En visite dite privée dans son fief de Beni-Lubero, l’hôte du jour a agréablement surpris son audience en demandant pardon à la population pour sa consigne de vote de 2006 et pour la prestation du gouvernement dont il fait partie, un gouvernement qui a déçu les attentes des congolais. Le  Mardi, 15 septembre 2009 à Butembo, restera une date historique pour le parti politique de Mzee Antipas Mbusa Nyamwisi, à savoir, le RCD-K-ML. Devant une foule immense venue au Rond Point VGH (ancien Rond Point TMK) pour accueillir Mzee Antipas Mbusa Nyamwisi, en visite dite privée dans son fief de Beni-Lubero, l’hôte du jour a agréablement surpris son audience en demandant pardon à la population pour sa consigne de vote de 2006 et pour la prestation du gouvernement dont il fait partie, un gouvernement qui a déçu les attentes des congolais. Ce mea culpa public qui n’était qu’une prémisse d’un discours centré sur la mobilisation des bubolais pour l’enrôlement en vue de prochaines élections locales est ce que les bubolais ont retenu comme point important du discours. Discours de Son Excellence Mbusa Nyamwisi, Ministre de la Décentralisation, au Rond Point VGH de Butembo Après avoir remercié les bubolais d’avoir suivi sa consigne de vote de 2006, Mbusa Nyamwisi  a demandé aux bubolais de voter cette fois-ci intelligemment aux prochaines élections locales, sans d’autres précisions. Que voulait-il dire par voter intelligemment ? Aux bubolais de trouver la réponse. Cette déclaration que les bubolais qualifient de nouvelle consigne de vote, a été la partie la plus applaudie de tout son discours et qui a fait que les auditeurs restent suspendus à ses lèvres, jusqu’à la fin du meeting, espérant peut-être que l’orateur du jour allait élaborer davantage sur ce qu’on appelle déjà à Butembo « une nouvelle consigne de vote » sans dire pour quel leader politique ou parti politique il faudra voter. Mbusa a tout simplement dit que prochainement, il faudra cette fois-ci voter intelligemment ! Pour l’histoire, il convient de rappeler qu’un mois avant les elections de 2006, Mbusa Nyamwisi s’était désisté de la course présidentielle en faveur de Joseph Kabila. Ce qui fut fait même si dans les villages reculés de Beni-Lubero où les gens ne connaissent pas Joseph, plusieurs électeurs avaient voté pour Mbusa qui n’était plus dans la course à la présidence. Une fois élu Président de la République, Joseph avait renvoyé l’ascenseur à Mbusa en l’élevant au rang de Ministre d’Etat chargé des Affaires Etrangères. Les électeurs de Mbusa étaient satisfaits et attendaient les retombées  positives de leur représentation par Mbusa dans la haute sphère de la politique congolaise.  En effet, Mbusa n’a pas manqué de dire à son audience  qu’il avait appris le mécontentement des beniluberois quand le Président Joseph l’avait descendu du strapontin des Affaires Etrangères pour celui de la Décentralisation qui n’existait pas au moment de la nomination.  Sachant qu’il était devant un public très catho, Mbusa a tenu à dire à son audience  que son passage au Ministère des Affaires Etrangères lui avait permis de rencontrer plus personnalités politiques et religieuses qui dirigent le monde, en l’occurrence le Pape Benoît XVI. Autrement dit, catholiques, y compris Monseigneur Paluku SIKULI qui n’était pas au meeting, ayez confiance, j’ai acquis beaucoup d’expérience et j’ai même rencontré votre Pape ! On peut dire que Mbusa Nyamwisi est déjà en campagne électorale. La Jeunesse du RCD-K-ML devant le magasin peint aux couleurs du parti de Mzee Antipas Mbusa Nyamwisi De la foule, quelques participants au meeting, on crié « Route », «  Route » ? A ces cris, Mbusa a répondu qu’il se bat pour que la route qui doit relier Beni à Kisangani relie d’abord Beni à Butembo. Un vœu pieux qui rappelle plusieurs promesses de campagne électorale qui n’ont jamais connues un début d’exécution. Les bubolais auraient voulu que Mbusa parlent des causes du manque d’application des promesses de la campagne électorale de 2006.  