Congo (RDC), plus de 430 000 réfugiés originaires de RDC sont toujours exilés dans des pays limitrophes, notamment le Burundi, l’Ouganda, la République-Unie de Tanzanie. L’ampleur des déplacements forcés à l’intérieur et à l’extérieur de la RDC reste considérable: 2,7 millions de personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays en 2014 le sont jusqu’à ce jour du fait de la poursuite du conflit armé dans l’Est de la RD Congo. Le HCR, chef de file du module de la protection, ainsi que du module des abris, l`a déclaré en février 2016, et joue un rôle important dans les groupes de travail du module de la gestion des camps et de la coordination des camps des refugiés internes en RD Congo.
En ce mois de la femme, Nous voulons aussi saisir cette occasion pour dénoncer l’absence de Paix, de justice et de sécurité dans notre pays depuis de nombreuses années. Nous voulons surtout interpeller l’opinion publique internationale ainsi que les dirigeants de tous les pays défendant les valeurs et les droits universels de se ressaisir pour les respecter et en faire bon usage face au drame que subissent les femmes congolaises depuis 1885. Car, en ce 21 ième siècle, la tragédie congolaise, en l’occurrence la violence systématique et sans mesure faite aux femmes congolaises puise ses racines dans le non-respect des droits et libertés fondamentales des Congolais par les pays membres des Nations-Unies, qui violent systématiquement le droit international en RD Congo en toute impunité, tels que stipulés dans la déclaration des droits universels. C’est une situation injuste et inacceptable, voire une honte pour toutes les nations du monde moderne.

L’impunité, l’indifférence et le silence coupable face au drame des femmes congolaises ont été une forme de violence supplémentaire que tous les pays membres des Nations Unies ont fait subir aux millions des femmes congolaises durant ces deux dernières décennies. La RD Congo connaît un génocide et un féminicide inégalés au monde depuis la seconde guerre mondiale. La solidarité internationale quasi absente, la réaction timide des pays membres de l’ONU dans le respect et la mise en application des recommandations issues de différents rapports des experts de l’ONU de 2000 à 2015 (dont celles formulées dans le rapport Maping publié publié le 01.octobre 2010 par les Experts de l’ ONU http://www.ohchr.org/Documents/Countries/CD/DRC_MAPPING_REPORT_FINAL_FR.pdf ) suscitent des vifs questionnements sur la volonté des Nations Unies de mettre fin à l`impunité et de faire respecter sa propre charte, afin de trouver les voies et moyens pour une paix véritable et durable dans un environnement sain et sécuritaire pour les femmes et les filles Congolaises.

Dr-Mukwege-et-sa-femme lors de la collation de de grade du Docteur en Scinces Medicales a l`ULB, Bruxelles 24.09.2015

Dr-Mukwege-et-sa-femme lors de la collation de de grade du Docteur en Scinces Medicales a l`ULB, Bruxelles 24.09.2015

Face à cette ambiguïté, à l`occasion de la célébration de la journée internationale des femmes le 08 Mars 2016, le Dr. Denis Mukwege qui soigne et prend en charge des milliers des femmes congolaises victimes de la barbarie et des nouvelles formes violences sexuelles jusque-là inconnues dans l`histoire de l`humanité en RD Congo, a lancé encore une fois son interpellation aux pays membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies afin « qu`ils ne disent pas qu’ils ne le savaient pas ». Les cris des femmes congolaises vont aussi à tous les pays bénéficiaires des ressources et des minerais de sang pillés en RD Congo par les troupes et les milices des pays voisins en toute impunité, notamment le Rwanda et l`Ouganda avec une complicité à ciel ouvert du régime d`occupation actuel en RD Congo.

