COMMENT CONMÉMORER LE 30 JUIN 2015 DANS LE CONTEXTE POLITIQUE ET SECURITAIRE ACTUEL
Toute la nation congolaise voit s’approcher lentement et sûrement la date du 30 juin 2015 pour la commemoration du 55º anniversaire de l’indépendance de la RD Congo.
A cet effet, nombreux sont ceux des individus et associations qui s’appretent dores et déjà à préparer des activités festives (sport, soirée dansante, vente de nourriture et boissons) pour célébrer cette date mémorable.
Cependant, au regard des évenements tragiques qui ont émaillé le début de cette année à Kinshasa comme à l’intérieur du pays, fêter avec faste ce 30 juin, ne serait-il pas interpreté comme un manque de solidarité doublé d’une insensibilité notoire vis-à-vis de nombreuses familles congolaises qui pleurent encore les leurs tués par la soldatesque kabiliste?

Né dans l'État indépendant du Congo (futur Congo belge), Simon Kimbangu devient prédicateur dans les années 1920 et commence son ministère de prédication et de guérison le 6 avril 1921 à NkambaMfumu Simon Kimbangu, Père de la Résistance Congolaise et de l`éveil spirituel pour le salut des Congolais et de toute l`Afrique

Pour nous patriotes résistants, conscients de la descente aux enfers de notre pays, nous ne pouvons pas nous empêcher d’interpeller la conscience collective par rapport aux évenements passés, présents et aux enjeux à venir.
Comment peut-on en âme et conscience commémorer la journée du 30 juin avec faste, lorsque le Congo de Simon Kimbangu et de Patrice Lumumba est pris en otage par un pouvoir d’occupation, piloté par un imposteur rwandais que d’aucuns ont vu venir dans les valises du feu Laurent Désiré Kabila, porté par le conglomérat d’aventuriers (l’expression est de LD kabila lui-même)?
Comment peut- on de si tôt effacer de notre mémoire le martyre des jeunes congolais tués par ce pouvoir tyranique et totalitaire le 19, 20 et 21 janvier sur le territoire kinois pour s’être opposés farouchement à la modification d’une loi scélerate, visant à maintenir pour longtemps le dictateur au pouvoir en violation flagrante de la Constitution et de son propre serment?
patrice-lumumba-en-portraitPatrice E. Lumumba, Premier Ministre et Chef du Gouvernement démocratiquement élu en 1960 et Père de l`Indépendance du Congo

Comment peut-on oublier de si tôt les assasinats macabres de plus de 421 de nos compatriots enterrés le 19 mars dans une fosse commune à Maluku comme des vulgaires charognes au mépris total de la dignité due à la personne humaine?
Comment ignorer les tueries sauvages opérées chaque jour à l’arme blanche sur nos frères et soeurs de Beni sans que le pouvoir de Kinshasa puisse leur apporter une quelconque protection?
Toute cette série noire prolonge la liste de plus de 10 millions de congolais tués sans ménagement dans l’impunité la plus totale au vu et au su des forces de de la MONUSCO pourtant commises à la protection des populations civiles.
Comment enfin célébrer ce 30 juin quand on sait que, au nord de la province du Katanga une guerre qui ne dit pas son nom, oppose pygmés et bantous, générant disette et famine à la grande indifférence du pouvoir usurpateur de Kinshasa.
Ce régime totalitaire sans foi ni loi a transformé le territoire national en zone de non-droit où l’on pille, viole nos mamans et tue nos concitoyens sous le silence assourdissant du monde dit civilisé….
Au vu de ce qui précède, conscients des enjeux majeurs qui guettent notre avenir commun ,nous devons opérer des changements significatifs mieux une mutation psychologique dans notre comportement afin de célébrer autrement le 30 juin avec responsabilité et engagement sans failles pour consolider le combat de libération nationale. Pour ce faire,il sied de retenir que l’engagement patriotique ne pourrait produire des resultats escomptés en l’abscence de la connaissance profonde de notre histoire nationale. Il s’avère plus que necessaire, d’identifier les causes profondes qui sont à l’origine de la mort programmée de la nation congolaise ainsi que les conséquences qui en découlent!

Dans ces conditions douloureuses, d’insecurité et d’incertude quant au devenir de notre chère patrie, tout congolais, sain d’esprit, est appelé à se demander quel sens de commémoration convient-il d’associer à ce 55º anniversaire de l’indépendance. Notre propre histoire est riche en enseignement. Une histoire héroique de resistance à l’oppression coloniale, de conquête de l’indépendance et de la liberté, une aspiration à la démocratie plus que profonde.
Cependant, le malheur du congolais, notre malheur à tous, c’est ce renoncement à la connaissance et aux leçons de l’histoire. Simon Bolivar n’avait-il pas raison lorqu’il affirma que “Ils nous dominent plus par ignorance que par la force”. En effet, Le savoir est une condition nécessaire et suffisante de la liberté. Il libère celui qui le possède des conditionnements psychiques et sociaux qui sont à la fois des écueils à évincer, qui l’empêchent de participer à l’histore et d’etre artisan de son propre destin. C’est dans ce sens qu’il faut aprehender cette phrase lapidaire de la Bible, “ “Mon peuple est détruit parce que il lui manque la connaissance”
C’est pourquoi, l’Association “du Baume au Coeur” en tandem avec le Front Civil de Résistance Populaire (FCRP) organisent le samedi 27 juin de 15 à 21h 30 à l’Hôtel Continental, en face de la Gare de Lausanne, une manifestation patriotique sous le thème:
“Causes du complot contre la R. D. Congo, en savoir plus”
Le programme prévoit une projection de video et un exposé en symbiose avec le thème précité. Il sera suivie de la céremonie de dédicace de deux importantes publications qui révèlent et pointent du doigt les enémis identifiés du peuple congolais. Il s’agit du livre “stratégie du chaos et de mensonge” de Honoré Ngbanda Zambo ko Atumba et Patrick Mbeko. Et “Les congolais rejettent le régime de Kabila”, une anthologie des textes politiques élaborés par 13 experts de la question congolaise, sous la direction du Professeur Fweley Diangitukwa.

Venez nombreux car le savoir libère.
Paul Kahumbu Ntumba,
Membre du Directoire du Front Civil de Résistance Populaire (FCRP)
Tél. 021 647 80 16 – 077 430 42 62 .