On se rappelle que les congolais de l’Est voulaient avant toute autre chose, la restauration de la securité des personnes et de leurs biens, l’intégrité territoriale, etc. Mbusa n’a pas voulu se risquer sur ce terrain glissant de la politique congolaise où plusieurs géants ont péri. Parler de la securité au Nord-Kivu, c’est parler de l’alliance de Joseph avec le CNDP qui à des visées territorialistes et expansionnistes et qui a amené dans ses valises des militaires rwandais au Nord-Kivu jusque dans le territoire jadis contrôlé par Mbusa, à savoir Beni-Lubero-Ituri. Ce rapprochement de Joseph avec le CNDP et sa suite, a vu Mbusa non seulement perdre sa place au soleil de Joseph comme Ministère des Affaires Etrangères, mais aussi son fief de jadis où les massacres, les assassinats, les viols des femmes, les incendies des maisons ont élu domicile depuis lors. Jamais pareilles atrocités n’avaient eu lieu pendant les rebellions précedentes au point que les Nord-Kivutiens se demandent aujourd’hui pourquoi ils avaient voté en 2006, tellement la situation avant 2006 était bien meilleure que celle d’après les elections de 2006. On se rappelle que certains députés du RCD-K-ML tel les Honorables Ernest Kyaviro et Kamate avaient dénoncé la complicité du gouvernement de Kinshasa dans les violations graves des droits humains au Nord-Kivu, les détournements des soldes des militaires qui se font à Kinshasa dans une impunité déconcertante, allant jusqu’à demander une interpellation du gouvernement au parlement et une évaluation des opérations militaires conjointes Rwanda-R.D.Congo de janvier-mars 2009. Le très bouillant Député National Ernest Kyaviro de Beni qui fut un moment le héros national à la suite de sa fameuse pétition sur l’évaluation des opérations militaires rwandaises en R.D.Congo avait été  immédiatement réduit au silence par l’AMP au point que ses fanatiques se demandent dans quelle tanière il se cache. On se rappelle que la même dénonciation de l’entrée des militaires rwandais au Congo avait coûté le perchoir de l’Assemblée Nationale à un autre très bouillant fils du Kivu, Vital Kamerhe. Depuis cette dénonciation de l’action catastrophique du gouvernement de Kinshasa au Nord-Kivu, le divorce Joseph-Mbusa semble consommé. Les futuristes ont depuis lors prédit que dans un prochain remaniement du gouvernement, Mbusa descendrait plus bas que son Ministère actuel de la Décentralisation que les mauvaises appellent « Ministère de la Balkanisation » ! D’autres vont jusqu’à dire que pour punir Mbusa, Joseph peut l’écarter comme Jean-Pierre Bemba, en le mettant sur la fameuse liste de l’argentin Luis Moreno-Ocampo de la CPI. Ainsi, l’éventuelle absence du prochain gouvernement ou un séjour à la Haye tiendrait lieu d’acte de divorce  consommé entre les deux amoureux de 2006. Cependant, selon les observateurs, tant que Joseph ne mettra pas fin aux massacres des Kivutiens et aux incendies de leurs maisons, il a beau réduire au silence  Mbusa, Kamerhe, Kyaviro, etc. mais il lui sera difficile de se faire élire dans les deux Kivu comme en 2006 à moins d’une élection à la gabonaise! La visite privée de Mbusa s’est faite ainsi à Beni-Lubero au moment où Mbusa lui-même perdait du terrain à cause de son silence devant les massacres des populations, les incendies des maisons, les tracasseries de l’ANR devenue au Nord-Kivu l’autre pseudonyme du CNDP. En effet, en s’appelant ANR, les militaires du CNDP opèrent en tenues civiles  avec la même brutalité. Et comme l’ANR échappe aux gouvernements provinciaux, il est devenu la filière indiquée pour camoufler les tueurs de toutes sortes dans les villes et villages du Nord-Kivu et d’ailleurs. Plusieurs associations de droits humains s’en plaignent mais sans suite favorable. Ainsi donc, Joseph Kabila tout comme les autres politiciens seront jugés sur leurs actions concrètes en faveur de la securité des congolais et de l’intégrité territoriale de la R.D.Congo. En demandant pardon publiquement, Mbusa Nyamwisi a fait un pas sur ce chemin de restauration des relations avec les congolais déçus par l’action calamiteuse du gouvernement actuel. Mais ce pardon public ne suffit pas. Il faut des prises de position et des actions concrètes sur le terrain des droits humains qui sont aujourd’hui foulés aux pieds à l’Est du pays. La situation catastrophique qui se vit à l’Est du pays et que Kinshasa aidé par la communauté internationale essai de camoufler par des discours de rapprochement avec la Rwanda, du développement du Nord-Kivu, etc. est tellement criante que même