LES CHEFS TRADITIONNELS DU KONGO DISENT NON Á L’AFRICOM Il y a à peine quelques jours passés nous avions été nourris de la pétition des chefs coutumiers de la République Démocratique du Congo, refusant dans une lettre ouverte au président américain Barack Obama, la présence de l’Africom sur le sol congolais.  Et plusieurs réactions favorables en cette démarche de nos chefs s’en sont suivi avec bien sur quelques doutes ou questionnements de la part des certains.  Nous pensons au travers des argumentations ci-dessous apporter notre contribution, modeste soit-elle, qui pourrait éclairer les uns et les autres à adopter une position active dans l’échange des vœux entre nos chefs coutumiers et les politiques américaines sur notre destin.  En effet, au travers cette échange des vœux entres chefs,  nous nous sentons directement interpellés pour agir, chacun selon qu’il aura choisi son camp.  Il y en a deux.  Avec des retombées qui vont peser à jamais sur nous, la neutralité ou la passivité est une forme de non-investissement ou d’une culpabilité latente. Au demeurant, les chefs coutumiers et leurs destinateurs parlent le même langage. Lorsqu’il eut s’agit de la tête du Prophète en 1961 entre les chefs, ceci signifia pour les communs du peuple la mort de P.E. Lumumba. Si nous lisons attentivement les discours politiques nous découvrions les critiques pourtant sévères en l’endroit des dirigeants mais scellées des phrases assassines pour l’ensemble de toutes nos populations. Dans ce contexte on parle aujourd’hui d’une armée pluriethnique en lieu et place d’une armée nationale. C’est dire quoi ? Dans quel autre pays du monde on en parle de cette façon et pourquoi chez nous au Congo? Avant de répondre aux questions posées et aux diverses réactions sur mon texte s’y référant (relecture de la pétition des chefs coutumiers au président américain), voyons ensemble ce que font la MONUC et les diplomaties extérieures au Congo. Lorsque Mbuza Mabe ou les Mai-Mai avancent pour repousser les envahisseurs du Congo, Kinshasa, la MONUC et les diplomaties s’interposent pour amener un semblant d’accord entre les parties en conflit afin de donner du temps aux envahisseurs de se réorganiser. Mais lorsque les troupes congolaises sont en difficultés, ils ne voient rien, ne disent rien et surtout ne font rien. Lorsque les troupes uniquement congolaises manifestent leurs désaccords avec le pouvoir de Kinshasa, la MONUC oublie son rôle de ramasseur des morts mais se défini comme l’avant-garde des institutions de 2006 ; la Belgique et d’autres nations envoient des troupes supplémentaires (régulières ou par mercenaires interposés) pour lui voler au secours; C’est le cas à Dongo. Alors que c’est depuis 12 ans que le Rwanda et ses alliés ont envahi la RDC. Pas un seul mot de condamnation des états dits démocratiques, partant des USA le leader mondial. Au contraire, nous avons vu la secrétaire d’état américaine copier à la lettre les mots de Kagame pour nous faire oublier notre passé douloureux. En vaut-il aujourd’hui pour que l’AFRICOM vienne former (en 9 mois) les soldats qui repousseraient qui ? Les habitants de la tustsiland ? Qui sait si l’AFRICOM n’est pas vraiment là pour protéger cette création d’un état dans l’état Congolais ? Savons-nous pourquoi ont lieu des affrontements entre les civils et les policiers au Kivu ? Ceux qui essaient de retourner chez eux trouvent des nouveaux occupants qu’ils ne reconnaissent pas. La police qui veut faire régner les ententes est vue comme un complice. Qui sont ces gens là? Ca se passe sous le nez du pouvoir à Kinshasa, de la MONUC, des chancelleries du monde, du conseil permanent des Nations Unies et de notre résistance actuelle. A priori, l’AFRICOM a connu des résistances de plusieurs états dans le monde et notamment en Afrique. En savons-nous le pourquoi, pour qu’aujourd’hui nous puissions l’accepter comme la meilleure solution à notre sécurité ? D’autre part, selon leurs accords d’avant l’invasion de la RDC, son implantation serait le Rwanda. Si ca leur intéresse, ils peuvent