Éduquer la masse en vue de libérer le pays n’est pas un pari fou Il m’a fallu relire mon texte précédent[1] pour voir si ma langue a obéi à la règle qui me demande de la tourner sept fois avant de parler, ici d’écrire ma pensée. Je suis d’avis que des justifications pour le mérite d’un tel ou tel autre du titre de « héros » ne vont pas manquer. Ai-je dis en substance qu’en toute logique, si P.E. Lumumba est reconnu tel un héros alors les autres (qui le tuent physiquement ou idéologiquement) ne le sont pas, et vice-versa. Mais en tout état de cause, est-ce le moment d’en discuter au vu et su de la misère criante du peuple? Il vaut la peine d’attendre la libération souhaitée tant par les gouvernants actuels, tant par l’opposition que par la résistance. Les invités à la fête du cinquantenaire ne font pas exception par pure question de logique. On ne festoie surtout pas à grande pompe comme on y tient quand en même temps on déclare que le pays doit être libéré ! N’est ce pas que la bonne fête viendrait après la libération mais pas avant, ai-je ajouté ? Et pour des explications et/ou justifications à avancer pour chacune des personnalités concernées à ce titre (la liste n’est pas exhaustive), je me refuse d’y revenir car il me semble que l’heure est au travail de libération et à l’organisation d’après la libération. Je présume que ca serait un long débat purgatoire pour desceller le vrai de l’ivraie. Celui-ci viendra avec le temps, je le suppose.  Même ceux qui ne passeront pas resteront à jamais dans notre histoire tumultueuse, tel est mon avis. Et sans en altérer ce que j’ai dit sur Mfumu Kimbangu, j’aurais voulu assister à la scène de son refus de s’arrêter au salut du drapeau et entendre de lui son opinion sur la présence des hommes armés dans les églises pour assurer la protection des autorités politiques et militaires. Hélas! Un frère que je ne cite pas (il se reconnaitra), non parce que je ne le connais pas mais parce qu’il ne m’a pas permit de le citer en écrivant ceci, m’a fait cette pensée : «mes héros à moi je les préfère discrets, je les fais échapper « aux nominations par décrets » idéologiques. Ce qui pousse les héros purs de se sacrifier pour les leurs et pour leur pays est du domaine d’indicible ! » Cette pensée profonde peut faire réfléchir ceux qui de leur vivant se positionnent pour devenir héros et ceux qui veulent en créer d’autres. Un compatriote nous demande de devenir d’autres Lumumba, par des actes en cessant des discours. Je pense que c’est la parole qui précède les actes, sauf dans des cas extrêmes comme le 4 janvier 1959. Même dans ce cas, sans trop de scepticisme, je crois qu’un mot ou une parole ait été sorti qui a poussé aux actes. Les actes posés après une parole organisée sont porteurs des fruits. C’est ce que nous avons besoin au Congo. Nous comprenons que la parole a une efficacité durable à certains actes, car Lumumba est mort il y a longtemps mais ses paroles sont influençables hors des frontières congolaises. Ses actes sont conscrits dans le temps relativement court par rapport à ses pensées et ses écrits qui eux sont immortels. Tout le monde d’ailleurs ou presque se réclame de lui pour redresser le Congo ! En mélangeant ce sujet avec l’actualité sur l’Haïti, vous vous en douterez que pour bien agir il faut écouter ceux qui parlent ou écrivent. Frappé par un séisme (naturel ?) en même temps que le Venezuela et l’Honduras dans les mêmes profondeurs de 10 Km, l’attention du monde est portée sur Haïti seul. L’aide (entendez des actes) que l’on veut sans discours sur l’origine de ces calamités par les dirigeants haïtiens remettra ce pays dans un engrainage des souffrances futures. Pourquoi ne va-ton pas au Venezuela de Hugo Chavez ? La réponse est dans le nom de ce président. Il sait refuser un cadeau empoisonné. Or ce pays (Haïti) présenté comme le plus pauvre en Amérique latine regorge de l’hydrocarbure en quantité nettement supérieure à celle du Venezuela. On compare la superficie de son or noir à une proportion de piscine olympique contre un verre d’eau pour le Venezuela. C’est ainsi que pour pouvoir aider on se bouscule pour mener les actions que l’on réclamera à coup sur les domaines de reconstruction. Suivez les regards et identifiez quel type d’aides (ou d’actes) la RDC a besoin pour se construire! La conditionnalité