M. Emmanuel Koloando est chercheur aux Energies renouvelables. Son innovation consiste à démontrer les méfaits du méthanol lors de l’utilisation du biodiesel dans le moteur. En lieu et place de ce produit corrosif, il propose l’utilisation de l’éthanol comme réactif. Cette découverte lui a valu un certificat d’innovation du Centre de recherches aux énergies renouvelables de Kyoto au Japon et du Ministère de Recherches Scientifiques et technologiques de la Rd Congo. Ainsi, voulant mettre son intelligence au service de la Nation, Emmanuel Koloando se consacre actuellement à la promotion et à la vulgarisation des techniques culturales et celles de la transformation du Jatropha, Moringa et Ricin en biocarburants. Ce, à travers une structure qu’il vient de mettre en place et dont il est le coordonnateur national. Cette Asbl, Génération Jatropha Moringa et Ricin (GJMR) a donc pour principale mission de constituer la matière première pouvant servir à la production du biocarburant sur toute l’étendue de la Rdc.Voilà pourquoi elle s’est fixée des objectifs : d’organiser les particuliers ou les structures paysannes à la production des grains de Jatropha, Moringa et Ricin ; d’implanter les champs de multiplication des semences saines partout en Rdc ; de rechercher des financements au profit des paysans œuvrant dans la protection de l’environnement ; d’organiser des filières d’extraction et de production des biocarburants ou énergies propres en Rdc ; de lutter contre la pauvreté en milieu rural et enfin ; de lutter contre le réchauffement climatique par la reforestation, en semant des espèces énergétiques locales autour des grandes agglomérations humaines. Cette structure dispose en effet d’un centre des recherches aux énergies renouvelables, CREER, qui en son sein, comporte un laboratoire d’expérimentation et une petite raffinerie moderne dont la capacité de production est de 2 mètres cubes de Mazut-B jour. A savoir ; le Jatropha est un genre de plantes dicotylédones de la famille des Euphorbiaceae. Les tiges renflées (caudex) à la base de certaines espèces leur valent les noms de plantes bouteilles et de pignons d’Inde, mais on les appelle aussi médiciniers pour leurs utilisations thérapeutiques auxquelles le genre doit son nom (Jatropha dérive du grec jatrós, docteur et trophé, nourriture). Comme pour la plupart des Euphorbiaceae, les baies et la sève sont toxiques. Cependant, le Moringa est un genre de plante de la famille des Moringaceae. L’espèce la plus populaire est Moringa oleifera, un arbre multi-usages originaire d’Inde, cultivée sous les tropiques. Quant au Ricin, c’est un arbrisseau d’origine tropicale de la famille des Euphorbiacées. C’est la source de l’huile de ricin, qui a diverses applications et de la ricine, un poison. Certains avantages liés au Jatropha La source de la Gjmr nous renseigne que la transformation de l’huile végétale extraite du Jatropha donne non seulement du biocarburant mais aussi de la glycérine brute, matière première qui sert à la fabrication des produits cosmétiques. Des tourteaux de Jatropha, ajoute la source, peuvent servir d’engrais verts et ses briquettes de charbon pour la cuisson des aliments, en remplacement des charbons des bois et des bois de chauffage. L’énorme avantage de la culture du Jatropha est qu’elle n’entre pas en compétition avec les cultures vivrières d’autant plus que son huile n’est pas comestible, a-t-on appris. Du point de vue agronomique, l’on indique que l’utilisation du biocarburant dans des tracteurs réduira de moitié le coût de revient de la production de farines (maïs, manioc). La plante est fixatrice d’azote au sol, tout en permettant la bonne croissance des autres plantes en cultures associées. Economiquement, la Gjmr signale qu’un hectare de Jatropha rapporte entre 1500 et 2000 Usd. L’huile de Jatropha contient moins d’acides gras libres que toutes les autres, y compris celle de palme. Elle offre plus d’avantage à la transformer en un biocarburant de loin meilleur que le diesel fossile. Sur le plan écologique et financier, nous retenons que le Jatropha est l’un des meilleurs pièges à carbone. Un hectare de champ du Jatropha retient 20 tonnes par an de CO2 contenu dans l’atmosphère pendant une durée de 40 ans. Ce qui fait que dix hectares de Jatropha admis au crédit carbone peuvent générer 6.000 Usd qu’un opérateur agricole pourrait gagner paisiblement chaque année. La Génération Jatropha Moringa et Ricin invite alors tous les Congolais à cultiver le Jatropha parce qu’il retient le dioxyde de carbone qui pollue l’atmosphère. Aussi, il génère de ressources financières et économiques sûres, réduit la pauvreté en milieu rural. Lepetit Baende © Copyright L’Avenir Quotidien