Le cinquantenaire de l’indépendance de notre pays pouvait-il, devait-il être fêté ? La question est revenue plus d’une fois dans le débat entre Congolais. Le roi des Belges devait-il participer à une telle manifestation dans le cas où, malgré les doutes des uns et l’opposition des autres, les festivités étaient tout de même organisées par le pouvoir d’occupation de « Joseph Kabila » ? Parmi les opposants à ces réjouissances, on peut noter deux camps. Le premier trouvant l’indépendance acquise en 1960 d’une vacuité sans nom et ne lui accordant aucune valeur. Le second, tout en reconnaissant cette indépendance comme l’acte juridique national et international par lequel le Congo a été reconnu officiellement comme un Etat souverain, ne trouvait aucun motif de jubiler alors que le bilan de ces cinquante dernières années est catastrophique. Mais surtout, qu’un pouvoir, venu de l’étranger, construit par l’étranger et exercé par des étrangers avec certes la complicité et la participation des courtisans filles et fils du Congo ayant préféré la mangeoire à la dignité, un pouvoir honni par le peuple congolais, commette le sacrilège d’organiser les festivités de notre indépendance sacrée qu’il a piétinée pour usurper un trône qui ne lui revient pas. C’est Hitler fêtant le 14 juillet à Paris. Pour ce second groupe, le mien, l’indépendance est une réalité irrévocable en dépit de ses imperfections au cours ce demi-siècle. C’est sur cette indépendance qu’un autre Congo peut encore et doit se construire. Mais que « Joseph Kabila » organise une fête anniversaire de l’acte de notre souveraineté nationale, cela ressemble à une danse macabre. Cette danse des sorciers devient parfaite lorsqu’on y associe un personnage connu et reconnu comme le bourreau de notre peuple, j’ai nommé Paul Kagame, le Rwandais. Les clients congolais et étrangers du régime siamois Kigali-Kinshasa louent la réussite et la liesse de ces manifestations. Quant aux Congolais vigilants, fiers et dignes, cette fête n’est rien d’autre qu’une véritable farce et une humiliation inqualifiable, une défiance qui doit nous pousser à nous battre jusqu’au bout pour redonner fierté, honneur et grandeur à notre pays et à notre peuple. Car un peuple sans fierté ni dignité ne mérite pas d’être respecté. Le comble du comble c’est l’acceptation de la souillure de quelques Pères de l’indépendance encore vivants de recevoir les honneurs du déshonneur de la main sanguinolente et traîtresse d’un homme sans facture intellectuelle, ni épaisseur politique. Ni Kasa-Vubu, ni Lumumba, ni Nzeza Nlandu, ni Kalonji, ni Kashamura, ni Bolya, ni Bolikango, ni Tshombe, ni Tshisekedi, ni même Mobutu n’aurait accepté le baiser infâme d’un Juda déguisé en président de la République du Congo à démocratiser. L’histoire retiendra que l’AFDL grimée, en présence et sous le regard de l’exterminateur du peuple congolais, a posé son sceau baptismal et indélébile sur ceux qui, les premiers, auraient dû être les farouches défenseurs d’une indépendance pour laquelle ils s’étaient battus. « Joseph Kabila » a promis de les corrompre jusqu’à la fin de leurs jours. Amen. Non, attention… nous arrivons. (À suivre : 2. La mémoire lunatique d’un gouvernement et 3. Kinshasa, le 30 juin 2010 ressemble à Munich, le 30 septembre 1938) Buangi Puati, pasteur Alternative Démocratique pour le Congo