continuer comme ils se sont convenus, sans la RDC tant mieux. Savons-nous aussi qu’après avoir laissé volontiers la situation se détériorer au Congo en général et en particulier au Kivu et en province orientale, on a manifestement encouragé les réseaux des terroristes. Un état de non état tel que constaté à l’Est de la RDC est une bonne pépinière des hors la loi. Connaissons-nous à ce jour les résultats du dossier des ventes d’uranium pour lequel le président de l’ASADHO Katanga est en prison (pour avoir osé dire sa part de vérité) ? Ne cherche-t-on pas à créer en RDC une situation qui leur permettrait de faire sortir des fonds dans la lutte contre le terrorisme ? Voyez-vous personnellement des autorités politiques dignes de confiance qui tiennent de résoudre la crise congolaise ? La plupart sont ceux qui en ont créé. Ici je vous renvoie (en annexe) à une analyse de notre compatriote sur la géopolitique des grands lacs. En même temps je vous transfère la conclusion d’un autre compatriote qui, en guise de toute conclusion sur une analyse pareille, se résume en une phrase qui disait à peu près ceci : notre unité comme une armée des fourmis est capable de déplacer un serpent venimeux. Voyant objectivement les conclusions contradictoires de deux commissaires européens à l’aide au développement (Louis Michel et Karel de Gucht) sur la gestion de notre pays, qu’en déduisons-nous si pour le premier « Joseph Kabila » est l’homme de la situation (laquelle ?) tandis que le second trouve que fondamentalement la RDC est un pays où presque tout est à refaire, à commencer par la reconstruction de l’état, dont l’absence est au cœur du problème. Celui-ci persiste dans sa logique en rappelant en ces termes ; « Je pense que plusieurs choses au Congo, fondamentalement, ne fonctionnent pas et que la population en paie un prix particulièrement élevé. J’ai déjà dit tout cela une dizaine de fois de manière diplomatique. Je pense l’avoir dit désormais de manière très correcte et claire ». Dans cette dernière réplique de Karel de Gucht, nous appréhendons que le langage des chefs coutumiers aux chefs politiques est soit diplomatique, soit codé, pas le plus souvent clair ni correct. Néanmoins Ils décryptent les contenus des leurs messages. Laissons-les avec leur langage, ils se comprennent mieux. Pour répondre maintenant à la question de savoir qui et comment organiser la sécurité des Congolais sans la MONUC, nous faisons remarquer avec référence du document en annexe (pages:7-8) que ses objectifs réels ont été atteints, n’en déplaise aux Congolais (moi y compris) qui souffrent cruellement. Les objectifs apparents que sont la sécurité des populations civiles que nous attendons d’elle sont un mythe. Au fait nous aurions pu commencer à répondre par une question: La RDC est-elle sécurisée pendant tout ce temps que le mandat de la MONUC était en cours? En 2006 ses effectifs étaient centrés à la capitale, loin des zones de combats. Vous y comprenez quelque chose ? C’est elle qui a porté au pouvoir (par force et intimidations) ce que nous décrions. Qu’est ce qui au fond a changé depuis 12 ans avec ses effectifs impressionnants et couteux? Quand nous lisons en outre que les FARDC sont telle une légion étrangère aux mains de la France, Etats-Unis, Afrique du Sud, Belgique, Chine, Tanzanie, Angola, l’union européenne, nous devrions nous poser la question de savoir ce que font ces armées étrangères pendant que les déboires des populations sont devenus réguliers et presque « normaux »? Ne sont-elles pas venues expressément pour que ceux-ci aient lieu afin de mieux nous contrôler ? En définitive, l’agenda de celui qui est actuellement au pouvoir au Congo est de nous faire mourir pour faire vivre les autres. Avec lui dis-je, c’est du grand désordre, de l’alchimie, de la contre nature, c’est fondamentalement le nœud de la misère congolaise. La prouesse de Mbuza Mabe peut encore être vécue, il y a des talents mais le commandement fait défaut. Rappelons-nous que nos militaires sont envoyés aux fronts avec inadéquation entre