FOCUS SUR L’ACTUALITÉ

Des bataillons de la Police Nationale, expédiés à Gemena, sont aux trousses des jeunes, supposés venir de Dongo pour joindre Gemena. Mais, les rafles effectuées par des policiers dans cette zone n’ont qu’un objectif: rechercher les éléments, qui ont créé l’insécurité à Dongo et dans les localités environnantes. Ce débordement a accru depuis le transfert, à Kinshasa, de quelques membres du clan Enyele, présentés comme fauteurs des troubles dans le territoire de Kungu. A la Police Nationale, l’on assuré que ces «délinquants» seront présentés à l’opinion dans les tout prochains jours. Des armes traditionnelles (lances, machettes, couteaux…) seraient détenues par les services spéciaux de la Police. Mais des sources onusiennes affirment que «jusque-là personne ne maîtrise la situation sur le terrain de Dongo». Surtout que le mouvement créé à Dongo prend une dimension politique. Des habitants du territoire de Kungu, dans le Sud-Ubangi, se plaignent des tracasseries dont ils sont victimes de la part des forces de l’ordre. L’on rappelle les arrestations de certains natifs de la province de l’Equateur au moment où le Mouvement de Libération du Congo, MLC, alors groupe politico-militaire, s’imposait dans le Nord du pays. L’on sait également que des éléments des forces de l’ordre campaient à l’époque sur le fleuve Congo, vers Maluku, à Kinshasa, contrôlant toutes les embarcations en provenance de l’Equateur, à la recherche des «partisans de Jean-Pierre Bemba». Gemena se vide Mais, la question ne réside plus à ce niveau. Des sources onusiennes affirment que «jusque-là personne ne maîtrise la situation sur le terrain de Dongo». Surtout que le mouvement créé à Dongo prend une dimension politique. Les clans Enyele et Moyanza cèdent aux «patriotes-résistants», dont le porte-parole s’appellerait Lobala Mokobe Amba. Est-ce un prête-nom ou un nouvel acteur politique, qui affiche ses ambitions politiques sous la couverture des éléments armés ? La famille Lobala est connue à Dongo. Cependant, Lobala Mokobe semble lancer ses messages à partir des localités investies par les «insurgés»: Dongo, Bokonzi… Comme toujours, depuis la guerre AFDL, l’on lance d’abord des messages d’intoxication à l’adresse d’une localité. Ses habitants et les policiers commis à sa garde prennent la fuite. Dans les heures qui suivent la localité « tombe » entre les mains des assaillants. A Gemena, selon des informations de la MONUC, c’était la débandade hier. La ville se vidait. Déjà des familles avaient eu le temps de s’extraire pour trouver refuge à Kinshasa. Le dossier est donc à prendre au sérieux. Et, la semaine dernière, Jean-Paul Dietrich, porte-parole de la Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo, MONUC, avait regretté l’attitude des autorités congolaises, qui avaient minimisé les affrontements armés à Dongo. Aujourd’hui, le temps est à la spéculation. Faute d’informations officielles fiables, les portables des ressortissants des districts du Nord et Sud-Ubangi ne cessent de crépiter pour décrire la situation dans cette région. A la fin de la semaine dernière, les contacts avec Zongo, dans le Nord-Ubangi, ont suscité l’émoi dans quelques familles. Des habitants de cette ville s’affolent à l’annonce des incursions des «patriotes-résistants», qui font circuler la rumeur selon laquelle ils doivent conquérir les principales agglomérations de l’Ubangi. La MONUC se garde d’intervenir. En dix ans de présence en RD Congo, on connaît un peu les agissements de la MONUC. Quand il s’agit de petits accrochages, les soldats de la paix viennent sans trop de risques remettre un peu l’ordre. Mais lorsqu’ils sentent que c’est sérieux, les observateurs de la MONUC préfèrent ne pas « faire la guerre » contre des Congolais ni quitter leur statut onusien de neutralité. Ce qui se passe maintenant à l’Equateur ressemble plus à une rébellion contre l’ordre établi qu’à une lutte entre clans rivaux, en l’occurrence les Enyele et les Moyanza. D. Baïta Le Climat Tempéré Mardi, le 08 Décembre 2009 © Copyright 7sur7.cd