ceux qui se disent fins politiciens n’arriveront pas à se refaire une peau neuve tant qu’il n’y aura pas de changement tangible sur terrain. Evidemment, il ne faut pas perdre de vue le cynisme des capitalistes du désastre dont parle Naomi Klein dans son dernier livre « capitalisme du désastre » . On sait que la prospérité de ces derniers est souvent bâtie sur des génocides des peuples qui ont disparu de la planète terre. En effet, d’après les critiques, le fait de ne pas condamner le génocide en cours à l’Est de la R.D.Congo est perçu comme une reconnaissance de la part des capitalistes du désastre qui sont visiblement à l’œuvre en R.D. Congo qu’aucun de leurs poulains ne peut plus gagner des élections libres et démocratiques. D’où la stratégie de les imposer par la force des armes, le génocide, la terreur, etc. Les mêmes critiques voient dans l’organisation des prochaines elections locales, la phase finale de la cession par les capitalistes du désastre d’une partie de la R.D. Congo à leurs poulains rwandais. Une opinion qu’on ne peut pas balayer d’un revers de la main sachant que la communauté internationale n’avait pas voulu financer les elections locales en 2007 comme initialement prévu. La raison pour ce retard serait le fait que les rwandais n’étaient pas encore  en possession d’un territoire propre à eux, un territoire où ils peuvent régenter tous les secteurs de responsabilités pour leur permettre d’initier un referendum d’autodétermination politique ou sous prétexte de persécution, demander d’être un protectorat de l’ONU.  Ce plan expliquerait l’inaction du gouvernement de Kinshasa et de la communauté internationale vis-à-vis du retour des déplacés congolais dans leurs villages et l’inaction vis-à-vis des incendies des villages  qui continuent d’envoyer des milliers des congolais en brousse ou sur les routes de l’exil. Les villages abandonnés par des congolais en exil seraient habités par des rwandais ou refugiés dits tutsi-congolais qui seraient au Rwanda, en Ouganda, au Burundi et en Tanzanie.  Et quand cette occupation serait effective, une parodie d’elections locales aurait lieu pour donner de la voix à ses revenants qui seraient en vrai dire des occupants. Des rumeurs circulent au Nord-Kivu que des maisons démontables pour ces occupants seraient en route pour le Nord-Kivu en provenance de pays comme  l’Italie et que la MONUC ne renouvellerait plus son mandat car elle aurait déjà accomplie sa mission. Mais avant de quitter la R.D. Congo, elle veillerait à l’organisation des élections locales pour habiller de légalité la colonie de peuplement rwandais au Nord-Kivu.  Ceci expliquerait pourquoi ce qu’on appelle communauté internationale a offert de financer les élections locales  à la hauteur de 70 %. Un proverbe ne dit-il pas que la main qui donne, gouverne et contrôle ! Toujours selon les futuristes du Nord-Kivu, les stratèges de cette colonie de peuplement rwandais au Nord-Kivu prendraient au sérieux la résistance congolaise qui se radicalise comme dans les années 1999-2003. Ayant profité de l’inaction du gouvernement de Joseph Kabila pour atteindre l’étape actuelle, ses stratèges de la colonie de peuplement rwandais feraient pression à Kinshasa pour revoir la constitution congolaise et prolonger le mandat présidentiel de deux ans, le temps qu’ils pensent nécessaire pour réaliser le plan machiavélique en R.D.Congo. Aussi, pour que l’ONU sorte sans tache du bourbier congolais, les stratèges de la balkanisation voudraient remplacer la Monuc par une force angolaise qui porterait le blâme de la fin de la R.D. Congo dans sa configuration actuelle. Evidemment, plusieurs personnes ne prennent pas au sérieux ces propos qu’ils qualifient d’élucubrations de l’intellect. Nous les reprenons dans cette dépêche sur Mbusa pour dire que ces rumeurs sont connues de ceux qui ont participé au meeting public et qui espéraient que Mbusa les assurerait qu’une catastrophe pareille ne s’abattrait pas sur la R.D. Congo dans un avenir proche. Mbusa n’a pas malheureusement abordé directement la question de la situation catastrophique du Nord-Kivu. Comme tous les politiciens congolais qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, depuis l’éviction de Vital Kamerhe, il est dangereux de donner son point de vue sur la question touchant aux violations des droits humains à l’Est de la R.D.Congo. Il suffit de voir le menu des Conseils des Ministres!  