Cinq organisations non gouvernementales de défense des droits de l’Homme ont réclamé lundi des autorités congolaises qu’elles mettent un terme à l’impunité dont bénéficient selon elles les agresseurs des journalistes et défenseurs des droits humains en République démocratique du Congo (RDC). « La situation des journalistes et défenseurs des droits humains est de plus en plus préoccupante en RDC. A Bukavu (est), Bruno Koko Cirambiza, journaliste de Radio Star, a été mortellement poignardé le 23 août dernier. A Lubumbashi (sud-est), Golden Misabiko, président de la section Katanga de l’Association africaine de défense des Droits de l’Homme (ASADHO), est poursuivi pour ‘propagation de faux bruits’ à la suite d’un rapport sur l’exploitation des mines. Il encourt une peine de plusieurs années de prison lors de la prochaine audience qui se tiendra mercredi », ont souligné ces ONG dans un communiqué. Bruno Koko Chirambiza, journaliste à la station privée Radio Star a été tué le 23 août de « deux coups de poignard au thorax », par un groupe d’inconnus, alors qu’il revenait à pied avec un ami d’un mariage qu’il avait animé. Les ONG Protection International (PI), Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France), Fédération de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT), Frontline et Diakonie (Human Rights Desk) ont condamné ce meurtre lundi « avec force ». Elles ont appelé les autorités à diligenter une enquête minutieuse, à garantir un procès juste et équitable devant une juridiction indépendante et impartiale et à confier ce dossier aux juridictions civiles, conformément aux dispositions de la Constitution congolaise. Elles ont aussi réclamé des autorités qu’elles assument leur responsabilité de protéger les journalistes et défenseurs des droits humains, conformément aux engagements internationaux pris par la RDC. Ces cinq ONG ont aussi dénoncé le « harcèlement judiciaire » dont est, selon elles, victime le président de la section Katanga de l’ASADHO. M. Misabiko a été détenu à Lubumbashi, le chef-lieu du Katanga, du vendredi 24 juillet au 20 août et est toujours poursuivi en justice pour avoir publié un rapport sur les extractions minières dans cette province intitulé: « Mine Uranifère de Shinkolobwe: d’une exploitation artisanale illicite à l’accord entre la RD Congo et le groupe nucléaire français Areva » dans lequel il dénonce la poursuite d’une exploitation illégale de cette mine ainsi que le manque de transparence dans un accord conclu entre Kinshasa et Areva. « Il semble faire l’objet d’un acharnement dont les fondements sont plus politico-économiques que judiciaires compte tenu de la nature sensible des informations divulguées. Il est en effet poursuivi judiciairement en totale violation des droits à la liberté d’expression et d’information consacrés par la Constitution congolaise et les standards internationaux », dénoncent les ONG. Elles ont dès lors demandé l’abandon des poursuites contre M. Misabiko. RTBF 01/09/2009(Belga) © Copyright RTBF