de cette « aide humanitaire », comme dans beaucoup des cas des ces ONG humanitaires en RDC, est passible de réduire le pays à l’état primitif. L’ambassadrice de Suisse en RDC contredit-elle la présence des ONG suisse ou de tout autre ONG internationale ? Elles sont comme une légion militaire sur toute l’étendue de notre territoire. Nous devons connaitre leurs raisons d’être, leurs biens fondés et leurs désavantages et en mettre fin dans la mesure du possible. Il n’est pas normal que des ONG se substituent en l’état, cette fluctuation des ONG au Congo avons-nous dit est la preuve de la non-existence de l’état congolais. Par elles passent parfois des armes pour ne citer que ca. La richesse du sol et du sous-sol congolais font que ces ONG se multiplient, comme est en Haïti l’aide humanitaire, après la provocation de la catastrophe pour contrôler son pétrole découvert qui est déjà[2] déclaré réserves stratégiques des Etats-Unis d’Amérique. Toute « aide » nuisible est donc à repousser en dépit de nos souffrances présentes. Qui sait si les conditions qui les créent ne sont pas provoquées pour que nous devenions à la merci de ceux qui se pointent plus tard en grands donneurs d’aide humanitaires, comme c’est le cas maintenant en Haïti?  C’est serait un autre type d’aliénation que de prendre (surtout quand vous le reconnaissez) des couvertures des mains de ceux qui calcinent vos villages entiers et vous poussent dans les forêts. Mais si courageusement vous le réfuter, croyez moi que votre refus fera trembler la main qui vous les tendait cyniquement! Pour arriver à ces résultats, il nous faut, pour ceux qui savent quelque chose, le mettre à la portée de tout le monde. Les écrits sont donc et resteront un autre front sur lequel nous devrions travailler pour nous défendre des mensonges sur lesquels nos assaillants ont fait du commerce dégradant. Ca donne du courage inouï pour défendre son intégrité, sa dignité et son honneur quand on y est bien informé. Lorsque cette valeur atteint le niveau national par l’éducation des masses, nous aurons gagné un pari pour espérer approcher la libération. Ce pari n’est pas fou, il est réalisable par une volonté individuelle de faire de l’éducation des nos populations en majorité au Congo une priorité. Ce, en mettant en pratique ce que nous écrivons et lisons. En particulier, je me suis résolu de travailler avec des gens en RDC sur ce genre de projet en exercice depuis bientôt deux ans. Et dans la discipline du groupe, le Créateur aidant, nous y gagnons des cœurs.  Dans le groupe, tous n’écrivent pas mais ensemble nous définissons nos moyens de libération et notre organisation d’après. Des titres de héros comme d’autres ne nous préoccupent pas, mais dans nos actions quotidiennes, nous avons nos propres héros discrets. Je me sens un peu gêné de dire que sur des centaines des partis politiques et autres mouvements en RDC on compte moins d’une poignée d’entr’eux qui s’occupe de cette formation sur le terrain. Nombre sont ceux qui attendent des négociations politiques autour des élections pour conserver si pas adhérer à la mangeoire au réel mépris des attentes de la libération écriée. Voilà que les philosophies se croisent ou s’entrecroisent  sans fondamentalement de bases. Et les congolais à défendre selon que tel a une arme, une fortune, un nom, ou est de la région.  Dans des conditions explicites pareilles l’indépendance véritable est repoussée au calendre grec. Est-ce dont vous voulez ? Heureusement que certains ont compris que pour faire mieux, ils n’attendront pas qu’ils soient connus, aient des comptes renfloués ou des armes en mains ou qu’ils appartiennent à toutes les régions pour défendre la cause commune! Combien d’appel de genre d’union nationale l’opposition va-t-elle faire qui atteigne l’écho favorable ? Toute philosophie d’un parti politique excluant les autres pour la prise du pouvoir même sans base réelle, est vide de sens, car nous, au sein de la Conscience Congolaise pour la Démocratie (CCD/M), nous nous démarquons en un mouvement sociopolitique où les membres peuvent, dans la philosophie du groupe, s’éduquer avant d’éduquer la masse et organiser l’après libération par des compétences respectives. Éduquer la masse en vue libérer le pays n’est pas un pari fou: question d’avoir des héros discrets. Alain Matiki.