Quatre heures de discussions n’auraient pas permis aux professeurs de l’Université de Kinshasa, constellés autour de ce qu’ils appellent « APUKIN », de lever l’option en faveur d’une reprise des cours. Des appels de Muzito doublés des pleurs des étudiants et chuchotis des parents, n’auront été qu’un pur leurre. Les Professeurs, dans leur colère, exigent des réponses idoines à leurs préoccupations. Ils les veulent, en tout cas, avant le point d’achèvement de l’Initiative PPTE, du FMI.

L’Assemblée Générale de ce samedi 20 mars dernier en a donné, apprend-on, des signes avant-coureurs d’un bras de fer qui prendra certainement des proportions inquiétantes, dès ce lundi. Surtout que les étudiants déjà médusés par des interminables années académiques, en veulent à mort aux professeurs qui, à leur avis, contribuent à l’affaissement de leur situation sociale, avec tout ce que cela comporte comme frais et charges. Dans cette affaire, les victimes les plus patentées, sont les parents qui, eux-mêmes, ne vivent pas au ciel où, grâce à l’Éternel des Armées, ils auraient pu être à l’abri des caprices des impaiements des salaires, de l’instabilité du taux de change et des prix sur le marché des biens et services. En trois blocs, Professeurs, étudiants et parents … vont bientôt s’entre bouffer, à la colline inspirée. Le corps académique est un quatrième bloc qui hausse, à son tour, le ton contre cette grève prolongée. Il se plaint du retard subi, dans le paiement de la prime. Pendant ce temps, l’épée de Damoclès de Léonard Mashako rase.

Huit professeurs suspendus, deux professeurs de la Polytechnique croupissent au CPRK, des menaces en l’air pèsent sur quiconque peut lever le petit doigt. C’est le sauve qui peut ! Où est Kabila ? C’est un samedi soir pas comme les autres. Il aura servi au durcissement du ton, à l’Université de Kinshasa. Que des espoirs fiévreusement montés et déçus, dans le chef des étudiants. La surprise était telle que les Professeurs, sous la férule de Kitombole, leur Président, ont choisi de croiser, pour longtemps, les bras tant que Muzito II n’aura pas accédé à leurs desiderata. Voilà ce qui était jusqu’ici qu’une aventure prend des allures d’un hold-up aux conséquences sociales multiples. Les étudiants finalistes devront raisonnablement procéder à des nouveaux réglages des aiguilles de leurs montres, avant de terminer les études. Dans les facultés les plus bondées comme en médecine, économie ou droit, la barbe sera davantage touffue sur le menton de certains étudiants dont l’âge est au-delà de la borne tracée. Cela se passe à l’Université de Kinshasa, en pleine capitale même si elle est située à Mont-Amba, loin du centre-ville. Des jours, voire des mois seront comptés, à l’allure où vont les choses.

Le ton, s’il est maintenu, en l’état, dévastera des générations entières de la jeunesse congolaise. Dans la foulée de ce qui s’est passé ce samedi, il faudra retenir, en effet, que les professeurs sont restés insensibles aux appels de Muzito. « Pas de promesse verbale. Il faut des écrits au sujet de l’amélioration des conditions de travail, avec 2000 USD à la fin du mois. Plus les avantages dus à leur statut social », exigent-ils, sans le moindre rire. En plus, ils veulent avoir des véhicules, pour chacun des professeurs. Ils espèrent des signaux clairs, sur tous ces points là. La grève se poursuit … Alors que les étudiants étaient venus nombreux suivre, le samedi 20 mars 2010, le verdict de l’évaluation de la situation de la grève par les professeurs réunis au sein de l’APUKIN, leur déception a été grande. C’est plutôt un communiqué à affaiblir les jambes qui a été fait, après quatre heures de discussion dans la salle B1de la Faculté de Sciences. Laconiquement, les professeurs ont déclaré que la grève se poursuit. Le Président de l’APUKIN, le Professeur Kitombole Tshovu, le Secrétaire Rapporteur, le Professeur Mbadu Kia-Manguedi ainsi que beaucoup d’autres professeurs ont longuement échangé, quatre heures durant, avant d’aboutir à la conclusion de poursuite de la grève. Pendant ce temps, à l’esplanade de la Faculté, les étudiants étaient venus s’attrouper. Dans leurs conversations, certains proféraient des menaces à l’endroit des enseignants. Pour les autres, leurs inquiétudes se situent au niveau de l’élasticité de l’année académique.

Pour le personnel ouvrier et scientifique, les cours doivent reprendre pour permettre à ce que les primes soient payées. La Pros. COMMUNIQUE DE PRESE DE L’ APUKIN Un mois après le déclenchement de la grève à l’UNIKIN, les professeurs se sont une fois réunis afin d’examiner leur mouvement de grève. Après débat et délibération, les professeurs saluent l’implication du Gouvernement à travers le Premier Ministre qui a accepté d’examiner leurs revendications. A cet effet, avant de se prononcer sur la fin ou non de la grève, l’Assemblée Générale charge le Comité Exécutif de poursuivre les négociations jusqu’à l’obtention du protocole avec le Gouvernement, matérialisant ainsi les promesses du Premier Ministre En attendant, LA GRÈVE SE POURSUIT. Source : La Prospérité Kinshasa, le 22/03/2010