Depuis la liquidation du premier gouvernement démocratiquement élu en 1960, notre pays est dans une crise politique profonde. Le Congo a déjà connu un nombre impressionnant de dialogues. Mais toutes les concertations n’ont abouti qu’à l’impasse. Depuis 1960, une multitude de recommandations issues d’innombrables dialogues et rapports des Nations Unies sur la crise congolaise existent, mais n’ont jamais été appliquées selon les exigences et attentes du peuple congolais. A cela s’ajoutent les résolutions de la Conférence nationale souveraine, les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies (depuis l’ONUC jusqu’à la MONUSCO) ainsi que les résolutions des dialogues précédents  et des dernières concertations nationales.
Ces dialogues et concertations n’ont abouti à aucune mise en application sérieuse et conforme aux attentes des Congolaises et des Congolais. Ils n’ont apporté aucune solution efficace à la tragédie que subit notre peuple. Au contraire, ils ont enfoncé notre pays dans un gouffre sans fond.

L’expérience montre clairement que le recours à ce genre de dialogue n’a plus de raison d’être. Tous ces dialogues se sont révélées être un marché de dupes.

Au peuple Congolais,
Aux partis politiques de l’opposition,
A la société civile congolaise.

Chers compatriotes, Mesdames et Messieurs,

La situation sécuritaire au Nord-Kivu et au Sud-Kivu est très préoccupante. Tous les observateurs avisés s’accordent à dire qu’il y a péril dans la demeure. Pour cette raison, chaque Congolaise et chaque Congolais et digne de ce nom doit s’engager corps et âme pour sauver la Mère Patrie en danger.
En effet, le gouverneur Julien Paluku vient de confirmer une nième incursion des soldats rwandais sur nos terres, dans le territoire de Nyiragongo, tandis que l’armée ougandaise s’est invitée à son tour en secteur de Rwenzori.
Au Sud-Kivu, plusieurs réfugiés venant du Burundi écument le territoire et font des pressions inacceptables sur nos populations autochtones. Leur présence massive et suspecte cache insidieusement des intentions bellicistes à peine voilées. Comme d’habitude, ces incursions récurrentes sont rendues possibles par la complicité du régime illégitime et illégal qui dirige notre pays par défi. Les populations kivutiennes vivent en permanence dans la crainte de revivre les affres de la guerre d’occupation de triste mémoire menée par l’AFDL : œuvre diabolique d’extermination du peuple congolais initiée par le triumvirat Rwanda, Ouganda et Burundi dans les années 1996-1997. Entre-temps, à Kinshasa, le pouvoir d’occupation et son opposition dansent le tango. Plutôt que de prendre des positions formelles contre le danger permanent qui menace l’intégrité de notre territoire national, les acteurs du système travaillent à sécuriser l’insécurité pour pérenniser le chaos et ainsi justifier leur maintien à la tête du pays et, par voie de conséquence, maximiser leurs profits.

On se rappelle que les manifestations des 19, 20 et 21 janvier 2015 menées vaillamment par notre jeunesse ont eu pour but d’empêcher le régime de se maintenir au pouvoir pour éviter de nombreuses arrestations et son cortège des morts. Cet objectif noble et patriotique de l’opposition, qui en a été l’artisan et qui a demandé à la population de Kinshasa de descendre dans la rue, semble s’éloigner du but à atteindre dans un futur proche. Dans le registre des horreurs qui ont suivi les dates macabres de janvier, on a compté le 19 mars 2015 les corps de 425 de nos Concitoyens tués et jetés sans ménagement à Maluku – dans la banlieue kinoise – dans une fosse commune au mépris de la dignité due aux morts. Cet événement très révoltant, qui aurait dû permettre à notre peuple d’en finir avec le régime répressif et de tourner ainsi définitivement la page de l’imposture, semble également s’éloigner de la préoccupation immédiate de l’opposition qui préfère s’occuper des débats électoralistes, en sollicitant un dialogue afin de partager le pouvoir avec les tricheurs patentés qui ont rendu notre pays ingouvernable.