munitions et armes. C’est fait express. Il suffit de renverser cette donne pour que la bonne coopération internationale intervienne avec un changement des visions. En ce moment là seulement que la MONUC pourrait devenir utile. Soit dit en passant à quand une légion française par exemple en Belgique? Sans avoir des acquis militaires, je ne peux en aucun cas sous-estimer notre armée, malgré les sabotages de sa hiérarchie qui traduisent une haute trahison. Notre armée est bien trahie de l’intérieure au niveau du commandement le plus haut. Ici est une autre occasion pour nous de réitérer notre confiance en cette armée, qui, elle aussi comme tout le peuple devra s’incliner devant la grandeur de Nzambi Ya Mpungu, Nzakomba, Maweja, Mungu Baba et reconnaitre la présence tant visible qu’invisible de son Envoyé Mfumu KIMBANGU sur le sol Congolais pour pouvoir faire des exploits inédits. A Dongo au moins où les Congolais à eux seuls luttent, au nom du droit de leur sol, contre une coalition d’armées du monde luttant au nom du vol des ressources et de l’anéantissement des Congolais, la résistance tient le coup et même progresse par la complicité avérée des congolais avec l’Esprit du Créateur manifesté dans son Envoyé Kimbangu. C’est dire que notre armée n’est pas déméritée si nous ajoutions chaque jour la dose de compréhension et de reconnaissance de cet Esprit dans nos actions.  Car faire autrement n’est que vanité et illusoire. Le comment. Chacun doit prendre part à la bonne information de ce qui sous-tend la présence de chacun (individus et institutions) dans l’anéantissement de la nation. Mais beaucoup refusent et l’information et de s’informer autrement que de la manière que l’on connait (sous domination des « grands » medias). Un regard critique doit être porté sur la fluctuation de ces ONG internationales au travers lesquels transitent à la fois pas mal des bonnes et mauvaises choses. Ainsi informé, le vrai Congolais et la vraie Congolaise devra dire NON à un quelconque soutien de ce qui nous détruit, où que l’on soit et quoique l’on fasse, avec amour de la patrie. En commençant par soutenir nos chefs qui en savent quelque chose de plus. Avons-nous oublié si vite la mort de ces trois chefs coutumiers qui enseignaient à leurs fils et petits fils de la descendance de leurs chefferies ? Leur seul tord est d’avoir enseigné l’intégrité de la chefferie, donc de la nation à petit échelon, contre toute agression. Nous comprendrons que si nous ne le faisons pas nous sommes co-auteurs et artisans de nos propres malheurs ! Les représentants terriens et chefs coutumiers agissent à leurs façons. Si la masse congolaise : étudiants, ouvriers, chômeurs, policiers, militaires, politiciens, exilés et toute son élite dis-je, si nous agissons tous promptement comme à un certain 4 janvier 1959, jour-déclic de notre indépendance, tout caméléon reprendra peut être sa vraie couleur et peut être nous y serons proche de la vraie libération. Face à l’AFRICOM, le soutien aux Chefs Coutumiers est juste et justifié. Est-ce une nécessité d’une révolution populaire ou un soulèvement des masses qui puisse nous conduire, face à la descente aux enfers de notre nation, à une libération contre l’idéologie de balkanisation de notre pays, décriée tant par le pouvoir et l’opposition nationale ? Y a-t-il vraiment d’âmes insensibles ou indifférentes qui soient congolaises et qui puissent résister à cet appel de soutien des nos chefs pour la défense de notre intégrité nationale ? Du moins les Ancêtres eux ont eu soin de nous léguer notre terre et notre Patrie en toute intégrité. Quant à moi, j’ai choisi personnellement et librement, à défaut de léguer à ma progéniture une certaine bourgeoisie, du moins de ne pas leur léguer une malédiction en m’abstenant de vendre aux enchères, en privée ou en association, la terre qui regorge les cendres de mes aïeux. J’ai posé trop des questions. Je ne vous demande pas de me répondre. Méditez-en au contraire. Avec amertumes et non sans espoir dans mon cœur, j’ai dit et vous remercie. Alain Matiki.