Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) qui tire pratiquement la sonnette d’alarme affirme que plus ou moins 4 500 personnes déplacées à Bili depuis le mois d’avril dernier, sont toujours sans assistance suite aux difficultés d’accès.

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C’est un vrai dilemme auquel sont confrontés actuellement les acteurs humanitaires qui assistent impuissants, ne pouvant apporter leur aide aux milliers des personnes déplacées à Bili, localité du territoire de Bondo, dans la province du Bas-Uélé en RD Congo, à cause de l’inaccessible de ce site.
Pour remédier à cette situation, le Fonds commun humanitaire aurait financé la réhabilitation plusieurs ouvrages routiers : des ponts et des bacs dans le Bas-Uele, mais, constate-t-on, l’accès physique à la zone demeure toujours un obstacle majeur à l’acheminement de l’assistance humanitaire dans une région, où des besoins humanitaires continuent à être rapportés.
Dans l’entre-temps, une évaluation effectuée par le mécanisme de Réponse rapide aux mouvements de population (RRMP) dans la localité de Biakato, située à 75 kilomètres au Sud-est de Mambasa centre du 3 au 5 septembre courant, révèle que près de 5 000 personnes déplacées en fin août dernier sont confrontées aux besoins d’articles ménagers essentiels, d’assainissement, d’éducation et de protection.
Il ressort également de cette évaluation que les structures sanitaires locales manquent de kits PEP (Prophylaxie Post-Exposition), alors que des cas de violences sexuelles sont souvent rapportés dans la zone. Ces personnes déplacées ont fui des affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les miliciens Maï-Maï dans des villages situés autour de la localité de Biakato. Malheureusement, prévient-t-on, faute de ressources financières suffisantes, le besoin en articles ménagers essentiels ne pourra pas être couvert pour le moment.
Dans la province de l’Ituri, rapporte OCHA, après l’épidémie connue au premier semestre de cette année, les zones de santé (ZS) de Geti et Tchomia, sont de nouveau face à l’épidémie de choléra. Il convient de savoir que la zone de santé de Tchomia reste la plus touchée avec 180 cas dont deux décès enregistrés entre le 31 août et le 14 septembre courant.
Suite à l’éclosion de cette épidémie, Médecins Sans Frontières (MSF) a installé six centres de traitement de choléra (CTC) et mis en place 22 points de chloration dans la zone de santé de Tchomia.

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Pour atteindre un grand nombre de la population, des messages de sensibilisation passent sur les ondes des radios locales et seront relayés dans les Eglises et autres places publiques. Un Centre de traitement de choléra (CTC) est déjà installé dans l’enceinte de l’Hôpital général de référence (HGR) de Bunia où 11 cas suspects ont été signalés.
En dehors de la province de l’Ituri, neuf cas suspects dont quatre décès ont été notifiés entre le 1er et 6 septembre courant dans les zones de santé de Lowa et d’Ubundu, situées dans la province de la Tshopo, dans le prolongement de la province du Maniema, le long du fleuve Congo.

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En fait, la zone de santé de Tchomia est une zone endémique au choléra. Lors de la première épidémie, un total de 192 cas dont 16 décès avaient été enregistrés entre le 5 janvier et le 7 juin 2015, essentiellement dans les zones de santé de Gety, soit 119 cas dont 4 décès et de Tchomia, soit 69 cas dont 3 décès.
Un constat amer, les activités de lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre (SGBV) dans la province de l’Ituri sont quasiment à l’arrêt faute de ressources financières. Alors que plusieurs cas de viol continuent d’être enregistrés. Selon une source humanitaire, 17 femmes ont été violées le 13 septembre courant dans une carrière minière dans la région de Mambasa par de présumés miliciens Maï-Maï.
Ces cas s’ajoutent à 1198 autres rapportés dans les territoires d’Irumu, Mambasa, Djugu, Mahagi et Aru, dans la province de l’Ituri. Le Fonds de Nations Unies pour la population (UNFPA), indique que l’insuffisance des fonds consacrés aux activités de lutte contre les violences sexuelles ne facilite pas la prise en charge des victimes.
Malheureusement, comme il fallait s’y attendre, ce manque de ressources a entraîné plusieurs ruptures de kit PEP (Prophylaxie Post-Exposition) dans la plupart des structures médicales.
La situation est pratiquement la même dans le territoire de Mambasa, où seul l’Hôpital général de référence (HGR) local est appuyé en kit PEP par l’UNFPA à travers le projet conjoint SGBV financé par le gouvernement canadien.
Des structures médicales dépourvues de kits PEP
Dans le Sud du territoire d’Irumu, la majorité des structures médicales n’ont pas aussi de kits PEP. Toutefois, le Sud Irumu avait été couvert entre octobre 2014 et avril 2015, par l’UNFPA et son partenaire, le Programme de promotion des soins de santé primaire (PPSSP), à travers le Projet d’urgence Prévention et réponse aux violences sexuelles et basées sur le genre au sein des populations déplacées et hôtes.
Ce programme, financé par le Fonds commun humanitaire (Pooled Fund), avait atteint 963 survivantes des violences sexuelles et basées sur le genre. Mais à la fin des interventions, le gap n’a pas été comblé par d’autres projets par manque de financement.
Aujourd’hui, les besoins à couvrir restent importants dans la lutte contre les SGBV en Ituri et dans les autres parties des provinces du Haut-Uélé et du Bas-Uélé en RDCongo. Il est donc crucial de mobiliser des ressources pour sauver la vie des milliers de femmes, jeunes filles, surtout pour ne pas annihiler les efforts des plusieurs années consentis par beaucoup d’acteurs.
Dovin Ntelolo Diasonga

Source OCHA