Face aux multiples atermoiements d’une partie de l’opposition congolaise qui, au moment des événements tragiques qui frappent nos populations, évite de qualifier le régime totalitaire de Joseph Kabila de pouvoir d’occupation et de le sanctionner en conséquence, des résistants congolais résidant en Suisse et en Allemagne accusent et taxent de collaborationnistes ces femmes et ces hommes qui travaillent avec ce régime qui opprime et humilie le peuple congolais. Le moment venu, les Congolais jugeront et détermineront qui sont ceux qui combattent réellement l’occupation étrangère. Il y a mille raisons d’en finir avec ce régime d’un autre âge qui a planifié dans son projet funeste l’implosion du Congo dans sa forme actuelle et l’extermination des Congolais en tant que Peuple historique. Plusieurs faits illustrent aisément cette stratégie. Aux millions de Congolais sacrifiés depuis l’agression du Congo par l’AFDL, il faut ajouter le nombre de femmes violées, les assassinats crapuleux des adeptes de Bundu dia Kôngo dans le Bas-Congo, les tueries des adeptes de Joseph Mukungubila le 31 décembre 2013 à Kinshasa, à Lubumbashi et à Kindu, les tueries des militants de l’UDPS le 20 décembre 2011, les assassinats de Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana, Armand Tungulu, Bapwa Mwamba, Franck Ngicke, Kabungulu et son épouse, Marius Gangale (MLC), Député Boteti (MLC), Colonnel Mamadou Ndala, Félicien Bahuma, Général Bunza Mabe, Monseigneur Kataliko. Cette liste, qui est loin d’être exhaustive, s’allonge avec les récentes tueries dans la ville de Muanda (Bas-Congo). Ces tueries sont l’œuvre criminelle des soldats rwandais mutés à Kitona avec la mission d’exterminer des Congolais dans cette partie de la République.

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Il est n’est plus possible de mettre en doute les intentions machiavéliques de ce pouvoir catapulté à la tête de la RDC par la mafia internationale.
La Résistance congolaise demande avec insistance aux citoyens Congolais de ne jamais négocier et composer avec ce pouvoir prédateur et usurpateur. Elle demande à ceux qui soutiennent encore ce régime de quitter le navire pendant qu’il est encore temps pour rejoindre le bon côté de l’Histoire, car, si demain, notre peuple sera le seul Juge et le seul Souverain, déjà aujourd’hui, nous les considérons comme des ennemis de notre peuple et les traiterons comme tels partout où ils se rendront.

Notre prise de position

Depuis la liquidation du premier gouvernement démocratiquement élu en 1960, notre pays est dans une crise politique profonde. Le Congo a déjà connu un nombre impressionnant de dialogues. Mais toutes les concertations n’ont abouti qu’à l’impasse. Elles se sont révélées être un marché de dupes.
Donc, depuis 1960, une multitude de recommandations issues d’innombrables rapports des Nations Unies sur la crise congolaise n’ont jamais été appliquées. A cela s’ajoutent les résolutions de la Conférence nationale souveraine, les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies (depuis l’ONUC jusqu’à la MONUSCO) ainsi que les résolutions des dialogues précédents  et des dernières concertations nationales.
Ces dialogues et concertations n’ont abouti à aucune mise en application sérieuse et conforme aux attentes des Congolaises et des Congolais. Ils n’ont apporté aucune solution efficace à la tragédie que subit notre peuple. Au contraire, ils ont enfoncé notre pays dans un gouffre sans fond.
L’expérience montre clairement que le recours à ce genre de dialogue n’a plus de raison d’être.
Un Congolais raisonnable et rationnel ne peut pas négocier avec un gouvernement illégitime issu d’un pouvoir usurpé. Certes, après le holdup électoral qui a suivi l’élection présidentielle du 28 novembre 2011, le président élu au suffrage universel direct par le peuple, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, a exigé un dialogue, non pas avec l’actuel régime illégitime, mais avec les représentants des institutions nationales et internationale tout en prenant le peuple congolais à témoin. Mais les circonstances ne sont plus les mêmes et ce dialogue-là a déjà perdu tout son sens.
Nous fondant sur l’expérience du passé, au nom de la diaspora congolaise dispersée à travers le monde, nous demandons au peuple congolais de refuser toute forme de dialogue avec ce pouvoir usurpateur et illégitime qui gouverne notre pays par défi. Nous appelons le peuple congolais à se soulever de manière résolue, indépendamment des appartenances politiques, philosophiques ou religieuses, contre le pouvoir de Joseph Kabila pour le mettre hors d’état de nuire. Suivons l’exemple d’autres peuples qui ont recouvré la liberté, car notre avenir se trouve dans nos mains et dans nos seules mains. Nous prenons à témoin la Communauté internationale contre toute atteinte au droit et à la liberté de manifester et à l’intégrité physique des manifestants par la soldatesque du régime tyrannique de Kinshasa. Toute vie retranchée à la nation congolaise devra conduire les commanditaires et les exécutants devant la Cour Pénale Internationale de la Haye.

Fait à Lausanne le 17 mai 2015
Les soussignés :
Paul Kahumbu Ntumba; Jeanne-Marie Sindani; Roger Buangi Puati; Fweley Diangitukwa