GENÈVE (AFP) – vendredi 05 juin 2009 – 18h41 – L’ONU a dénoncé vendredi la “barbarie” des exactions et viols répétés commis par les rebelles rwandais et l’armée au Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Des centaines de femmes manifestent contre le viol en RDC, le 26 novembre 2007 à Bruxelles“Les viols continuent. Il y a une explosion de la violence et des exactions qui sont le fait aussi bien des forces armées régulières que des rwandais (…) malgré le récent cri d’alarme de la communauté humanitaire”, a expliqué la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) Elizabeth Byrs. “Le dernier cas en date qui est le plus troublant et le plus dramatique est celui du viol d’une fillette de trois ans le 20 mai par les groupes armées” sur le territoire de Kalehe dans le nord de la région, a raconté la porte-parole lors d’un point de presse. Des femmes à l'hôpital de Panzi, dans l'est de la RDC, spécialisé dans le traitement des violences sexuelles, le 7 novembre 2003“La pauvre enfant est morte avant d’arriver à l’hôpital, ses blessures étant trop importantes pour être soignée. Sa mère a indiqué à des humanitaires que toutes ses soeurs âgées de 12,14 et 17 ans avaient été également violées au moins une fois par des hommes armés”, a-t-elle ajouté. “C’est un cas qui représente la barbarie, l’horreur qui est en train de se passer au Sud-Kivu”, a insisté Mme Byrs. Quelque 59 cas de viols ont été enregistrés entre le 1er et le 23 mai à Minova, une localité de Kalehe. En avril, 49 viols y avaient été signalés, a-t-elle précisé. Au total, plus de 1.330 personnes ont été victimes de viols au cours du premier trimestre dans cette région lors de l’opération conjointe entre l’armée régulière du rwanda et les FARDC, selon l’agence onusienne. Cette “dégradation de la situation” limite par ailleurs l’accès des humanitaires aux civils et en particulier aux nombreuses personnes déplacées. Plus de 20.000 nouveaux déplacés ont été rapportés à Shabunda, dans l’ouest de la région dont une partie n’est plus accessible que par voie aérienne, a encore signalé Mme Byrs. Selon les données de l’ONU, les derniers affrontements entre l’armée et les rebelles  rwandais au Sud-Kivu ont provoqué le déplacement de 124.000 civils depuis mars. Fin mai, le nombre total des personnes déplacées de la région était estimé à 445.900.