Une coalition de prédateurs tient la RD Congo Le pays est surendetté en même temps que toutes ses ressources sont livrées aux pillages systématiques ou bradés par des contrats léonins cruels ! La population meurtrie, affamée, écrasée et clochardisée et abandonnée á son triste sort ! On laisse fuir nuit et jour des millions de dollars, et en même temps on crie à la misère et on implore la Communauté internationale d’aider la RDC en contribuant au budget du gouvernement à raison de plus de 50 % du montant global ! c’est scandaleux! Même si Mobutu avec sa famille, ses collaborateurs brevetés de l?Institut Makanda Kabobi et ses généraux avaient systématiquement pillé et ruiné le Congo-Zaïre, l?ampleur des dégâts causés aux ressources du sol et du sous-sol du pays n?a pas été autant épouvantable que celle qui se poursuit depuis 1997 avec l?AFDL jusqu?à ce jour. Le rapport d?experts de l?Onu avait révélé l?énormité des déprédations causées à ces ressources par les camarades « libérateurs » et leurs alliés Rwandais et Ougandais.

En moins de quatre ans, la fortune d?individus tirée de ce pillage par les dirigeants de Kinshasa et planquée à l?étranger était évaluée à cinq milliards de dollars (5.000.000.000) américains. Le scandale était tel qu?il avait fait venir l?eau à la bouche des vautours de tous les horizons de la planète qui se sont alors invités au festin. Ils ont parrainé le dialogue, téléguidé la transition et confisqué le processus politique et électoral du début à la fin. En matière de prédation, tous les records détenus par les « libérateurs » de l?AFDL ont été battus, de 2001 jusqu?aujourd?hui. On dirait qu?un gentleman?s agreement a été alors conclu, réservant l?espace politique aux complices locaux et l?espace économique aux parrains extérieurs. Depuis lors, la RDC était mise en coupe réglée. Les ressources du sol et du sous-sol : minerais et sociétés minières, forêts, gisements pétrolifères, ressources énergétiques etc. devenaient ainsi les biens sans maître à la disposition d?une coalition des prédateurs activement à l??uvre. Des avalanches de contrats léonins tombaient et tombent encore indéfiniment, dépouillant le pays de toutes richesses. Aux termes d?un pacte diabolique secret, on aurait dit aux acolytes locaux de se contenter de l?espace politique qu?on leur donnait sur un plat et jouir de toute liberté pour détourner les fonds publics entretenant une mafia diabolique qui étrangle les Congolais meurtris, appauvris, tandis que les autres se réservent le monopole de l?espace économique. La Miba à Mbuji-Mayi au Kasaï Oriental et la Gécamines à Lubumbashi au Katanga ne sont plus aujourd?hui que les entreprises d?Etat nominales, dont les concessions ont été émiettées et cédées pour la plupart à des particuliers étrangers sans bourse délier, et qui en sont devenus les propriétaires d?un coup de baguette magique. Depuislors, les travailleurs de la Miba débrayent, du fait qu?ils ne sont pas payés il y a nombre de mois. Et pourtant les shipments des carats des diamants de la Miba n?ont jamais cessé d?être écoulés sous les régimes de l?AFDL, de la transition et celui actuel de la IIIème République. La colère et le débrayage des travailleurs de la Miba lèvent ainsi le voile sur les dessous de la spoliation de la RDC de ses concessions et titres miniers au profit des particuliers étrangers. Cette spoliation, on s?en souvient, était officiellement justifié par la nécessité de faire face à ces arriérés des salaires et à la relance de la production. Le constat, aujourd?hui, est qu?aucun de ces objectifs n?a été atteint dans cette entreprise d?économie mixte où l?Etat congolais détient 80 % des actions contre 20 % détenus par Sibeka, une société belge qui a réussi le tour de passe-passe de liquider ses parts en 2006 à une société jusque-là inconnue, « Mwana Africa ». Cette spoliation de la RDC de ses ressources minérales est scellée par un code minier scélérat qu?on peut qualifier d?acte de cession de la souveraineté du pays sur ses propres richesses. Une spoliation généralisée qui prend l?allure d?un crime organisé. Libéralisme innommable Dans son édition n° 3028 du jeudi 1er mai 2007, Le Phare arborait en manchette « Le code minier tue le Congo ! », avec à l?avant-titre « Expropriation, massacres et pauvreté » et au sous-titre « Un excès de libéralisation a livré le pays et sa population à des prédateurs sans scrupules ». Le journal se faisait l?écho de « l?arrivée massive de nouveaux explorateurs, de sociétés minières détenant des titres de prospection et d?exploitation décernés par le cadastre minier. Et qui, pour s?installer, instrumentalisent l?administration, utilisent les forces de l?ordre, menacent les populations, chassent les habitants de leurs milieux naturels et, enfin, installent le chômage, la précarité et la pauvreté. Toutes les provinces de la RDC sont prises d?assaut par des investisseurs sans scrupules et qui n?ont d?investisseurs que les signatures apposées sur les titres acquis. « La Gécamines au Katanga est logée à la même enseigne que la Miba au Kasaï Oriental. Tuée et dépecée comme un éléphant, elle est aliénée à plus d?une quarantaine de sociétés dont les propriétaires, venus les mains vides en RDC, comptent aujourd?hui parmi les grands exportateurs de cuivre, de cobalt, de germanium, de fer, d?argent, de métaux associés. Nuit et jour, des tonnes de minerais quittent la RDC par le Katanga et le Kivu via le Rwanda,  la Zambie ou la Tanzanie vers l?étranger, au profit d?individus ou groupe d?individus au nez et à la barbe de l?Etat congolais. La Gécamines a même été dépossédée de ses propres usines qui sont devenues les propriétés de ces investisseurs sans capitaux propres d?origine.  Ces contrats léonins qui favorisent le pillage scandaleux des ressources nationales par les monteurs de sociétés fictives dopés par le trop libéral code minier, plusieurs fois critiqué par certains candidats pendant la campagne électorale. On laisse fuir nuit et jour des millions de dollars, et en même temps on crie à la misère et on implore la Communauté internationale d’aider la RDC en contribuant au budget du gouvernement à raison de plus de 50 % du montant global ! Pire encore, le pays est surendetté en même temps que toutes ses ressources sont livrées aux pillages systématiques ou bradés par des contrats léonins cruels ! La population meurtrie, affamée, écrasée et clochardisée et abandonnée á son triste sort ! On ne peut se prévaloir de la souveraineté de son pays et de son patriotisme quand le sens de l?honneur et de la dignité fait cruellement défaut dans les faits et gestes illustratifs de l?éthique et de la grandeur de l?homme. Comment les bailleurs de fonds et les investisseurs sérieux peuvent-ils avoir de l?estime pour un pays qui se complait dans un libéralisme innommable et sans précédent dans l?histoire du monde ? La symbiose entre l?espace politique (congolais)et économique (groupes étrangers) coalisés pour ruiner le pays, fait de la coopération au développement une distraction infernale comparable à la forêt cachée par les arbres. Nous semblons manquer de moyens pour nous développer et vivre dans le bonheur, alors que nous sommes comblés d?immenses ressources que nous aliénons aux autres qui en font leurs choux gras. C’est vraiment étrange et dommage pour notre pays ! Le Phare, 7 mai 2007 Jean N?Saka Wa N?Saka