HOMMAGE A REBECCA MASIKA KATSUVA, l’une des héroïnnes de la RD Congo Photo hrw-MASIKA
REBECCA MASIKA KATSUVAHÉROÏNNE CONGOLAISEAu début du mois de février 2016, la République démocratique du Congo a perdu une femme hors du commun, une héroïne: Rebecca Masika Katsuva, militante des droits des femmes qui a consacré sa vie à aider les victimes de viol dans l’est de notre pays, elle est décédée subitement le 2 février 2016, comme la plupart des défenseurs des droits et libertés des Congolais sous ce régime d`occupation cruelle. Elle est décédée quelques mois avant de fêter ses 50 ans.
Masika fut un modèle de courage féminin en RD Congo et en Afrique, une femme de valeur et pleine de qualités exceptionnelles. Notre consœur Masika avait un grand cœur et un courage extraordinaire. Elle-même avait été violée à plusieurs reprises et avait été témoin des terribles violences infligées à son époux et à ses enfants par les milices rwandaises. Elle avait pourtant réussi à transformer sa peine et sa souffrance en action positive et solidaire au bénéfice de la communauté. Selon plusieurs témoignages dignes de foi en RD Congo, sa maison de Buganga, dans la province du Sud-Kivu, était devenue un centre d’assistance aux autres femmes congolaises victimes de violence sexuelle et aux enfants nés d’un viol. Au fil des ans, Mama Masika, a contribué à sauver des milliers de vies grâce à son engagement et  son courage exceptionnels. Nous lui disons un profond merci au travers de ce grand hommage dédié à une vaillante et digne fille du Kongo, Masika qui a redonné l`espoir et le courage à plusieurs de ses congénères.

Ainsi, en ce mois de Mars 2016 nos pensées vont à toutes les femmes congolaises, enterrées vivantes, massacrées et violentées ; et à toutes les victimes de toutes les guerres des minerais et de prédations de leurs ressources auxquelles elles n’ont pourtant pas d`accès; nos pensées vont également à toutes les jeunes filles et écolières congolaises martyrs qui ont versé de leur sang dû à ces violences féminicides utilisées comme arme de guerre, des massacres et d`extermination en RD Congo, sans oublier les martyrs des 3 glorieuses du 19 au 25 janvier 2015 pour défendre les valeurs démocratiques et leur respect à travers notre pays. Nous pensons aussi aux jeunes filles congolaises, des étudiantes qui croupissent en prisons sous le régime d`occupation finissant et celles qui sont enterrées dans des fosses communes à travers la RD Congo; nous pensons aussi aux jeunes filles abandonnées dans la rue, les femmes et enfants dispersés dans les camps des réfugiés dans leur propre pays et livrés à toute forme de sévices et d`humiliation. Comme leurs consœurs des autres pays en guerre, les filles et les femmes de la République démocratique du Congo aspirent à la paix et la croient encore possible.
En effet, depuis les premières revendications féminines datant du terrible incendie de 1 857 à New York City aux USA, où de nombreuses femmes avaient perdu la vie, en passant par toutes les requêtes et doléances féminines des années cinquante et soixante en Europe, des forces combattantes pour la liberté, l`égalité et la sécurité pour tous, un long chemin a été parcouru, chemin qui a abouti á la reconnaissance et á la revalorisation progressive des droits de la femme dans le monde. Face à la détermination de toutes celles qui nous ont précédées, les droits de la femme ont enfin été reconnus au même titre que ceux de l’homme. Ainsi le 8 mars 1977 a été proclamée et célébrée pour la première fois comme journée internationale de la femme.
Cependant, si aujourd’hui cette journée est célébrée avec faste et soulagement partout ailleurs dans le monde, elle n’a pas le même éclat dans notre pays, la République Démocratique du Congo. Car le drame que subissent les femmes congolaises est plus que douloureux, inacceptable et humainement insupportable.

Chères Mamans et filles du Congo (RDC),
Je vous prie d’accepter, par notre modeste voix, les chaleureuses salutations des filles et des femmes du Congo qui vivent á l’étranger et luttent pour le respect de notre droit á la vie. Elles espèrent que l’ÉCHO du message que véhiculent nos nombreuses interpellations et actions, vos cris d’angoisse depuis plus de deux décennies auront une résonance internationale pour mettre fin á la barbarie, aux violences sexuelles et á l’impunité en Rép. Dém. Du Congo.
Par ailleurs, nos enfants ont leurs yeux fixés sur nous et leurs oreilles guettent avec espoir le moindre écho et geste de détermination provenant de notre engagement, de nos idées et de nos actions pour exiger et obtenir ce droit fondamental pour notre existence en tant qu’Humanité, génératrice de la vie. Car cette journée n’est pas une simple célébration « dansante » pour nous Congolaises, mais une journée mémorable, en hommages á toutes les mamans et filles congolaises victimes des guerres d’invasion et d’occupation, causant plus de 8 millions des victimes et une souffrance sans mesure en toute impunité.