Mbusa s’est limité à la demande de pardon pour la prestation calamiteuse du gouvernement dont il est membre sans entrer dans les détails. Mbusa a donc ainsi parlé comme en parabole au point qu’aujourd’hui les bubolais interprètent sa parabole à leur manière. Mais tout n’a pas été énigmatique. Mbusa a quand même abordé quelques points précis dans son discours. En sa qualité de Ministre de la Décentralisation, il a parlé du projet de faire de cités d’Oïcha, de KIRUMBA, de KANYABAYONGA des villes, et des agglomérations de  Musienene, Kyondo, Mangina, des communes rurales. Evidemment Mbusa ne pouvait pas ne pas parler de la nouvelle qui a secoué toute la ville de Butembo il y a trois semaines, à savoir, l’attaque de la Cellule de Furu par les militaires sous les ordres du Maire de ville Hubert Syahetera. Le lendemain du meeting, soit le 16/09, une délégation de la population de FURU était allée  voir le ministre à sa résidence du Quartier MUTIRI en cellule Vatolya, Commune de Bulengera. Cette délégation était conduite par Mr PATANJILA, Ancien représentant du RCD- K-ML en Afrique du Sud. Pendant cette entrevue, Mbusa a condamné l’attaque de la cellule Furu et a comparé le Parlement de Furu à une Véranda, un Kyaghanda local où les habitants se réunissent pour parler de ce qui se passe dans leur quartier ou cellule et qu’en ce sens, on ne peut détruire une telle initiative. Ensuite, Mbusa a ajouté, qu’en politique dans un état démocratique comme le Congo, écouter les opinions des autres et accepter un débat contradictoire, doit être l’art de gouverner. Satisfaits de cette nième condamnation de l’action du Maire de Butembo en Cellule Furu, les militants pacifistes de Furu disent avoir trouvé en celui qu’ils appellent toujours Mzee Mbusa, un allié dans leur bataille acharnée contre le Maire « pprdien » Hubert Syahetera. Un autre fait qui a retenu l’attention c’est l’impopularité du Maire de Butembo depuis son bras de fer avec les commerçants et les violations massives des droits humains en Cellule de Furu. Les bubolais venus au meeting ont boudé la salutation du Maire Hubert Syahetera : « Jambo wakaaji wa Butembo » Le Maire Hubert a commis une autre gaffe en présentant Mbusa comme un ancien rebelle qui est maintenant au gouvernement. Le public visiblement pro-Mbusa n’a pas manqué de siffler. Un militant a même  jeté quelques pierres en direction du Maire en signe de protestation contre ce manque de courtoisie du Maire vis-à-vis de celui qui fut Président de Beni-Lubero-Ituri. Pour éviter le pire, les militants du RCD-K-ML ont vite maitrisé le fanatique qui voulait transformer le meeting public en intifada comme le Maire Hubert. Et pourtant ce que le Maire avait dit était une vérité qui visait certainement à montrer qu’il y a progrès politique au Congo car un ancien rebelle a pu devenir homme politique. Mais comme les ponts semblent coupés entre le Maire et une grande majorité des bubolais, même le bien qu’il ferait peut-être pris comme un mal. Peut-on dire que le PPRD, parti du Maire de Butembo, est entrain de perdre de la crédibilité ? Peut-être. L’accueil chaleureux de Mbusa qui n’était plus populaire mais qui est revenu sur scène à cause de sa demande publique de pardon et sa nouvelle consigne de vote montre bien que les bubolais ont besoin des nouveaux repères politiques qu’ils ne trouvent pas en Hubert qui large des militaires sans foi ni loi sur une population meurtrie par 13 ans de guerre d’occupation. Tant mieux pour Mbusa et son RCD-K-ML qui profite de cette impopularité du Maire Hubert. Avec la demande publique de pardon de Mbusa, on peut dire que le RCD-K-ML est déjà en campagne électorale. Mais à ce stade, personne, aucun parti politique, ne peut se proclamer déjà favori. Les beniluberois attendent que les discours et les mea culpa  se traduisent en actions bénéfiques pouvant alléger tant soit peu la souffrance des populations civiles. De toute évidence,  si jamais la CEI ou la CENI parvenait à organiser  des elections locales, législatives, ou présidentielles en R.D. Congo, elles seraient rudes et passionnantes. Qui vivra Verra ! Kakule Mathe Butembo Beni-Lubero Online