Le 8 mars : quelle signification à cette date en Rép. Dém. du Congo aujourd’hui?

Une des millions des femmes Congolaises, victime des soldats rwandais a lèst de la RDCongo

Une des millions des femmes Congolaises, victime de la violence des soldats des pays voisins, le Rwanda et l’ Ouganda a l’ Est de la RDCongo

Cette journée constitue une date importante du calendrier féminin. À l’occasion de cette journée, propice à la réflexion et à la recherche de solutions visant à améliorer les conditions de vie des femmes congolaises, l’UPDC se joint à tant d`autres organisations congolaises pour rendre un grand hommage à toutes les femmes du monde entier, en général, et aux femmes congolaises, en particulier, et à souligner le rôle indispensable de la femme dans la société congolaise depuis nos ancêtres: non seulement le long chemin parcouru par nos arrières grand-mamans dans notre pays, mais également à rappeler qu’il reste encore beaucoup à faire de nos jours pour atteindre le respect du droit à la justice, à la dignité et à la sécurité pour la femme congolaise; le droit à la vie et à l’égalité devant la Loi en tant qu’Humanité. Car la situation de la femme congolaise est la plus tragique au monde.

Éduquer et sensibiliser la jeunesse congolaise
Force est également de constater que sous le régime d’occupation actuel finissant, la situation tragique que vit la femme congolaise est délibérément entretenue par le régime en place, et par conséquent ne suscite que très peu d’intérêt dans l’opinion publique, notamment chez les services de sécurité et juridiques paralysés et massivement infiltrés. Par ailleurs, il existe une forte perception à l’effet que rien de substantiel ne pouvait être entrepris par ce régime, ni à court ni à moyen ou à long termes pour améliorer la situation des femmes, surtout à l’est du pays.
Alors, nos réflexions nous poussent à une série de questions utiles, telles que: Comment amener les jeunes générations à s’identifier aux luttes historiques du mouvement des femmes et à exprimer des revendications ancrées dans le contexte social d’aujourd’hui? Comment favoriser l’éducation et la prise de conscience de la jeunesse congolaise face à ses droits fondamentaux et au choix de ses dirigeants? Telles sont les questions essentielles qu’il faut absolument se poser pour préparer un avenir meilleur aux futures générations. Il n’y a ni justice ni sécurité sous un régime despotique ou celui d’occupation meurtrière. Pour y parvenir, la lutte pour le respect des droits et valeurs universels est le seul but immédiat et ultime à atteindre pour sauver la vie des femmes et de la nation congolaise toute entière.
Cette année 2016, l’UPDC souhaite profiter de l’attention suscitée par la Journée internationale des femmes pour informer et sensibiliser le public et les dirigeants des pays influents du système international aux enjeux de la sécurité et de la dignité pour tous.

À l’occasion de la célébration du mois des femmes, l’UPDC présente ses vœux les meilleurs à toutes les femmes du monde, particulièrement aux femmes congolaises tant au pays que dans la Diaspora, pour leur courage et leur héroïsme dans la lutte pour la justice et la dignité. Pour ce, nous devons nous mettre debout pour exiger et obtenir la fin de ce régime d’occupation mortifère en RD Congo avant la fin de cette année 2016.
Que le Très Haut Nzambi Mpungu/Nzakomba/Mungu Baba/ Mwidi Mukulu Maweja bénisse la femme congolaise et protège notre beau pays, le Grand Kongo.

Jeanne-Marie Sindani, updc

Jeanne-Marie Sindani, updc

Maman Jeanne-Marie Sindani, Fait en Allemagne, le 08.Mars 2016